…avec Adjarata Traoré, Réalisatrice à Maisha TV ” : Un pays est à l’image de la gent féminine… “

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Adjarata Traoré, Réalisatrice à Maisha TV
Adjarata Traoré, Réalisatrice à Maisha TV

Adjarata Traoré est une jeune Ivoiro-Malienne, réalisatrice TV au groupe Africable, précisément à Maisha TV. Celle qui est au four et au moulin lors des émissions, ou encore au JT, s’est formée sur le tas. La clé de sa réussite c’est l’amour du métier et la passion. Nous l’avons rencontré sur son lieu de travail pour nous entretenir de son activité et de la place de la femme dans nos sociétés.

L’Indépendant Week-end : Bonjour Adjarata, vous êtes réalisatrice TV. A quoi consiste votre travail?

Mon travail consiste à être derrière un mélangeur vidéo et je me charge de positionner les caméras, de lancer les éléments qui doivent passer, mettre les titres, bref tout ce que doit comporter un élément avant sa diffusion à la télévision. Il faut beaucoup d’assiduité pour y parvenir. Au groupe Africable, nous sommes en numérique raison de plus d’être très concentré.

 

Que peut-on retenir de votre parcours professionnel ?

Je suis littéraire à la base. Après une licence en lettres modernes obtenue à Bamako, par amour pour le métier de la communication, j’ai fait un BTS en communication d’entreprise à Abidjan. Tant qu’on peut apprendre, il faut en profiter. J’ai donc décidé une fois de plus de faire une formation de journalisme en reportage d’image. Et c’est suite à cela que je me suis retrouvée dans le monde de l’audiovisuel. Je suis arrivée à Africable en tant que monteuse. A force de persévérer, mes responsables ont constaté que je dégageais un certain courage et ils m’ont proposé de m’initier à la réalisation. J’ai dû rester plus de deux ans comme assistante à la réalisation, en plus des formations dont j’ai bénéficié au sein du groupe Africable.

 

Vous exercez un métier généralement réservé aux hommes. Comment faites-vous pour tenir et surtout donner le meilleur de vous ?

J’ai toujours aimé ce métier et je le trouve passionnant. Et très souvent quand on est passionné rien n’est difficile. Et la chance que j’ai c’est que tous ceux avec qui j’ai commencé m’ont encouragé et soutenu. Je dois mon expérience en réalisation à Africable.

 

Pensez-vous que vous êtes déjà au sommet de l’apprentissage ?

On ne finit jamais d’apprendre. Je n’ai pas encore atteint le sommet et j’envisage toujours de me former, chaque fois que j’en aurais l’opportunité et en plus nous sommes dans un domaine qui évolue à mille à l’heure. Il faut toujours apprendre. Et j’envisage toujours de me perfectionner dans ce que je fais. J’espère que l’avenir nous réservera d’autres bonnes surprises.

 

 

Qui vous a inspiré dans ce métier ?

C’est une Française, Agnès Deloche. C’est elle qui m’a formé en journalisme reporter d’image. Et la formation était très rude. Pendant huit mois, nous avons abattu un travail non pas dans les bureaux de Bamako, mais dans les régions du Mali. Nous avons passé les huit mois à alterner entre la théorie et la pratique. Et son rythme de travail était impressionnant, car elle filmait, faisait le reportage et le montage. Je me suis dit ” mais c’est une femme qui se bat de la sorte, il faut que je lui ressemble “. Je dois mon inspiration et ma détermination à cette dame.

 

 

Elle doit être fière de vous!

Oui, bien qu’elle soit retournée en France, elle s’enquiert chaque fois de mes nouvelles et ne cesse de me donner des conseils.

 

Un message aux femmes qui aimeraient suivre vos pas dans ce métier ?

Certes, c’est un métier d’homme vu l’énergie, mais rien n’est difficile quand on joint le courage à la passion et l’assiduité. C’est un métier qui demande juste beaucoup de concentration, il n’y a rien de compliqué.

 

Vous êtes à l’ombre alors que c’est pratiquement vous le pilier des émissions. N’est-ce pas frustrant ?

Non, c’est la finalité qui compte. Chacun doit jouer son rôle convenablement. Il y a ceux qui doivent être sur le plateau et ceux qui doivent travailler à l’ombre justement. Et comme je l’ai dit, c’est la finalité qui compte.

 

Côté jardin. Etes-vous mariée ? Si oui, comment arrivez-vous à concilier la vie professionnelle et familiale ?

Je ne suis pas encore mariée, mais j’ai quelqu’un dans ma vie et j’essaie d’établir un emploi du temps pour mieux gérer les deux. Je fais mon boulot convenablement, car c’est avec un emploi que la femme peut vraiment s’épanouir et je m’occupe bien de mon fiancé à qui je consacre aussi le temps nécessaire et beaucoup d’attention.

 

Vu votre programme chargé, n’est-il pas exigeant ?

Non, il comprend et me soutient. Tout se passe plutôt bien jusqu’ici.

 

A quand le mariage ?

Ça ne tardera plus, s’il plait à Dieu.

Un message de la fin ?

Je fais partie du groupe Africable et je travaille présentement pour Maisha TV, qui est une télévision dédiée au genre. Mon message sera donc à l’endroit des femmes. Un exemple simple, quand une femme a un salaire d’un million c’est sûr que plus de 90% seront consacrés à sa famille. C’est pourquoi je demande à toutes les femmes d’Afrique de s’armer de courage, d’abnégation et ne pas baisser les bras, car l’avenir de nos familles est entre nos mains. Et l’avenir d’un pays, voire celui d’un continent passe par la base. Un pays est à l’image de la gent féminine. Armons-nous de courage.

         Clarisse NJKAM

cnjikam2007@yahoo.fr

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