Année 2012 : Que dieu sauve les rues de Bamako d’un envahissement populaire

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Selon toute évidence, Bamako tend vers un soulèvement populaire. En effet, depuis quelques mois, des groupuscules révolutionnaires de la capitale n’ont trouvé mieux que de « se confier à la rue » afin de « contrer le pouvoir du plus fort sur les pauvres, et surtout, de riposter contre le système d’appauvrissement imposé par le régime en place ». Au regard de l’évolution de la situation et de l’indifférence des autorités face aux revendications, l’année 2012 risque d’être une année de forte tension sociale au Mali.

Ceci est loin de notre souhait, mais c’est la pure réalité, car l’évolution sociale ne prédit guère une quiétude sociétale de notre pays cette année. Pendant que le peuple s’engage petit à petit à prendre son destin en main, les plus révolutionnaires commencent déjà à prendre goût à la rue de Bamako. Il y a plus deux mois, pas une semaine ne se passe sans qu’un collectif, un syndicat, un mouvement, l’opposition ou  une association effectue une marche de protestation contre (entre autres) la vie chère, la corruption, les réformes constitutionnelles, les concessions des patrimoines nationales, l’accaparement des terres, les magouilles foncières, etc.                                            

Depuis le mois de carême dernier, un mouvement de jeunes continue d’étaler sa colère dans les rues. Chaque vendredi après-midi,  ce groupe organise une marche de protestation contre la cherté de la vie, la cherté des produits de première nécessité (céréales, sucre, lait, huile, etc.). Cette marche va de la Bourse du Travail au Monument de l’Indépendance. Et ces manifestants ne se découragent point avec leurs slogans « révolutionnaires ». «Il est hors de question d’arrêter les marches tant que le régime en place continue d’appauvrir le peuple… », a soutenu un des manifestants.

De son côté,  le collectif « Touche pas à ma Constitution ! » poursuit ses manifestations à travers des marches de dénonciations dans les rues de Bamako. D’autre part, le mouvement des « Sans voix », en collaboration avec d’autres associations, dénonce la corruption des dirigeants et le système éducatif instauré par eux.  De l’autre côté, c’est le collectif des femmes des Aéroports du Mali qui préfère la mort plutôt que d’admettre la privatisation ou la concession de l’Aéroport Bamako-Sénou et  souhaite la démission du PDG de la structure. Depuis un mois, ce collectif effectue le sit-in illimité à l’Aéroport Bamako-Sénou. En clair, le peuple malien n’a plus confiance aux différentes institutions de la République ainsi qu’à la justice et ses auxiliaires. A tout cela, il faut ajouter les protestations des migrants venus du Maghreb. «…Nous  avons choisi la rue parce qu’on a plus confiance à nos autorités, à la justice et ses auxiliaires…Maintenant, c’est au peuple de prendre ses responsabilités, et son destin en main… Nous allons continuer de protester dans la rue  jusqu’à l’atteindre de nos objectifs », a souligné le président du comité central de l’Association « Appel du Mali », Adama T. Coulibaly. Cette association est dans la rue depuis plus d’un mois. Elle réclame la démission du maire central du District de Bamako. Elle accuse Adama Sangaré de morcellement des espaces publics, d’expropriation des pauvres, entre autres. L’Association « Appel du Mali » continue d’enregistrer des adhésions dans sa lutte. D’ailleurs, c’est grâce à cette Association que les syndicats des transporteurs et des commerçants ont eu le courage de faire 24 heures de grève dite « Bamako ville morte ».

Cependant, les manifestants ne sont pas nombreux dans leur prise de la rue. Néanmoins, une généralisation des mouvements pourrait  provoquer cette année un soulèvement populaire dans la capitale malienne, surtout que la pluviométrie a été catastrophique lors de la saison des pluies dernières. Toute chose qui prédit la faim dans le pays en 2012. A cet effet, un peuple affamé est prêt à tout, dit-on. Pour sa part, le régime en place reste jusqu’à présent indifférent à cette situation pourtant très inquiétante.                             

De toute façon, il est plus que jamais urgent que le pouvoir en place prenne toutes les mesures adéquates afin de mettre fin à la souffrance du peuple malien, et cela, dans l’intérêt du Mali tout entier. Que Dieu sauve les rues de Bamako d’un envahissement populaire!

Oumar Diakité

 

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.