Après le sit-in du 3 août devant ses locaux : L’Ambassade de France au Mali sort de son gong

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Mais, il lui faudra plus qu’un communiqué pour se disculper

De plus en plus, des maliens s’agacent face à ce qu’ils ont appelé « la complicité de la France avec CMA » pour la dislocation du Mali.

Ainsi, en vue de dénoncer l’attitude de la France et de la MINUSMA dans la dégradation de  la situation sécuritaire au Mali, cinq associations, à savoir : l’Association Mali Uni, le Réseau des Jeunes Leaders pour la Paix et Cohésion Sociale, la Jeunesse Verte, le Comité des Jeunes pour le Suivi de la Crise au Nord et la Coordination des Associations des Elèves et Etudiants, se sont donné la main pour  mettre en  place la Coalition Pour le Peuple (CPP). Les membres de cette Coalition ont organisé un grand sit-in le jeudi 03 dernier devant l’Ambassade de France au Mali.

Pour les membres de la Coalition Pour le Peuple (CPP),  la situation sécuritaire et humanitaire préoccupante du nord et la gestion de la question de Kidal sont inadmissibles. Ils trouvent regrettable que malgré la signature des différents  accords, dont celui d’Alger pour la paix et la réconciliation, sous l’égide de la communauté internationale depuis plus de deux (02) ans entre les parties prenantes de la crise, l’intégrité territoriale de notre pays soit toujours confisquée au moment même où les régions de Kidal, Menaka, Taoudéni et des parties des régions de Tombouctou, de Gao, de Mopti et de Ségou échappent toujours au contrôle de notre Etat, faisant ainsi de plus des 2/3 du territoire du Mali un ‘’no man’s land’’, un environnement favorable à toutes les formes d’insécurité. Plus grave encore, les derniers évènements survenus à Ménaka prouvent à suffisance, selon eux, la volonté manifeste de la Force Barkhane et de la MINUSMA à participer activement au processus d’occupation et de partition de notre pays. Ils s’interrogent sur les dessous du fait-il que la force Barkhane et la MINUSMA procèdent aux désarmements fréquents de la plateforme, signataire de l’accord, et au cantonnement des Famas pendant que toutes les occasions sont offertes à la CMA pour mieux s’armer ? Comment comprendre le paradoxe entre la signature de l’accord, le redéploiement de l’Etat du Mali à Kidal, signé par toutes les parties, mais reporté à deux reprises et l’occupation fulgurante de nouvelles localités sous contrôle de l’Etat et cela, malgré l’installation des autorités intérimaires dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord ? Ils dénoncent les manœuvres géopolitiques en cours pour réduire drastiquement, non seulement les capacités militaires des Famas et de la Plateforme, mais aussi le pouvoir de décisions du gouvernement Malien, aujourd’hui complètement muselé, car sous pression, au profit de ceux qui agissent contre les valeurs de la République et de la démocratie. Aussi exigent-ils le retrait pur et simple des forces étrangères de notre pays pour complicité d’occupation et de partition du Mali. Face à cette levée de boucliers des maliens, l’Ambassade de France tente vainement de se disculper, mais sans convaincre. Aussi, s’est-elle fendue d’un communiqué dont la teneur suit : « L’Ambassade de France au Mali a pris connaissance des allégations circulant dans la presse, ou reprises dans certains slogans de la manifestation du 3 août sur le square Lumumba, concernant son rôle dans le processus de paix et de réconciliation inter-malien.

Elle rappelle que, depuis 2013, la France ne ménage aucun effort pour faciliter le dialogue et la réconciliation entre les acteurs maliens de cette crise. Elle réitère son soutien aux efforts du Président Ibrahim Boubacar Keïta et de son gouvernement pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation et la lutte contre le terrorisme.

Elle rappelle également que l’opération française Barkhane soutient, depuis sa création, l’action des FAMA dans le Nord Mali, notamment à travers des opérations conjointes. Elle apporte également un appui inconditionnel aux opérations militaires de coopération transfrontalière du Mali avec ses voisins et à la mise en place de la force conjointe du G5 Sahel. L’action de Barkhane s’opère à la demande des autorités maliennes et dans le strict respect des dispositions de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger ainsi que des décisions du Comité technique de sécurité.

La France condamne les violations du cessez-le-feu intervenues depuis quelques semaines. Elle appelle les différentes parties à la responsabilité et à la retenue. L’Ambassade de France poursuivra, avec les autres membres de la médiation internationale, ses initiatives de bons offices pour la restauration de la paix et la réconciliation au Mali ».

Au stade où nous sommes, il lui faudra plus qu’un communiqué pour convaincre les Maliens qui restent persuadés que la CMA ne saurait se comporter comme elle le fait depuis la signature de l’accord d’Alger, si elle n’était pas soutenue par le lobby international sous l’égide de la France.

S.D

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