Le restaurant du Parlement attaqué : Les casseurs s’invitent à déjeuner

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La manifestation des épouses et enfants des militaires, déclenchée à Kati le mardi 31 janvier dernier a connu des dérapages le lendemain, avec des pillages de pharmacies, cliniques, boutiques et domiciles de «Peaux rouges». Le jeudi 2 février, la révolte a atteint Bamako. Dans toutes les communes il y a eu des manifestations, avec à la clé des barricades et des pneus enflammés ça et là. Ce qui a nécessité l’intervention, par endroits, des forces de sécurité. Car, comme on pouvait s’y attendre, des badauds se sont joints aux marcheurs, pour tenter de vandaliser boutiques et bâtiments publics.

 

C’est ainsi qu’un groupe de destructeurs s’est dirigé vers l’Assemblée nationale, place de la République. Les manifestants ont escaladé le petit  mur du côté est, situé vers Bagadadji, en face de l’immeuble Bakoré Sylla, où est logée une agence de la BDM-SA. Rapidement, ils se sont retrouvés dans le restaurant du Parlement. Ils ont brisé les vitres des portes et fenêtres pour  avoir accès à la fois à la salle à manger et au magasin. Ils se sont ensuite grassement servis en poulets rôtis et en riz au gras. C’était vers 13h 30. Le réfrigérateur et le congélateur ont ensuite été vidés de leur contenu. Idem pour le magasin, qui contenait le reste des provisions (viandes et poulets frais, tomates, oignons et autres condiments).
Ensuite, ils ont brûlé des pneus et des branches d’arbres, élaguées le même jour, qui se trouvaient dans l’immense cour de l’Hémicycle. Des voitures ont vu leurs vitres brisées. Puis les jeteurs de pierres ont pu atteindre la salle Awa Keïta de l’Assemblée nationale, toujours en brisant des vitres. C’est dans cette salle que le Bureau de l’Assemblée nationale se réunit chaque lundi matin à 9 heures. De même que la Conférence des Présidents, laquelle regroupe tous les Vice-présidents, Présidents de Commissions et Présidents de groupes parlementaires. Cette instance s’y retrouve toutes les après-midis du lundi à partir de 15 heures.
Selon le Secrétaire général de l’Assemblée nationale, le Dr Mohamed Traoré, que nous avons rencontré après la tentative de saccage, « il y a eu plus de peur que de mal, puisque le bâtiment principal n’a pas été atteint et que les forces de l’ordre sont intervenues rapidement, ce qui a limité les dégâts. Tout le monde avait déjà évacué les lieux, mais le Président Dioncounda Traoré est resté jusqu’à ce que le calme soit revenu. Moi, je suis sûr que les manifestants ne sont pas des épouses et des enfants de militaires. Ceux qui ont visité l’Assemblée nationale sont des badauds…»
Chahana  Takiou

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