Sikasso : Une semaine rude pour les malfrats

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Quatre malfrats de grand chemin ont été appréhendés à Sikasso. La région avait tendance à devenir le nid privilégié des bandits.

C’est un truisme que de dire que l’insécurité dans notre pays prend de plus en plus des proportions inquiétantes. Le constat est amer mais réel. Perpétrés sous de multiples aspects, cette insécurité est présente dans tout le district de Bamako et le reste du territoire national. Les populations sont victimes de toutes les nuances de la criminalité. La gamme englobe les escroqueries, les trafics d’armes les vols, les viols, les braquages à main armée, la pédophilie. Elle vient de s’enrichir d’une nouvelle tumeur sociale : le kidnapping de mineurs suivi de séquestration et des tortures. La région de Sikasso n’échappe pas à la règle. La position géographique de cette région a fait d’elle une base arrière de plusieurs groupes de bandits. En effet, sa proximité géographique, et les connexions sociales et culturelles avec le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Guinée, favorisent l’intrusion souple des malfrats. Ainsi, les truands évoluant dans ces pays voisins ont fait de la région de Sikasso, un refuge insoupçonné. Souvent organisés en réseaux bien structurés camouflés dans les quatre pays, les malfrats opèrent en tout aisance sur le territoire de leur choix.

UNE COOPERATION TRANSFRONTALIERE ACCRUE. Les services de sécurité de la région sont conscients de la situation. Ils assurent que la région de Sikasso est très fréquentée par les trafiquants de tout acabit et les bandits de grands chemins. En effet, dans la 3ème région un banditisme récurrent sévit sur les principales routes et les pistes. Dans la zone, les bandits cible généralement les voyageurs et les forains. Après les forfaits d’envergure, les malfaiteurs se refugient dans la frontière la plus proche. Plusieurs malfrats ayant commis des forfaits dans les pays voisins sont activement recherchés par les juridictions compétentes. Ils finissent leurs courses à Sikasso. Les services de sécurité de la région ne sont pas dotés de moyens suffisants, néanmoins ils tentent de faire face à la situation. Ils procèdent à des patrouilles régulières dans les zones frontalières. Mais ces actions ponctuelles ne rassurent pas habitants. Les villages frontaliers vivent dans l’insécurité absolue. Ils sont victimes des vols, des braquages perpétrés par de grands bandits. Les pistes et les routes ne sont plus sûres à partir d’une certaine heure.

Les services de sécurité sont obligés d’escorter les véhicules en provenance et en partance des frontières. Les malfrats armés sont les plus redoutés. Ils sont devenus maîtres dans l’art d’agir promptement tout en semant la terreur. Le nombre croissant des attaques à main armée prouve que cette race de malfaiteurs a encore de beaux jours devant elle. Aujourd’hui, pour faire face à la situation, les forces de sécurité misent sur la coopération transfrontalière accrue. Les services maliens chargés du contrôle des frontières échangent régulièrement des informations avec les pays voisins. Ces échanges portent sur les personnes impliquées dans les trafics et les routes empruntées par les délinquants. La coopération entre les forces de l’ordre de la région Sikasso et celles de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) est une réussite. Les efforts communs ont permis d’appréhender de nombreux criminels. Ces coupeurs de route s’attaquaient aux voyageurs. Les forces de l’ordre à l’issue des contre-attaques contre la vermine a saisi des armes de guerre ou artisanales et arrêté plusieurs bandes de criminels. Le contrôleur général de police Diotigui Diabaté est déterminé à faire face à ce banditisme de plus en plus récurent. Le commissaire du 1er arrondissement de Sikasso et ses éléments ont traqué le 6 décembre dernier le bandit de grand chemin, Adama Fofana. Ce nuisible est activement recherché par les services de sécurité de Bougouni pour blanchissement de faux billets. Le malfrat opérait dans le cercle de Bougouni. Il avait pour complice un faux marabout installé dans la ville de Bougouni qui s’occupait de faire introduire les faux billets dans le circuit en effectuant des achats.

UN RESEAU BIEN STRUCTURE. Le faussaire Adama Fofana opère dans un réseau bien organisé. Le fournisseur de faux billets est installé au marché Dabanani à Bamako. Il échange 02 millions de Fcfa de faux billets contre 200.000 Fcfa de bons billets. Ainsi, dans le réseau, le faux marabout installé à Bougouni préfinançait les bons billets et Adama s’occupait du blanchissement des faux billets en effectuant des achats dans les zones rurales. Après des constats sur la présence croissant de faux billets en circulation à Bougouni, les services de sécurité de la commune ont lancé des recherches pour situer l’origine des billets. Les investigations sur le terrain ont conduit les éléments de la brigade de recherche sur la piste du faux marabout et de son complice Adama Fofana. Le faux marabout et Adama sont tombés dans un piège bien ficelé. Hélas le malicieux Adama réussit à s’extirper du traquenard des policiers. Il continua d’écouler le reste de sa fausse monnaie dans les foires des zones rurales autour de Bougouni. Il a surtout inondé le milieu des vendeurs de bétail. Il sillonnait les localités de Mopti, Kolondiéba et Tingéréla en Côte d’Ivoire. Mais, il avait sous estimé la perspicacité du commissaire Jean Marie Drabo et ses éléments de Sikasso qui le suivaient de très près. Le fossoyeur de l’économie nationale fut appréhendé au moment où il s’y attendait le moins.

Pendant ce temps à Sikasso, le bandit de grand chemin Youssouf Diawara s’adonnait à des vols avec effraction de coffre-forts et de motos Jakarta. Activement recherché par le commissariat du 6ème arrondissement de Bamako, Youssouf avait trouvé refuge Sikasso. Une mission du 6ème arrondissement de Bamako conduite par les adjudants chefs Toumani Konaté et Kassim Sogodogo, en collaboration avec des homologues de Sikasso ont réussi la semaine passée à épingler Youssouf Diawara. Le malfaiteur s’apprêtait à entrer en Côte d’Ivoire en passant par la commune de Zégoua. En effet, Youssouf Diawara avait été hébergé par une dame au grand cœur, Mme Koné, qui lui avait offert son hospitalité. L’ingrat Youssouf Diawara sans états d’âme avait volé le coffre-fort du mari de sa bienfaitrice avant de prendre la tangente et de se refugier à la frontière. Le malfrat arrêté a été conduit à Bamako. Par ailleurs, le jeune malfaiteur Adama Togo poursuivi pour le vol de plusieurs millions de Fcfa chez un opérateur économique malien installé au Ghana, a également coincé par la police de Sikasso. Ce délinquant était également recherché par la brigade d’investigation judiciaire (BIJ) de Bamako. Togo s’était installé à Sikasso et sévissait à Sikasso et Orodara (Burkina Faso). La semaine passée a apporté la poisse aux malfrats refugiés dans le Kénédougou. Mais, le coup de balai des forces de sécurité a soulagé les populations des affres de l’insécurité.

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