Charte de Kurukanfuga : le parti Frafisna engage le débat

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«La charte de Kurukanfuga : portée historique et enseignements pour le présent», c’était le thème d’une conférence-débat organisée samedi 21 janvier au Carrefour des jeunes par le parti Front africain des forces pour l’intégration et la solidarité dans une nouvelle Afrique (Frafisna).   

 Dans le cadre de la commémoration du 56ème anniversaire de l’armée malienne, le parti Frafisna a organisé une conférence-débat pour engager une réflexion sur la charte de Kurukanfuga, qui pourrait servir comme solution à la crise que notre pays connaît depuis 2012. Cette conférence-débat était placée sous la présidence du président du parti Frafisna, Boubacar Mintou Koné, et animée par Dr. Ousmane Boré, historien.

Dans son propos introductif, le président du parti Frafisna a mentionné l’importance et le rôle de la tradition orale dans la reconstitution ou la réécriture de l’histoire africaine. Selon lui, ceux qui sont les dépositaires de la mémoire collective au Mali, suffisamment conscients de la mission qui est la leur, se sont toujours efforcés de transmettre les traditions archivées telles qu’ils ont reçues, sans rajouts, ni surenchères.

Boubacar Mintou Koné a ajouté que c’est grâce à une poignée de cette génération de traditionalistes que «nous avons pu reconstituer aujourd’hui une partie de l’histoire de l’Afrique médiévale, l’empire du Mali à travers l’un des épisodes les plus significatifs de sa fondation : la constitution de l’empire mandingue ou la charte de Kurukanfuga». Il estime que «nous devons engager notre peuple sur la voie du renouveau au double plan culturel et politique». Avant de poursuivre que «notre peuple est tiraillé par la faim, l’exode rural, l’immigration, les inégalités criardes, l’arbitraire, l’injustice et la mauvaise gouvernance».

Aux dires de Boubacar Mintou Koné, la charte de Kurukanfuga est une invite à la réflexion sur les graves questions politiques, culturelles et économiques de l’heure que vit notre pays. «Nous sommes à l’heure du combat pour les droits humains et la démocratie. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’y a pas d’aire culturelle, des pays où on n’a pas réfléchi et pensé sur les problèmes du vivre en commun que sous-entendent les droits humains. Une révision fondamentale s’impose aujourd’hui et il y a lieu de visiter l’histoire particulière de notre peuple», a-t-il déclaré.

Et le président du parti Frafisna d’ajouter qu’un champ d’investigation d’une richesse extraordinaire s’offre à nous, à savoir la genèse de l’empire du Mali. Il s’agit à travers cette conférence, selon Boubacar Mintou Koné, de faire une relecture critique de la charte mue par le violent désir de comprendre les motivations des membres de l’assemblée de Kurukanfuga qui furent de véritables constituants, les hommes et les préoccupations de leur époque, et réfléchir à ce que «nous modernes pouvons tirer comme enseignements d’un texte vieux de 8 siècles».

Au regard des crises identitaires qui ont fortement secoué notre pays, le président du parti Frafisna propose une régionalisation concertée par l’élection d’un président de région au suffrage universel direct appuyé par une assemblée régionale également au suffrage universel direct ; la création d’un organe institutionnel qui regroupera les chefs de village, de quartier, les notabilités de toutes les confessions religieuses.

Dans son exposé, le conférencier Ousmane Boré, historien, a fait savoir que la charte de Kurukanfuga est un grand siège convoqué par le peuple du Mandé à la sortie de la crise en 1236. Il a parlé des dispositions de la charte, sa portée historique et les enseignements à tirer pour le présent. À l’en croire, la fondation d’une nation, la stabilité du Soudan occidental sont entre autres la portée historique de la charte de Kurukanfuga, «dont nous pouvons tirer aujourd’hui des enseignements pour la crise actuelle du Mali».

Diango COULIBALY

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9 COMMENTAIRES

  1. lol ! c’est à travers ce genre d’article qu’on constate le niveau d’égarement du malien contemporain…

    “Quand le sage montre le ciel, l’1bécile regarde le doigt'”

    si je comprends bien, les conférenciers nous proposent de nous inspirer du “kouroukanfouga” et non de l’adopter comme le disent certains dans leur commentaire…

    égarement, égarement, désolé mais cela concerne aussi ce parti FARAFINA… s’ils savaient qu’ils n’ont pas la vraie version de kouroukanfouga…et s’ils avaient convié Karamoko Bamba du Mouvement nko, ils allaient en être édifiés…

    Bref, la vraie “kouroukanfouga” comporte plus de 150 articles, et ses assises ont duré plus de trois mois….les documents existent en nko, il suffit de les lire pour se rendre compte de la réalité…et en faisant la comparaison, on se rend vite compte que le “kouroukanfouga” commercialisé (44 articles) n’est qu’une interprétation concise de l’originale…d’aucun disent même que c’est une charte maquillée des chasseurs, …écrit en français, cela séduit les pseudos intellectuelles…

  2. VOILA UN THEM ON NE PEUT PLUS SALUTAIRE.LE KOUROUKAFUKA LA PREMIERE CONSTITUTION DU MONDE .LES ETRES HUMAINS PAR EXCELLENCE S’ETAIENT DONNES DES LIGNES DE CONDUITE POUR LA BONNE MARCHE DU MANDE.
    JE VOIS DES GENS CITER Nietzche LAISER LUI EN PAIX IL N’ETAIT PAS PLUS INTELLIGENT QUE NOS AIEUX.
    NOUS SOMMES FORMATER A TROUVER TOUJOURS ,QUE CE QUI VIENT DE NOUS N’EST PAS BIEN .C’EST TOUT LE CONTRAIRE .REGROUPONS NOUS SUR LE THEME DU KOUROUGAFUGA ET BATTIR UNE PLUS MEILLEURE CONSTITUTION POUR LE MALI .

    • Ce n’est pas un problème de constitution c’est un problème d’adaptation.
      Actuellement nous avons la meilleure constitution au monde.
      Une constitution ne vaut que par les hommes qui l’appliquent.
      Peut-être que la meilleure façon serait de faire revivre Soundiata.
      Pour la petite histoire kouroukanfouga n’a pas empêché la colonisation.

    • Celui qui est formater ici est bel et bien toi.
      Une seule question à toi : Pourquoi l’appellation “Kouroukanfouga” a été officialisé?
      QUi était Sonjata?

  3. C’est juste pitoyable de voir un politique qui pense faire revivre un “paradis perdu”. êtes vous en panne d’idée? Ou est ce une façon de courtiser les notabilités de cette region, les alliés éternels du diable?

    Ce docteur Boré, qui semble être un historien (donc un universitaire, ses travaux ont porté sur quoi? Sinon vous devez être en mesure de leur apprendre que ce qui s’est passé dans ce soit-disant lieu est anti-démocratique.
    Faire revivre ce fameux Kurukanfuga ou Kulukanfouga ou Kankanyafougou, c’est renforcer les inégalités sociales; donc les injustices sociales.
    Ces griots que vous présenter comme maître de la parole ont toujours évolué dans le cercle fermé du pouvoir. Et surtout, ils ne sont pas “auteurs” de ce qu’ils racontent mais les princes du jour.
    Eveillez vous chers Maliennsss!!!!!!!!!!!!!!!

  4. C’est vrai que, c’est grace aux Griots que l’histoire du MALI est connue… L’ennui est que certains historiens ont tendance à écrire ou réécrire l’histoire en fonction ou au profit du ‘ PRINCE du jour ‘ . C’est à dire celui qui exerce le pouvoir du moment… A preuve, l’histoire des familles fondatrices de BAMAKO, récemment contée au moment de l’intronisation du nouveau Chef de la communauté. Chacun des ‘ Historiens ‘ y allait de sa version…
    Au niveau national, c’est pareil. L’histoire du pays est racontée dans le sens que souhaitent ceux qui gouvernent…!

  5. Kouroukanfouga n’a duré que 24 h
    Le temps pour Soundiata d’asseoir son pouvoir.
    Quelles sont vos sources à part la voix des griots . Malheureusement la littérature orale à tué’ dans l’oubli tous ceux qui ont embrassé l’islam tels kankou Moussa , les 2 à boubacar et Sakoura qui a fait un coup d’état.
    En prenant le Mali comme référence vous occultez les autres entités comme le songhoy , le macina , le beledougou, le wassoulou, le royaume bambara , le kenedougou ect ect
    Nietzsche disait “un peuple qui évoque le passé pour justifier les errements du présent et les incertitudes pour l’avenir ; ce peuple disais-je est appelé à disparaître ”
    Je pense que la meilleure référence pour notre peuple multi ethnique et multi culturel c’est le 26 mars 1991 ou le mali a fermé à jamais une page de son histoire.
    Kouroukanfouga est un détail de l ‘histoire du Kri et du Do’ et d’un impérialisme intra collines qui est né sous un buffle est mort dans le ssnkarani

    • Foula tu as oublie l’empire du Ghana au 6 eme siecle. Le premier empire en Afrique Occidentale. Je suis d’accord que l’histoire de l’Afrique Occidentale n’a pas commence a Krina et elle ne s’est pas arretee a Krina. I y a eu beaucoup d’autres empires et royaumes desquels nous devrons apprendre dans notre Mali multiculturel. Nietzche a raison que ces lecons peuvent nous servir mais ne justifient pas nos errements actuels qui ont pour origine la tres grande corruption,la grande surfacturation, le mensonge d’Etat et la gabegie du bien public,

      • Vous savez mon frere on nous fait croire que nous sommes descendants de ces rois et nous y croyons. Et nous dormons sur ces lauriers au lieu de faire mieux.
        Au temps de soundiata il n’y avait pas la fonction publique alors en voulant lui ressembler eh bien on tape dans les caisses de l’état et quand on nous prend on devient Soumabgourou à koulikoro

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