Circulation a Bamako : Un succès macabre de la Djakarta

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Depuis quelques années le marché malien est envahi par les engins à 2 roues de toutes sortes. Il s’agit des motos Djakarta, la moto qui fait fantasmer des jeunes. Mais cette prouesse mécanique de la Chine fait des milliers des centaines des morts au Mali, particulièrement dans la capitale.

Motos jakarta

Au dĂ©but des annĂ©es 2000, le marchĂ© malien fut envahi de motos de marque chinoise dont ”Yamaha/Diafren”, ”Royal”, ”Sanili”, ”Djakarta” et bien d’autres. Parmi elles, c’est la Djakarta qui continue d’engranger des succès commerciaux. Elle est très vite devenue la moto de rĂŞve pour la  jeunesse. Chacun veut en possĂ©der une pour se faciliter les mouvements.
Si rouler à moto à un certain âge était propre aux nantis, il ne l’est plus depuis l’arrivée de la moto Djakarta, car son prix est abordable. De plus l’engin consomme peu de carburant ; il est surtout écologique en ne rejetant de fumée qu’en cas de pépin.
Bien que cette rĂ©ussite chinoise fasse du bien aux Maliens en facilitant le dĂ©placement des gens et en augmentant le revenu des commerçants et des rĂ©parateurs, force est de reconnaĂ®tre qu’elle a  aujourd’hui des consĂ©quences meurtrières dans notre sociĂ©tĂ©. ”Aujourd’hui, nous devons remercier la Chine d’avoir crĂ©Ă© la moto Djakarta et de la cĂ©der Ă  un prix abordable pour les Maliens. Elle a facilitĂ© notre dĂ©placement Ă  travers la ville et mĂŞme hors de la ville”, explique Chaka DembĂ©lĂ©. Il poursuit que ”rouler sur une Djakarta aujourd’hui est nĂ©anmoins synonyme de danger de mort”.
Tout le monde possède la machine, garçons, filles, vieux, mais rares sont ceux qui maitrisent le code de la route. Aussi, pour beaucoup de dĂ©tenteurs de cet engin, l’excès de vitesse montre leur maĂ®trise de la moto. Et la consĂ©quence est Ă©vidente : des accidents, toujours des accidents, coĂ»tant souvent la vie aux victimes et handicapant d’autres. Les victimes sont très souvent les jeunes. ”Les Djakarta sont Ă  la base de presque tous les accidents. Ils y sont directement ou indirectement”, soutient automobiliste.
En plus des dĂ©gâts, les dĂ©tenteurs de cet engin sont devenus la cible permanente des voleurs de jour comme de nuit. Car le butin peut ĂŞtre Ă©coulĂ© rapidement. Du coup, les malfaiteurs n’hĂ©sitent mĂŞme pas Ă  tirer sur les gens Ă  cause de leur moto pour se faire de l’argent. ”Chaque jour qui passe ici, Ă  Bamako, la moto, plus prĂ©cisĂ©ment la Djakarta, tue quelqu’un ou quelqu’un est tuĂ© pour sa moto”, note Hamidou Sanogo, un jeune Ă©tudiant.
Youssouf Coulibaly  

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