Contrôles des vignettes : Au nom de la caisse de l’Etat mais dans la poche des agents de contrôle

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Contrôles des vignettes : Au nom de la caisse de l’Etat mais dans la poche des agents de contrôleA qui profitent réellement les vastes contrôles de vignettes des engins à deux roues? L’Etat ou les agents de contrôle? Notre enquête auprès d’une équipe de contrôle nous a permis d’en savoir davantage. Lisez plutôt.

Depuis environ deux mois, les agents de la Mairie du District de Bamako en collaboration avec la police ne cessent de prendre par surprise les propriétaires d’engins à deux roues par des contrôles de vignettes inopinés.

Généralement, ces opérations touchent les principales artères de la ville de Bamako comme les descentes ou entrées de ponts.

Par exemple, le mercredi 28 octobre 2015, tôt le matin, les propriétaires d’engins à deux roues sans vignettes ont été pris par surprise par les agents de la mairie pour des besoins de contrôle de vignettes à la descente du pont Fahd. On pouvait sentir l’effet de ce contrôle inopiné sur la circulation  du coté de Badalabougou si l’on sait que nombreux sont les propriétaires d’engins à deux roues qui ne prennent pas de vignettes, toujours près à « négocier » avec ces agents ou les policiers pour passer.

Du coup, pour éviter de tomber dans les mailles des agents de la mairie, les motocyclistes venant de la rive droite informaient par solidarité ceux venant de l’autre coté où se passait le contrôle. D’autres le sentaient aussi à travers le terrible embouteillage que le contrôle a provoqué sur le pont car ceux qui n’ont pas de vignettes cherchaient à dévier le chemin ou à rebrousser chemin.

Mais à qui profitent réellement ces contrôles ?

Pour en savoir davantage, nous nous sommes approchés d’une équipe de contrôle qui se trouvait juste à côté de l’hôtel Salam où elle guettait les motocyclistes venant de la rive droite et passant par l’échangeur réservé uniquement aux engins à deux roues.

Les motocyclistes qui se montraient audacieux pour venir vers l’équipe de contrôle sans rebrousser chemin étaient ignorés automatiquement par les policiers tandis que ceux qui avaient des regards hésitant ou qui tentaient de rebrousser chemin  étaient  arrêtés par les gents.

Ainsi, ceux qui n’ont pas de vignettes passaient voir le chef de l’opération, un certain Salif  Diagnoko, agent de la Mairie comme on pouvait le voir écrit sur son badge.

Le principe est simple : il faut payer pour avoir droit à sa moto. La pénalité plus le frais de la vignette ? Non. Il fallait négocier ce qui veut dire payer à ces agents leurs frais de cigarette qui varie entre 1000 et 2000 F. Certaines jolies demoiselles arrêtées faute de vignettes  pouvaient elles aussi avoir la chance d’échapper en suppliant seulement. Sur place, beaucoup de motos ont été remises à leurs propriétaires sans être sanctionnés comme il se doit.

Mohamed Sacko n’a pas eu cette chance. Sa moto a été embarquée avant notre arrivée.  Mais il a préféré rester auprès des agents au lieu d’aller  chercher sa moto à la Mairie pour suivre l’évolution de la situation. L’homme était sur ses nerfs car n’appréciait pas la tournure des choses. Il dit ne pas comprendre qu’avec toutes les pièces de sa moto qu’il a achetée récemment en seconde main, les agents ne lui aient pas accordé la faveur de lui remettre sa moto afin qu’il parte au boulot. Et au même moment, d’autres n’ayant aucune pièce de leurs motos et qui ont payé 1000 f ont eu droit à leurs motos.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que la caisse de l’Etat bénéficie moins de ces contrôles. Ce sont les agents de contrôle qui bénéficient le plus car beaucoup d’entre eux préfèrent se faire corrompre avec 1000 ou 2000 FCFA que d’envoyer la moto en fourrière pour que le propriétaire se mette en règle.

Modibo Dolo

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