Crise malienne : De graves violations de droits de l’Homme signalées par l’UA

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La Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples a effectué une mission d’établissement des faits au Mali, du 3 au 7 juin 2013. Au terme de sa mission elle s’est entretenue avec la presse, le vendredi 7 juin 2013 au département de la Justice, où elle a révélé qu’il y a eu effectivement de nombreuses et graves violations de droits de l’Homme au Mali depuis le début de la crise.

 

 

La commissaire Reine Alapini Gansou (à gauche), la rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique
La commissaire Reine Alapini Gansou (à gauche), la rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique

La mission était conduite par la commissaire Reine Alapini Gansou, rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique. Elle avait pour mandat d’enquêter sur la situation des droits humains au nord du Mali, y compris les exactions commises contre les militaires maliens et leurs familles à Aguelhok, en janvier 2012. Cependant, la mission s’est également étendue sur les violations des droits de l’Homme commises ailleurs et portées à sa connaissance.

 

Au cours de la mission, la délégation a eu à rencontrer les autorités du pays, les institutions nationales, les représentants des organisations régionales (Misma, Cédéao) et ceux des organisations du système des Nations unies, des ONG.

 

Il était prévu que la délégation se rende au nord, mais pour des raisons d’ordre logistique et sécuritaire, elle s’est contentée des témoignages auprès des ayants droit des victimes des exactions d’Aguelhok, des rescapés et des témoins, qui ont fait la lumière sur les violations des droits de l’Homme commises au Nord-Mali.

 

Ces nombreux interlocuteurs ont également fourni à la délégation des rapports sur la situation des droits de l’Homme au Mali. La délégation s’est rendue dans le camp de Niamana pour s’enquérir de la situation des personnes déplacées internes. Elle a également visité la Maison centrale d’arrêt de Bamako où elle a entendu des personnes dont la détention est liée aux événements survenus au nord du pays.

Reine Alapini Gansou et sa délégation  se sont également rendues au centre de détention de la gendarmerie nationale, camp 1, où elles ont rencontré les militaires concernés par des procédures relatives au contre putsch du 30 avril 2012.

 

A l’issue de la mission, la délégation a expliqué aux journalistes dans la salle de conférence du ministère de la Justice, le vendredi 7 juin 2013, qu’il y a eu de nombreuses et graves violations des droits de l’Homme au nord du pays, notamment dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal. A en croire la chef de la délégation, dans le cadre des détentions des militaires (ils sont 17 actuellement), il semble qu’il y a vice de forme dans la procédure, car, leurs mandats de détention préventive n’ont pas été renouvelés.

 

 

Un rapport circonstancié de la mission suivi de recommandations sera soumis à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine en janvier 2014. Il s’agira de prouver la culpabilité des auteurs de ces violations de droit de l’Homme pour ensuite les traduire devant les juridictions nationales, dans le cas échéant les juridiction sous-régionales et internationales.

Abdoulaye Diakité

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