Dialogue inter-religieux : Un facteur de cohésion sociale

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Le constat a été fait au cours d’une table ronde organisée samedi pour commémorer le 10è anniversaire du centre Foi et Rencontre.

Le dialogue interreligieux est l’une des voies privilégiées pour résoudre les problèmes sociaux. La direction du centre Foi et Rencontre croit en cette vérité. C’est pourquoi, elle a organisé le week-end dernier une table-ronde sur le thème : « Dialogue interreligieux au Mali : réalité ou illusion ? ». La table-ronde qui s’est déroulée au lycée Prosper Kamara où est logé le centre, s’inscrivait dans le cadre de la célébration du 10è anniversaire de cette structure catholique. L’histoire du centre Foi et Rencontre remonte au 26 novembre 2001.

Le projet a été initié par Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako, et des missionnaires d’Afrique (Pères Josef Stamer et Alain Fontaine). Le bâtiment a été inauguré le 12 octobre 2004. Le centre se veut une structure au service des communautés chrétiennes catholiques et entend aider ces communautés à vivre « positivement leur foi au milieu des autres croyants ». Depuis octobre 2004, le centre organise une conférence-débat le 3è samedi de chaque mois sur divers thèmes touchant non seulement les religions chrétienne, musulmane et traditionnelle, mais aussi d’autres aspects de la vie sociale de notre pays. Il dispose d’une bibliothèque spécialisée dans le domaine des religions du monde qui compte plus de 4 000 volumes (livres et périodiques). « Nous voulons marquer, à notre manière, les 25 ans de la rencontre d’Assise, où le Pape Jean Paul II avait réuni les chefs religieux du monde entier pour prier pour la paix en octobre 1986.

Geste unique dans l’histoire de l’humanité que le Pape Benoît XVI a commémoré à Assise, avec plus de 300 représentants de toutes les religions du monde, en octobre dernier », a expliqué le Père Jean Bipendo, directeur du centre Foi et Rencontre. L’assistance a écouté plusieurs communications. Daniel Konaté a évoqué l’implication des leaders religieux dans la résolution des crises scolaires et politiques dans notre pays. « Le dialogue interreligieux est bien possible au Mali. Il faut l’entretenir car, c’est un facteur de cohésion sociale », a assuré ce leader religieux. Le professeur Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale, a souligné la nécessité de renforcer la foi au sein de la famille, de la communauté. « Si le dialogue se fait dans la sérénité, il a plus de chances d’être fécond », a-t-il estimé. Tiégoum Boubèye Maïga, directeur de publication de la Nouvelle République, a rappelé ce dicton : « Il faut bien connaître le chien pour lui enlever l’os qu’il a sur sa langue ». Il faut, pense-t-il, connaître les autres religions, surtout qu’au Mali, « on a une famille tolérante ».

L’iman Mahamadou Diallo de la grande Mosquée de Torokorobougou a préconisé d’œuvrer à renforcer la cohabitation pacifique entre les différentes religions au niveau national et international. La contribution de l’ancien ministre, Mme Sy Kadiatou Sow, a été lue par Emmanuel Sagara. Elle met l’accent sur le respect des règles de bonne conduite et propose des modules sur les religions dans les écoles. « Les relations de fraternité, de parenté, d’alliance et de cousinage à plaisanterie favorisent beaucoup la pratique du dialogue interreligieux au Mali. Le dialogue se présente dans ces cas, comme un phénomène naturel vécu dans la tolérance et la simplicité totale », a estimé Sœur Rosalie Somboro, directrice du Centre d’étude et de culture pour jeunes Mgr Luc Sangaré. Elle a évoqué l’expérience de son centre sur le dialogue entre les communautés et différentes couches sociales. Créé en janvier 2005, ce centre compte 3 384 inscrits composés de chrétiens, musulmans et d’autres religions.

Bandé Moussa Sissoko

 

 

 

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