Ebullition du front social : Sit-in des personnes handicapées à Bamako pour leur intégration dans la fonction publique

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Ebullition du front social : Sit-in des personnes handicapées à Bamako pour leur intégration dans la fonction publique

Les personnes handicapées du Mali ont organisé un sit-in  hier, le 05 octobre 2016, devant le ministère de la fonction publique pour exiger l’application de la mesure qui vise leur intégration dans la fonction publique à titre exceptionnel. La dite mesure est suspendue depuis 2011. Les associations des personnes handicapées s’insurgent contre « l’immobilisme, l’incompétence et la sourde oreille » du ministre du travail, de la fonction Publique Mme Diarra Raky Talla concernant leurs revendications.

Les personnes handicapées du Mali ont pris d’assaut les portes du ministère du Travail, de la Fonction Publique et des relations avec les institutions munis des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « le travail ou rien », « nous réclamons nos droits et non des faveurs », « sans rien pour nous sans nous », « nous sommes des handicapés mais pas des incapables » etc.

Toutes les associations des personnes handicapées étaient là, de l’Union Malienne des Aveugles (UMAV) en passant par l’Association des Personnes de Petites tailles (AMPPT), SOS Albinos, le Collectif des Handicapés Diplômés (COHD) etc. Issa Diallo le secrétaire général du Collectif des Handicapés Diplômés du Mali et porte parole des associations a signalé que depuis 1997 le président Ibrahim Boubacar Keita, premier ministre du Mali à l’époque, a  adopté une mesure en faveur du recrutement des personnes handicapées diplômées et financé des projets des non diplômées à hauteur de  100 millions de nos francs. Les gouvernements précédents vont continuer d’appliquer cette mesure. Et c’est le gouvernement de la transition, selon Issa Diallo, qui a porté un coup dur à cet acquis. « Un acquis qui dans l’article 18 du statut général des fonctionnaires parle de discrimination positive en faveur des personnes handicapées diplômées », précise le porte-parole. Le gouvernement de la transition a modifié un peu le contenu en disant qu’elle concerne uniquement les candidats aux concours de la fonction publique, déplore-t-il. « Avant on recrutait 20 à 30 personnes mais actuellement avec le nouveau système c’est 09 ou 10  au maximum 11 personnes. Alors qu’ont est estimé à plus de 400 Handicapées diplômés au Mali. On a entamé des négociations en vain, tenté des rencontres avec les différents ministres mais rien n’a changé. Pis l’actuel ministre de la fonction publique nous prend pour des plaisantins. Et dans une correspondance, elle nous traite même d’incapables. C’est la raison qui nous a poussés à prendre d’assaut la devanture du département pour qu’elle sache que nous sommes capables de réclamer nos droits. Après tant de souffrance sur les bancs, on a droit à un travail décent comme tous les diplômés maliens », affirme-t-il. « Le Mali, champion dans la ratification des lois, a ratifié la convention internationale relative aux personnes handicapées qui dans son article 27 demande leur incorporation dans la fonction publique »,  poursuit Issa Diallo. Selon lui, l’actuel ministre de la fonction publique Mme Diarra Raky Talla et son prédécesseur Bocar Moussa Diarra veulent fouler au pied leurs revendications. «  Mais nous ne nous laisserons plus piétiner. On revendiquera dans les règles de l’art nos droits jusqu’à trouver entière satisfaction. Nous lançons un appel pressant à l’endroit du président de la République qui a permis aux handicapés du Mali de jouir de ces droits que ces ministres veulent bafouer. Nous réclamons la reprise immédiate des recrutements comme ça se faisait auparavant, et le recrutement des 70 personnes handicapées dont l’ancienne premier ministre Mme Cissé Mariam Kaidama Sidibé avait signé l’arrêté de recrutement » souligne le porte parole des personnes handicapées.

De son avis, en ce mois de la solidarité, Mme Diarra Raky Talla ministre  du Travail, de la fonction ne peut pas piétiner 15,5 % de la population malienne que sont les handicapés. « Si elle  est incompétente , le président doit la remplacer par un un ministre plus prompt à répondre aux préoccupations des maliens »,  lance-t-il. « Nos parents ont assez fait et ne peuvent pas nous prendre éternellement en charge alors qu’on a nos diplômes. Nous sommes prêts à travailler pour notre pays afin de gagner dignement notre vie et fonder nos foyers. On demande de légiférer en la matière. Nos voisins, la Côte d’Ivoire et le Burkina, sont venus s’imprégner de l’expérience malienne et nous dépasse tous aujourd’hui en ce qui concerne le taux de recrutement», regrette-t-il.

Les personnes handicapées comptent durcir le ton dans les jours à venir si leurs doléances ne sont pas satisfaites. « En plus de ce sit-in nous comptons mener d’autres actions d’envergures pour nous faire attendre », a martelé  le secrétaire général du Collectif des Handicapés Diplômés du Mali.

Moussa Samba Diallo

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