Evasion à la Maison d’Arrêt de Bamako. : Entre complicité et défaillance des surveillants

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Après la vague d’évasion des prisonniers à la Maison d’arrêt centrale de Bamako, il ne sert plus à démontrer que la problématique de l’insécurité constitue la priorité des priorités. Entre complicité et négligence des surveillants de la prison, les uns et les autres sont restés sur leur faim par rapport à l’organisation minutieuse de ce grand incident ayant causé mort d’hommes.

Au moment où les commentaires vont bon train, l’auteur principal du coup criminel est en cavale. Mohamed Ali, terroriste écroué lors des grandes manœuvres de libération des régions du nord a-t-il profité de la complicité des gardes de prison ou de leur négligence pour exécuter son forfait ? Tout reste à croire que cet événement douloureux est une des conséquences des multiples défaillances au niveau du système de sécurité des services pénitenciers. Comment croire qu’une telle chose puisse se produire en plein jour et en plein centre ville de Bamako, si quelque part, des gens n’avaient pas failli à leur mission ?

 

Tous comptes faits, l’analyse intellectuelle de la situation pointe du doigt les mécanismes d’accès à l’enceinte de la Prison. On sait que dans la pratique, les gens utilisant tous les moyens pour pouvoir accéder à l’intérieur de la prison. Au-delà des mesures judiciaires (autorisation du procureur, juges), n’importe qui peut franchir les lignes de cette maison d’incarcération devenue une véritable «prison break» malien. Ce centre pénitencier comme tout le monde pouvait le constater, ressemblait à un business-center où les personnes rentraient et partaient «librement», sans être inquiétées. Il suffisait de donner un peu d’argent aux surveillants pour avoir un laissez-passer. Avec cette pratique, la surveillance du détenu, son éducation n’étaient plus au centre du système pénitencier. C’est plutôt «l’argent, encore l’argent et rien que l’argent» qui importait.

 

Depuis longtemps, cette pratique avait été dénoncée. Il est donc compréhensible de convenir que face à cette défaillance notoire, il fallait s’attendre à ce qui est arrivé. Pourtant, il avait été à plusieurs reprises souligné qu’il faille procéder à la délocalisation de la Maison d’arrêt de Bamako. Au moins, les dégâts allaient pouvoir être limités. Des évadés, de par l’emplacement de la prison, n’ont pas eu de difficultés pour se mélanger à la foule. Si toutefois le bâtiment était en dehors de la ville, comme il a été recommandé, les choses n’allaient pas cependant se dérouler de la sorte. Il est aujourd’hui regrettable que cette situation puisse arriver dans la capitale. Les gens doivent de ce fait se mettre à l’évidence que nul n’est à l’abri.

 

Il urge donc de procéder à la mise en œuvre efficiente des dispositions sécuritaires inscrites dans la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement Mara. Une attention particulière doit être portée vers les services pénitenciers qui souffrent malheureusement de ressources humaines qualifiées, d’insuffisance en matériels de dotation… Le processus de stabilité du Mali ne saurait être un sucées souhaité, tant que les autorités ne règlent pas la question de la sécurité. Une équation qui interpelle le ministre de la Justice et des Droits de l’homme et son collègue de l’Intérieur et de la Sécurité.

 

Le peuple malien a assez souffert des répercussions de la crise politico-sécuritaire qui la secoue depuis quelques années déjà. De vraies actions doivent donc être entreprises pour surmonter les défis auxquels toute la Nation fait face. Ceci est d’autant plus important pour la sortie de crise et la reconstruction nationale.

 

Jean GOÏTA

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2 COMMENTAIRES

  1. Délocalisons la prison centrale,bien équipée avec des cameras de surveillance et des miradors toutes azimuts avec une équipe de cynophile(chiens renifleurs et d'attaques) et une section sinon une compagnie assurant les vas et vient .bonne comprehension a tous

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