Femmes célèbres du Mali : Sage-femme, politiciennes et reines mères

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Femmes célèbres du Mali : Sage-femme, politiciennes et reines mères
Pauline Berthé

Une sage-femme doublée de politicienne et des génitrices ou reines intrépides constituent le lot des femmes célèbres que nous rappelons à votre bon souvenir aujourd’hui dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme, fêtée le 8 mars de chaque année par le monde entier.

Pauline Berthé : La brillante sage-femme et petite fille de Kélétigui Berthé

Née le 12 juin 1912 à Sikasso, Pauline Berthé est la fille de Safoura Berthé, ménagère sénoufo, elle-même fille de Kélétigui Berthé, un des meilleurs chefs de guerre de l’armée de Babemba Traoré, faama du Kénédougou. Il était chef de canton.  Pauline est une métisse franco-sénoufo, épouse de Sidi Yaya Diallo, médecin peul du Wassoulou, aujourd’hui décédé. Mère de 6 enfants, cette musulmane pratiquante a la distinction particulière d’être une sage-femme de grande compétence ; lauréate de sa promotion ; et une des trois seules femmes décorées de l’ordre d’officier de l’Ordre national du Mali (1972) jusqu’en 1992.

On peut retenir de sa formation et carrière professionnelle :

1920-1928 : études primaires au Foyer de métisses de Bamako avec obtention du concours d’entrée à 1’Ecole de médecine et de pharmacie de Dakar.

1928-1931 : Formation de sage-femme à l’Ecole de médecine et de pharmacie de Dakar.

Sort lauréate de sa promotion (1re sur 12) en 1931.

La performance de Pauline lui valut d’être retenue à la Maternité de Dakar comme sage-femme (1931-1932).

A sa demande, elle rentre au Mali où elle effectuera un stage d’un an à Bamako. Elle est ensuite affectée à Nioro où elle restera pendant trois ans.

Pauline Berthé servira ensuite successivement à Sikasso (1936-1950), à Djenné (1950-1953) où son mari qu’elle avait épousé en 1939, avait été muté par l’administration coloniale (à la suite de l’arrestation, suivie de l’emprisonnement de Modibo Kéita à Sikasso par l’administration coloniale, les militants de l’US-RDA, parmi lesquels Sidi Yaya Diallo, avaient été dispersés par mesure de représailles) ; Sikasso (1954-1959) ; Markala (1959-1960) ; Sikasso (1960-1969).

Après sa mise à la retraite, survenue en 1969, Pauline Berthé, qui se sentait encore en force de travailler, partit en Côte d’Ivoire, à Boundiali (près de Korhogo) où elle aura à diriger la maternité pendant dix ans. Depuis 1979, elle réside à Sikasso.

Notons que Pauline Berthé comme toutes les autres pionnières de sa profession, a eu à travailler dans des conditions particulièrement difficiles.

A Nioro par exemple, elle faisait ses tournées à dos de cheval ou de taureau pour rejoindre les parturientes. Elle sensibilisait les femmes à la fréquentation de la maternité en leur donnant de petits cadeaux et du sel.

A Djenné, elle est parvenue, grâce à la sensibilisation, à faire passer le taux de fréquentation de la maternité par les femmes de trois à quarante accouchements dans le mois. Elle a reçu un témoignage officiel de satisfaction paru dans le Journal officiel.

Koda ni Djénéba : Les mères du preux Bakarijan

Deux noms de femmes associées, qui passent pour être les “mères” de Bakarijan Koné, preux légendaire du Royaume bamanan de Ségou. L’action de Bakarijan Koné se situe autour des années 1840. II était le chef des foroba fula (les Peuls publics) esclaves peuls attelés à l’élevage. Bakarijan aurait notamment arrêté l’expansion, vers le territoire de Ségou, des Peuls de l’Etat théocratique du Macina (Dina). Cette prouesse est symbolisée dans la légende de Bilissi.

Ba Makoro : La mère de Monzon Diarra

Mère de Monzon Diarra, un des souverains les plus célèbres de l’Empire bamanan de Ségou. Monzon Diarra était le fils de Ngolo Diarra, fondateur de la dynastie des Ngolossiw (1766-1787) et le père de Da Monzon Diarra et des huit autres rois qui ont succédé à ce souverain célèbre. Monzon Diarra a régné de 1792 à 1808.

Badjoni Were Coulibaly : La génitrice de Da Monzon Diarra

Mère de Da Monzon Diarra, souverain le plus célèbre de l’Empire bamanan de Ségou. Da Monzon a donné à cet empire ses limites maximales : de Tombouctou à Kouroussa en Guinée du Nord au sud ; du Bélédougou à Tiongui et Tingrela en Côte d’Ivoire orientale d’Ouest en est. C’est sous son règne (1808-1827) que le Macina et tout le Haut Niger se sont néanmoins détachés de Ségou.

Fadia : Le sang-froid hautain

Epouse du preux peul Hambodejo Sidibé, ardo (roi) animiste du Kunari (Macina), à la bravoure légendaire. Hambodejo est également considéré comme l’ancêtre des Ferobé de l’Est, c’est-à-dire de ces migrants de clan Sidibé qui ont fui la vague d’islamisation consécutive à la création de l’Etat théocratique du Macina par Sékou Amadou Bari (1810-1844). Hambodejo est reconnu jusqu’au Cameroun.

Fadia était une femme courageuse, fière et résolue. Son sang-froid hautain constituait un cinglant défi pour le chef peul. Ce dernier n’hésita pas à la blesser cruellement et avec une vigueur impitoyable. Jalouse de l’honneur de son époux, Fadia défiait Hambodejo pour le pousser à se mesurer aux autres preux.

Fatoumata Ham Siré : La vengeresse

Femme peul originaire de Sédengué (pointe Est du lac Débo). Elle aurait sollicité l’aide de Hambodejo Sidibé, ardo (roi) du Kunari, pour venger l’honneur de sa vieille mère, bafouée et maltraitée par l’amirou de So, pour une vulgaire histoire de chien battu (début XIXe siècle).

Labbourou Gakoï Ali Founè : Elle obtient la preuve de la bravoure de son époux

Femme peule du Macina, ayant vécu au début du XIXe siècle. Epouse du preux Hawa Alasseini Gaka. Elle poussa son mari à aller chercher les vaches fauves de Hambodejo Sidibé, l’intrépide ardo (roi) du Kunari (Macina) pour tester sa bravoure.

Une fois son caprice satisfait, elle refusa de goûter au lait de ces vaches et déclara à son mari : “La seule raison pour laquelle je t’ai dit que les vaches fauves devaient venir, c’était pour savoir que j’avais un homme digne de ce nom et j’en ai eu bel et bien la preuve”.

Ténin Diarra : Pullo Segu Bambara Kunari

Princesse bamanan ayant vécu au début du XIXe siècle. Elle était la fille de Da Monzon Diarra, empereur bamanan ayant porté l’Empire bamanan de Ségou à son apogée (1808-1827). Son père l’offrit comme épouse à l’intrépide ardo (roi) du Kunari (Macina), Hambodejo Sidibé, pour le récompenser de la conquête d’une cité qu’il n’arrivait pas à prendre.

Cette alliance devait permettre aussi au héros peul d’asseoir son autorité sur le Kunari. Elle lui valut par ailleurs le surnom de Pullo Segu Bambara Kunari, Peul à Ségou, Bambara au Kunari. Hambodejo, après son mariage, serait resté à Ségou trois années durant. Par la suite, Ténin eut pourtant des démêlés conjugaux avec son époux. Elle aurait notamment profité de l’absence de ce dernier pour insulter et malmener sa co-épouse peule. Hambodejo, à son retour, lui infligea les mêmes traitements et l’envoya chez son père. Hambodejo fut convoqué par son beau-père à Ségou pour venir s’expliquer. Le preux peul s’y rendit, mais n’hésita pas à souffleter sa femme devant le roi, son beau-père. Cette insolence exaspéra les Bamanan qui voulurent le mettre à mort sur-le-champ. Un vieillard avisé suggéra de l’envoyer plutôt combattre quelque ennemi irréductible. Ce qui fut fait. Hambodejo, revenu encore victorieux, força l’admiration de Da Monzon auquel il remit généreusement tout son butin et qui ordonna à sa fille de repartir au Kunari avec son époux.

Coumba : Elle a enfanté Silamakan

Mère de Silamakan, fils lui-même de Ngouro Diallo, dernier ardo (chef) du Macina. Preux de grande renommée, Silamakan se fit remarquer par sa volonté de libérer le Macina du joug humiliant des Bamanan de Ségou, dirigés par le faama Da Monzon Diarra. Ses actions se situent peu avant 1818, date de la bataille de Noukouma, qui consacra la victoire du marabout Sékou Amadou Barri sur les ardo animistes alliés aux Bamanan de Ségou. Le nom de Silamakan est toujours précédé de celui de sa mère ; on l’appelle Coumba Silamakan.

Sokhna Adame alias Adame Aïshé Thiam : La vertueuse mère d’El hadj Omar S. Tall

Mère d’El hadj Omar Tall, prophète et conquérant foutaka (1795-1864). La petite histoire raconte qu’Aïshé étant morte dans la chambre nuptiale, son père a donné à Saïdou Tall, son époux, sa sœur cadette Adame. C’est cette dernière qui a engendré El hadj Omar ; mais à cause de la situation rapportée, le cheick toucouleur passe pour avoir deux mères, Adame et Aïshé dont les noms sont souvent associés. Sokna Adame passe pour avoir été une femme de grande vertu, obéissante et soumise à son mari. Le nom Adame est fréquemment donné aux femmes en milieu toucouleur.

Sadioba Diallo : La fille d’Hawa Demba Diallo pour appâter la France

Femme khassonké d’une très grande beauté, fille d’un des rois les plus prestigieux du Khasso, Hawa Demba Diallo (1800-1834), fondateur du clan Dembaya Médine (près de Kayes). Sadioba était l’épouse du négociant/explorateur français, Ferdinand Duranton.

Son père l’a mariée à Duranton en 1825 dans l’intention de gagner l’amitié des Français et de pouvoir, grâce à leur aide, anéantir ses nombreux ennemis (Malinké et Bamanan du Bambouc et du Kaarta essentiellement).

Sadioba a eu 2 enfants : Michel Duranton, devenu officier de l’Armée française et mort dans un duel contre un de ses camarades français qui l’avait traité de “sale nègre”, et Marie Duranton, décédée au cours du siège de Médine par El hadj Omar Tall (1857).

Si les enfants Duranton avaient survécu, ils seraient probablement devenus les ancêtres des premiers métis franco-maliens.

Véloré : La femme

de confiance de Sékou Amadou Bari

Servante et femme de confiance de Sékou Amadou Bari, fondateur de l’Empire peul du Macina (1810-1844). Véloré pouvait réciter le Coran par cœur et connaissait le droit musulman. C’était Véloré qui était chargée de la garde de la bibliothèque privée de Sékou Amadou. C’était également elle qui se chargeait de la préparation de ses repas.

La tombe de Véloré se trouve à côté de celle de son maître.

Aïsha Diallo alias Néné Satourou : Un rôle politique à la mort d’El hajj Omar

Fille d’un clerc local de Sokoto (Nord du Nigeria), que le prophète et conquérant foutaka El hadj Omar épousa lors de son séjour à Sokoto (1830-1837). Aisha est la mère d’Amadou Sékou Tall, premier fils et successeur d’El hadj Omar, chef de l’Empire foutaka, capitale Ségou (1862-1870 ; 1872-1893).

Amadou était l’enfant unique d’Aïsha alias Nènè Satourou. El hadj Omar l’avait amenée avec lui à Dinguiraye, avec d’autres épouses. Elle a joué un rôle politique important à Ségou après la disparition de son époux ; une faction se groupa autour d’elle et les prétendants d’Amadou dans la lutte pour la succession. On sait qu’Amadou fut désigné par son père lui-même pour lui succéder.

Les femmes toucouleurs du pays de Ségou portent fréquemment le prénom Nènè Satourou.

Batouli Haoussa : L’épouse haoussa d’El hadj Omar

Femme haoussa, épouse d’El hadj Omar Tall, mariée vers 1820-1830, mère de Hadi (1839-1864), mort avec le Cheick foutaka à Deguembéré, et de Mountaga, futur roi du Kingui et du Kaarta capitale Nioro (1873-1884).  Quittant Ségou où il ne bénéficiait plus de soutien, Amadou Sékou Tall, premier fils et successeur d’El hadj Omar, chef de l’Empire foutaka (1870-1893), tente de prendre le pouvoir à son frère Mountaga en 1884. Ce dernier se fit sauter dans sa poudrière en compagnie de son frère Dal et de son griot Farangalli au moment où les Sofa (esclaves domestiques) d’Amadou enfonçaient la porte. Autres enfants de Batouli Haoussa, tous fils d’El hadj Oumar : Amidou ; Lamine et Hassirou.

Daba : La mère de Moubassirou Tall

Femme Jalonka, originaire du Fouta Djallon. Epousée par El hadj Oumar, prophète et conquérant foutaka, à la fin des années 1850 ; mère de son fils Moubassirou.

Fatimata : La femme bobo d’El hadj Oumar

Femme Bobo, épouse d’El Hadji Oumar Tall, prophète et conquérant foutaka.

Rassemblés par la Rédaction

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3 COMMENTAIRES

  1. Interessant comme informations. Seulement le document est tres mal conçu. Priere fournir plus d’effort dans l’elaboration de vos infos. Merci

  2. Bien cher ami
    Cette revue est bien pittoresque! Seulement,sachons ensemble magnifier l’ensemble des femmes,qu’elles soient de nos campagnes ou de nos villes. Elles meritent beaucoup de considerations. Elles sont au debut et a la fin des emancipations passees et futures. Cependant, Je souhaite que nous cessions de faire l’apologie d’une frange et oublier la grande majorite de nos meres, nos soeurs, qui dans l’anonymat le plus total furent, sont et seront toujours notre source nourriciere.
    J’apprecie votre precis historique, mais le soutiens point. Heureusement que la contradiction est source de progres!

  3. 😎😎😎😎 On le sait depuis la nuit des temps que de tous les TIÉFARIN du Mali, il n’y a pas un seul MARAKA. Les DA MONZON prenaient leur dolo en chantant:

    “Maraka bougo tè Tièya yé, soli ka wuli doron dè bè a dafè”

    ( Vaincre un Maraka ne serait pas un acte de bravoure, le plus dur est de se lever à temps pour le rattraper.)

    Nous MARAKA croyions qu’avec tous ces descendants de braves guerriers MANDINGUES on pouvait dormir tranquille mais seulement voilà: depuis 5 ans qu’une petite poignée de Souraka BILAKORO fait courir le guerrier BAMBARA devant les caméras du monde entier.

    Quelle honte de continuer à nous parler de ces Preux qui ne valaient même pas les Gueux !

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