Femmes et situation sécuritaire au Nord: Le Cri du cœur des Maliennes

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Ce 8 mars 2012, Journée internationale de la femme, outre le thème national «Accès des femmes aux postes électifs: enjeux et perspectives», les femmes du Mali se sont intéressées très particulièrement à la situation sécuritaire au Nord de notre pays et à son corollaire de morts, de veuves, d’orphelins, de réfugiés et de déplacés.
C’est ainsi que, dans l’après-midi du 6 mars, le CICB a abrité une rencontre organisée par les femmes du Cadre de concertations, d’échanges, de réflexions et d’analyses sur la question du Nord Mali, réunion qui avait pour objectif de mobiliser les Maliennes pour plus d’engagement dans la restauration de la paix et de la cohésion nationale et pour affirmer haut et fort leur attachement à l’intégrité territoriale du Mali.
A cette occasion, outre des symboles forts comme les slogans délivrés par trois intervenantes, l’hymne national entonné en chœur et le symbole du sein droit qui, comme le dira Mme le Premier ministre «est une bénédiction pour l’enfant qui fait bien et une malédiction pour celui qui transgresse les règles», la vingtaine d’organisatrices de l’évènement ont rédigé un «Cri du cœur des femmes du Mali». Ce texte, qui relève que toutes les Maliennes sont unies dans l’adversité face à «ces atrocités que rien ne saurait justifier», prône «une véritable implication des femmes dans le processus de  négociations et de médiation, pour une résolution définitive de la crise au Nord», condamne «avec la dernière rigueur le recours à la violence comme mode de revendication dans un contexte démocratique» et s’oppose «énergiquement à toutes formes de déclarations séparatistes, de violences, à l’ethnicisation de la problématique du développement et à tous les comportements perturbant la cohésion sociale, la quiétude et la tranquillité des paisibles citoyens».
Témoignage de l’importance de la cérémonie, la présence de Mme Cissé Mariam Kaidama Sidibé, Premier ministre, Chef du gouvernement et celles de Mme Dandara Touré, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et de Hamane Niang, son homologue de la Culture.
Le relais fut pris dès le lendemain par le REPSFECO Mali, qui anima une conférence-débat sur le thème «Rôle de la femme dans la prévention et la gestion des conflits: quel apport du Réseau paix et sécurité des femmes dans l’espace CEDEAO –  Mali (REPSFECO Mali)?». Présidée par Mme Togo Marie Yagalé Togo, Chef de Cabinet du MPFEF, représentant Mme la ministre empêchée, la rencontre a démarré par des présentations de Me Saran Kéita, Présidente du REPSFECO Mali, du Colonel Niaré Nana Traoré et d’Ousmane Sankaré, expert du PGPSP.
Marquant le lancement officiel des activités du REPSFECO Mali, la conférence se plaçait dans le contexte très particulier de ce 8 mars 2012, marqué par la résurgence d’une forme d’irrédentisme au Nord de notre pays et par des actes de guerre aux conséquences effroyables. «Sans les femmes, la paix ne reviendra pas. Leur implication dans la résolution de ce conflit est une nécessité absolue», dira Mme Togo dans son allocution, affirmant que se saisir de cet épineux dossier n’empêcherait aucunement les femmes d’avoir à l’esprit le thème retenu en cette année 2012 d’élections tous azimuts. Nous y reviendrons.
Ramata Diaouré

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