Folle journée à Bamako :Le départ d’ATT exigé…

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Après son discours du mercredi dernier, le Président ATT que l’opinion nationale et internationale attendait de calmer les esprits a raté son message. Et pour cause !

 

La marche avortée des femmes militaires de Kati sur le palais présidentiel mardi dernier qui a occasionné quelques blessés dans les rangs des manifestantes à en croire certaines sources non officielles, celle d’hier était donnée déterminante pour donner un message fort au locataire de Koulouba qui semble faire qu’à sa tête. Au même moment le gouvernement par l’entremise de son Ministre des Affaires Etrangères discutent à Alger avec les rebelles. Ce qui ne nous surprend pas après l’avoir dit dans notre dernière édition du lundi dernier. Le couper coller ne résout rien. Il faut en finir avec l’hydre rebelle.

Mercredi dernier notre équipe de reportage était en plein cœur des barricades sur l’axe Bamako-Kati  ( vers Samé) ainsi que Koulouba menant au plus grand camp militaire de l’Armée Nationale. En clair l’épicentre de nos vaillantes forces armées. Tout un symbole.

Bamako sous tension

Le discours d’ATT du mercredi soir juste après le match Mali-Botswana, a laissé plus d’un compatriote sur sa faim. Et pour cause, nos concitoyens qui s’attendaient à ce qu’il calme les esprits, a plutôt ravivé les rancœurs car tout le monde pensait que le Chef de l’Etat allait condamner avec fermeté les attaques rebelles et rassurer l’opinion que tous les moyens seront donnés à l’Armée afin qu’elle mette fin à l’insurrection armée dans le septentrion du pays. ATT s’est contenté de condamner les saccages des biens de compatriotes du nord surtout à Kati sans citer le nom de cette ville symbole. Un comportement qui a jeté de l’huile sur le feu et qui a encouragé les femmes militaires appuyées par tous les frustrés du régime vivant à Bamako et surtout les braves jeunes de l’association Appel du Mali d’Adama Coulibaly, ont bravé les forces de l’ordre aux portes de Koulouba. Le bilan à croire nos sources est lourd : des dégâts matériels ainsi que des blessés de part et d‘autre (manifestants et forces de l’ordre qui étaient obligé de battre en retraite face à la furia des mécontents). La colère des femmes militaires s’explique du fait que nos forces de sécurité et de défense ne sont pas dans toutes les conditions optimales de combattre l’ennemi qui semble-t-il aurait des complicités au plus haut sommet de l’Etat. Mieux, les femmes et les enfants que nous avons rencontrés à Kati exigent que le Commandement leur remette les corps de leurs époux, enfants décédés aux combats.

Pour le Président de l’APMA, M. Adama Coulibaly que nous avons joint par téléphone : «leurs éléments de concert avec les femmes militaires tous corps confondus sont  entrées dans le palais présidentiel. C’est le moment de maintenir la pression pour faire partir ce régime qui n’a plus rien à nous démontrer », a-t-il martelé.

Pour cette veuve d’un militaire tombé sur le champ de l’honneur : « ATT doit dire la vérité aux Maliens. Nous sommes fatigués par son jeu de cache-cache. Nous nous attendions à ce qu’il fasse la lumière sur le carnage d’Aguel’Hoc et ailleurs. Rien de tout cela ».

En tout cas, toute la journée d’hier, les principaux artères de la capitale : la route de Koulouba passant devant la mairie du District de Bamako, le Carrefour des Jeunes, Mairie du District de Bamako (incendié dans l’après midi), l’Assemblée Nationale (où les manifestants sont venus exprimer leur colère), le carrefour l’APCAM, donc de l’ORTM envahis par les manifestants qui ne reculaient pas devant les forces de l’ordre dont la plupart n’avaient pas la volonté de se battre contre des frères dont ils pensent qu’ils ont le droit de manifester.

Au paravent, les manifestants ont réussi à forcer la barrière des forces de l’ordre (Gendarmes et policiers) à Koulouba. Estimés à des centaines, ils ont incendiés l’unique station qui était sur leur route pour ensuite défoncer les portails du palais présidentiel presqu’escorté par quelques militaires. Au moment où nous bouclons cette édition, ils occupaient encore le jardin du palais de Koulouba. Sachant que la situation lui échappait, le régime renforça la garde de certains édifices tels que l’ORTM, le palais présidentiel. Une mesure préventive tout à fait normale.  En fait, il y a eu de véritables heurts entre manifestantes et forces de l’ordre qui a abouti à leur entrée dans le palais présidentiel. En tout cas, depuis le matin, elles occupaient les jardins. D’ailleurs, l’accès à Koulouba est difficile et en y essayant, les gravas et autres cocktails, des barricades, des pneus enflammés sont visibles ça et là. Cela dénote de la l’âpreté des affrontements.

La journée d’hier, est un sérieux avertissement pour le régime agonisant d’ATT dont la plupart de ses soutiens ont mystérieusement disparus dans la nature. Et dire qu’au moment où bouclons cette édition, Koulouba aurait entrepris des démarches avec les religieux afin qu’ils appellent au calme alors que curieusement, l’Armée quitte certaines positions telles qu’à Ménaka. D’autres sources qui restent à vérifier parlent aussi de Kidal dont les rebelles menacent d’attaquer le weekend. Donc la politique de harcèlement de nos forces de sécurité et de défense se poursuit. Ce qui arrange le régime en place qui n’aura d’autres solutions que de décréter l’état d’urgence et de décaler les élections générales prévues cette année. D’où le projet de deux ans à défaut d’un troisième mandat susurre certaines sources même si les habitués du palais disent le contraire.

On est en droit de se demander à quoi jouent ATT et ses Officiers ?

Le Mali mérite-t-il ce sort ? Ceux quoi combattent nos forces armées et de défense sont-ils plus maliens que les autres ?

Les biens de quelques individus saccagés en quelques heures valent-ils mieux que la vie de nos vaillants soldats tués là-bas et dont les rebelles font exprès d’exhiber leurs corps sur « Face book » ?

Sachant la gravité de la situation, l’ambassade de France au Mali avait déjà averti ses ressortissants des mouvements d’humeur d’hier et les inviter à limiter leurs déplacements. L’école française « Liberté A » a été fermée, les enfants contraint de rester à la maison.

Au regard de la folle journée d’hier où de Kati à Bamako, les commerces, les écoles ont été fermé ainsi que les banques et  où les manifestants exigeaient des usagés de se désolidariser du régime d’ATT, la journée d’aujourd’hui risque d’être déterminante si le locataire de Koulouba ne prend pas des mesures rigoureuses contre la rébellion en donnant des moyens conséquents à l’Armée sur le terrain.

Bokari Dicko

 

 

 

 


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