Forum économique mondial : Comment accélérer la transformation de l’Afrique ?

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Birama Konare
Birama Konare

La capitale nigériane a vibré au rythme du très célèbre Forum économique mondial sur l’Afrique. Les thèmes abordés dans les différents discours plaident ardemment en faveur d’une Afrique résolument affranchie des liens du sous-développement. Parmi lespanélistes, Birama Konaré a porté la voix des Global Shapers et de tous les jeunes. Il a abordé avec précision les maux dont le continent souffre. Ils ont pour noms : injustice sociale, insécurité, problèmes de gouvernance, famine, terrorisme…

Les rideaux sont tombés vendredi sur le très célèbre Forum économique mondial. Cette année, la communauté mondiale s’est invitée à Abuja pour débattre principalement de l’Afrique. Il a été question de « comment accélérer la transformation du continent Africain ? »

Des discours annonciateurs d’une Afrique émergente
L’accélération de la transformation du continent a nécessité pour le forum la tenue d’un agenda qui se projette jusqu’à 2063. L’ultime ambition de faire de l’Afriqueun continent« prospère et uni, fondé sur des valeurs communes et un destin commun », est toute tracée.

Comment donc les dirigeants et les citoyens de l’Afrique sauront-ils traduirecette vision dans les actes ?
Au nombre des intervenants qui ont tour à tour édifié leur vision de l’émergence de l’Afrique, il faut citer le sous-secrétaire général et secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) à Addis-Abeba, Carlos Lopes, le Ministre des Finances du Nigéria, Madame Ngozi Okonjo-Iweala, le Président Directeur Général de Unilever, M. Paul Polmanle premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan ainsi que le président sénégalais MackySall, Diplômé en géophysique, sciences de l’Earth Institute (Dakar) puis de l’École nationale supérieure du Pétrole et des Moteurs à l’Institut français du Pétrole (Paris). Opportunité que l’ingénieur géologue a saisie avec brio en livrant une approche partagée de l’Afrique.

Les séances plénières ont sensibilisé l’opinion mondiale et fourni un aperçu stratégique destendances et thèmes importants. La plupart des interventions ont été sanctionnées par des débats, dialogues et échanges entre panélistes et participants sur des questions de développement durable, d’éducation, de santé…
Les jeunes à l’honneur
La rencontre d’Abuja a fait la part belle aux jeunes. La jeunesse africaine, qui a apporté des contributionsde haut niveau, a eu droit à la parole à Abuja. Les Global Shapers, une organisation de jeunes qui se bat à l’échelle mondiale pour améliorer la situation des populations autour d’elle, a saisi cette formidable opportunité pour partager sa vision d’une Afrique résolument tournée vers l’intégration des peuples, gage du développement.

Le représentant du Hub de Bamako, Birama Konaré, fondateur et directeur général de Binthily Communication (Mali), écrivain de son état, a, à son actif, plusieurs livres dont le tout premier – intitulé Koulouba, la Colline sur la tête – a été publié en 2003. En 2010 il publie un deuxième livre, Les marguerites ne poussent pas dans le désert…Son dernier ouvrage, L’Afrique plumée, chroniques d’un continent en détresse, brosse à grands traits un portrait virevoltant et sans concession d’une Afrique qui perd ses plumes, quand elle a tout pour réussir.

Tout d’abord, le représentant des jeunes s’est interrogé : « Pourquoi l’Afrique a encore du mal à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et la paix. » En effet, dit-il, plusieurs pays africains, à l’instar du Mali, de la Centrafrique et du Soudan, continuent de connaître l’instabilité. « Les armes ne constituent nullement la solution. La seule option qui vaille est le dialogue », conseille-t-il. Il se dit particulièrement choqué par « le comportement des industries minières dans nos pays. Les grandes industries ont besoin de comprendre qu’elles doivent payer des impôts aux gouvernements locaux ».Il exhorte les États à exiger d’elles la mise en place de fondations qui investissent dans la culture, la santé, l’éducation…

Citant les présidents Paul Kagamé du Rwanda, Joyce Banda (Zambie) et le Ministre des Finances du Nigéria comme les modèles du type de leaders voulu par l’Afrique, Birama Konaré explique queles économies africaines, sont sur une trajectoire de croissance. Il dit être fier de jeunes gens comme Verone Mankou, du Congo, qui a créé un smartphonebon marchépour les Africains.

Afin d’accélérer la transformation du continent et une croissance économique dans toute l’Afrique, il y a lieu de développer le commerce intérieur via les infrastructures routières et ferroviaires. « Nous devons ouvrir les frontières et laisser les Africains commercer entre eux. Toutes choses qui développeront le commerce intérieur. »

Les séquelles du putsch

A son retour du Nigéria, nous avons davantage parléavec Birama Konaréde la transformation du continent Africain. Le coup d’État du 22 mars 2012 et l’occupation des djihadistes sont revenus. « J’ai vu combien il a affecté ma vie de chef d’entreprise. Beaucoup d’investisseurs ont quitté le Mali. Il n’était pas rassurant de rester au Mali. Puis, je me suis demandé ce que ma génération aurait fait pour empêcher ce putsch. Pas grand-chose ! Depuis ce temps, j’ai réalisé que c’étaitun devoir de participer à la vie politique. » Ce vœu, M. Konaré l’a matérialisé en prenant part à la création d’un vaste mouvement dénommé Plus jamais ça ! Cette organisation a, en 2012,formé une chaîne humaine sur le boulevard de l’Indépendance à Bamakopour montrer sa solidarité aux habitants duNord du Mali. Elle forme aussi les jeunes pour devenir de meilleurs citoyens.

Dans un continent où il ya beaucoup de problèmes de mauvaise gouvernance, « les citoyens doivent obliger l’élite politique à gouverner dans un esprit de transparence et d’équité », affirme-t-il.

Sur le plan de l’Éducation en Afrique, Birama Konaré estimeque « nous devons penser à la fois la quantité et la qualité. Nous avons certainement besoin d’écoles, de bibliothèques dans nos villes et d’avoir accès aux nouvelles technologies de l’information… Nous avons besoin de plus de personnel enseignant. »

Concernantl’emploi, Birama Konaré a laissé entendre que l’Afrique devait réfléchir àl’adéquation entre l’offre et la demande. Au Mali, dit-il, « tout le monde veut devenir avocat quand bien même nous avons le vivier de l’industrie minière où tous les grands ingénieurs nous viennent d’Australie, du Canada, deNouvelle-Zélande… L’Afrique doit former ses fils à satisfaire les besoins locaux. »

M. Konaré prône la création d’une université unique pour l’Afrique où l’éducationsoitnormalisée dans tous les pays africains, tout comme le système de crédit en Amérique. Et d’ajouter que cela faciliterait l’apprentissage interculturel…

« Si nous nous couchons, nous sommes morts », Joseph Ki Zerbo
Birama Konaré indique que le pire pour sa génération  serait d’être pessimiste quand il s’agit de l’Afrique. Il incite les jeunes à penser à toutes les énergies positives, ajoutant « Agissons afin de construire une Afrique pacifique et réussie. J’espère que ce millénaire apportera la joie et l’espoir à tous les peuples de la terre et en particulier aux plus démunis. »

Par David Dembélé

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