Faut-il vraiment en vouloir au Ministre français de l’Intérieur, Monsieur Nicolas Sarkozy ?

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De plus en plus de voix s’élèvent en Afrique, principalement au Mali, contre le Ministre français de l’Intérieur connu pour son hostilité à l’immigration clandestine. Récemment nous avons même assisté à une marche de protestation contre son arrivée à Bamako, marche, on s’en souvient, organisée à l’initiative du Collectif des Députés de Kayes. De même il se passe rarement des jours sans qu’on entende au moins un groupe de jeunes ou d’adultes Maliens proférées des injures, parfois même graves contre lui. Et même des grands ne résistent pas à la tentation de l’insulter. On se rappelle Madame Aminata Dramane Traoré le traiter d’ignorant de l’histoire de son pays sur les antennes de RFI.

Mais faut-il vraiment en vouloir au Ministre Nicolas Sarkozy ?

         On pourrait à souhait invoquer les relations historiques voire géographiques liant la France à l’Afrique. Mais « La France n’a pas d’amis. Elle a des intérêts » disait déjà le Général De Gaulle. La mort du Général n’a pratiquement rien changé à cette donne de la France. Et honnêtement, un Etat peut-il se donner le luxe d’être l’ami d’un autre pour le simple plaisir de l’être ? « Nia dji yé bò la tònò lé fè (« C’est par le profit que les larmes dégoulinent »), nous dit la super star Ami Koïta de la musique malienne. Evidemment les Etats africains qui n’ont à rendre compte d’aucun de leurs forfaits économiques, politiques, sociaux, culturels ou civils peuvent se permettre tous les luxes, y compris celui de tisser des relations gratuites avec tous les Etats du monde mais pas la France qui a une société civile désintéressée et donc exigeante. Et, à mon humble sens, le Ministre Sarkozy n’a jamais agi dans le sens contraire des intérêts de la France sinon il serait déjà désavoué comme l’ont été ceux qui l’ont tenté avant lui. Le Ministre de l’intérieur est même candidat aux prochaines présidentielles françaises. Ce qui est lourd de sous-entendus, pas forcément malveillants d’ailleurs, car la France n’est pas le Mali où même les oiseaux  peuvent prétendre à Koulouba.

          De même quel pays du monde peut passivement assister à son envahissement ? La Côte d’Ivoire du Sage Félix Houphouët Boigny aux temps forts du rassemblement africain a bien dit qu’elle ne sera la vache laitière d’aucun pays africain. La  Libye du fédérateur Mohamar Khadaffi a bien chassé des Maliens, et à plusieurs reprises, on s’en souvient très bien. La Côte d’Ivoire a expulsé les Burkinabè de chez elle. Aucun pays du monde ne peut se laisser envahir volontiers. La restriction à l’immigration n’a pas d’autre sens. Et ce n’est pas pour rien que les lois restrictives à l’immigration émanent de tout l’espace européen. L’Europe elle-même a dû être victime des lois restrictives nord américaines en 1882 et en 1907. Ces lois devinrent plus sévères à partir de 1917. Après avoir réglementé l’immigration, a dû fermer, et avec quelle brutalité, sa porte aux Chinois et aux Nippons qui, poussés par la nécessité de vivre, prenaient sans cesse d’assaut les côtes Californiennes.

           Et puis les lois restrictives françaises n’ont pas commencé par celles du Ministre Sarkozy. On se souvient de celles des années 30 : en 1932 une fixe des quotas d’étrangers dans les entreprises ; en 1934, les nouveaux migrants n’ont plus droit à la carte de séjour ; en 1935, la France expulse les chômeurs étrangers. Carrément. En 1936, il y a moins de 500 000 étrangers de moins qu’en 1931 : « En fait, une nouvelle politique d’immigration suggère une sélection des étrangers en fonction de leur «utilité économique » et de leur « degré d’assimilabilité »… », nous apprend Emmanuel Vaillant.

      Si pendant les « trente glorieuses » la France connaît une forte immigration, surtout maghrébine, la crise économique du début des années 70 lui fait revoir encore sa politique d’immigration. Le 3 juillet 1974, la France de son Excellence Valéry Giscard d’Estaing prend la décision souveraine de « suspendre provisoirement l’immigration » et finit par mettre en place de politiques d’aide aux retours, politiques qui, d’abord fondées sur le volontariat, s’opéreront ensuite par la force entre 1977 et 1981. Si l’accession au pouvoir du Président François Mitterrand a adouci les politiques d’immigration de 1981 à 1985, les lois deviennent plus restrictives : l’attribution de la carte de résident est limitée. Et depuis 1993, les politiques d’immigration se durcissent chaque jour que fait le Bon Dieu. Que voulez-vous ? La France a elle-même ses problèmes à gérer et comme le reconnaît le Ministre Sarkozy : « Nous ne pouvons plus accueillir sur notre territoire des femmes et des hommes dont nous n’avons pas les moyens de garantir la dignité ». Et puis, il faut le dire, l’Afrique ne va quand même pas sa vie à fabriquer des déchets humains et les déverser sur d’autres pays. Car, à vrai dire, les Africains qui vont pour l’Europe ne peuvent être pour celle-ci que des déchets d’autant qu’ils ne savent ni lire ni écrire et ne disposent donc d’aucune formation digne de ce nom. Que vont-ils y faire à part chômer ? Et qu’est-ce qu’un chômeur, de surcroît étranger sinon un déchet ? Au nom de quoi ces pays sont tenus de se laisser envahir par des déchets humains qui sont loin d’être des leurs ? Et si c’était aussi facile d’intégrer ces gens dans le monde du travail comme tentent de nous faire croire certains pourquoi l’Afrique tarde-t-elle à le faire elle-même, leur génitrice ?

  Evidemment, il est plus facile de s’en prendre au Ministre français Nicolas Sarkozy, aux lois restrictives à l’immigration et donc à la France que de se poser les vraies questions. 

 Hawa DIALLO


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