Migration irrégulière : La 4ème campagne d’information et de sensibilisation lancée

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Le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, le Dr Badara Aliou Macalou, a procédé au lancement de la Campagne nationale d’information et de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière 2011. C’était dans la matinée du samedi 17 décembre sur le terrain Sakaly de Médina Coura.

Comme à l’accoutumée, le lancement de la campagne annuelle d’information et de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière a donné lieu à une très grande manifestation, à laquelle ont participé activement, toutes les communautés et associations de migrants vivant au Mali. Cette 4ème édition n’a pas dérogé à la tradition et ses activités se sont ouvertes sur une animation musicale et un sketch très applaudi.

Dans son allocution, le ministre Badara Aliou Macaloua déploré le fait qu’un grand nombre d’émigrants irréguliers meurent chaque année dans leurs tentatives de traverser les frontières terrestres et maritimes. Avant d’indiquer que la migration irrégulière met en danger le bien-être et les vies des migrants et cause d’énormes préjudices matériels et moraux à leurs familles. Il a ensuite fustigé les passeurs, bien implantés, qui profitent de cette situation, aussi bien dans les pays d’origine que dans les pays d’accueil.

Les migrants, victimes de passeurs peu scrupuleux, a-t-il souligné, ne sont pas toujours conscients du caractère irrégulier de leur situation et des conditions d’entrée strictes dans les pays d’accueil. Dans la plupart des cas, les irréguliers employés clandestinement sont traités et exploités de manière inhumaine et dégradante, et subissent une violation flagrante de leurs droits. Et le ministre de souligner que la migration irrégulière fait perdre beaucoup d’argent aux parents, sans garantie d’arriver à destination, appauvrit davantage les familles et entraîne, en outre, une perte importante des ressources humaines pour le pays. C’est, selon lui, la raison pour laquelle, le Gouvernement, à travers le Ministère des Maliens de l’Extérieur, organise chaque année une campagne nationale d’information et de sensibilisation, en vue de d’alerter notre jeunesse sur les conséquences négatives de la migration irrégulière.

Déjà, l’impact des éditions passées se fait sentir, par les besoins d’information exprimés par les migrants potentiels, la diminution des grandes vagues de reconduites aux frontières et les sollicitations pour la pérennisation de l’activité. Cependant, la consolidation des acquis passe par le développement des zones de départ des migrants et la résolution de la crise environnementale.

Au menu des activités de lancement de cette 4ème édition, qui se sont étalées sur deux jours, la journée portes ouvertes du Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM), des danses folkloriques, un défilé des communautés et des associations de migrants, des sketches, un don de sang  par les communautés et l’assainissement du Centre de santé de référence de la Commune V, une conférence-débat sur la libre circulation des personnes dans l’espace UEMOA, la dégustation de mets africains, de la lutte traditionnelle et un match de football entre le ministère des Maliens de l’Extérieur et les communautés de migrants, au Stade Ouezzin Coulibaly.

Pierre Fo’o Medjo

 

Journée internationale des migrants : Aminata Dramane Traoré dénonce les lois sur les migrants

Les migrants, du fait des lois les régissant dans les pays d’accueil, vivent dans des conditions souvent très difficiles.  Pour dénoncer cette situation, Aminata Dramane Traoré et le RENAPESS ont organisé, le mercredi 14 décembre au restaurant Santoro, une nuit de solidarité avec les migrants.

Cette soirée, animée par des artistes, entrait dans le cadre de la Journée internationale des migrants, célébrée chaque 18 décembre. Elle a permis aux artistes et militants de la cause des migrants, de dénoncer, d’une part, le sort réservé à ces migrants après les révolutions dans certains pays arabes et de l’autre, les modalités de gestion des flux migratoires dans d’autres pays d’accueil, comme l’Italie.

Comme pour dire que la gestion de la migration ne saurait échapper à la question des droits de l’homme. D’ailleurs, un des objectifs de la politique nationale de migration, en cours de finalisation, prend en compte la protection et la sécurisation des migrants et le respect de leur droit.  Faut-il le rappeler, les évolutions récentes dans certains pays se sont traduites par un retour massif de nos compatriotes et des fois aussi par un traitement inhumain, pour ceux d’entre eux restés dans des pays en crise.

Profitant de cette cérémonie, Aminata Dramane Traoré émis des soucis pour la démocratie malienne, au moment où le pays s’apprête à organiser des élections générales. Selon elle, les crises nées de cette émigration en Occident sont les conséquences d’un échec des politiques de développement dans les pays de départ.  L’ancienne ministre a aussi fustigé le traitement réservé à nos migrants. Pour Aminata Dramane Traoré, personne ne peut rester indifférent de tout ce qui se produit sur les chemins de l’Occident. Elle donc invité les artistes à critiquer ce qu’elle qualifie de «nouvel ordre imposé».

A signaler que depuis 6 ans, le RENAPESS, organisation de femmes, se bat pour dénoncer le traitement discriminatoire des migrants. La cérémonie a enregistré la présence de nombreux défenseurs des droits de l’homme, au premier rang desquels on peut citer les avocats Me Abdoulaye Sangaré et Mamadou Gakou.

Yaya Samaké  

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