Insécurité à Bamako / Recrudescence de la criminalité en veille de fin d’année

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A l’approche des fêtes de fin d’année, la situation sécuritaire à Bamako est particulièrement marquée par la recrudescence des actes de banditisme, vols, agressions. Ce constat vient ainsi mettre en lumière la situation de crise qui touche les Maliens confrontés tant au chômage, à la pauvreté qu’à la criminalité qui ne cesse d’augmenter.

A Bamako, une recrudescence des vols à main armée et de braquages inquiète la population depuis quelques mois. De nombreuses personnes ont été victimes d’actes criminels du début novembre à nos jours dans la capitale. En outre, une augmentation des vols dans les marchés a été observée ces deux derniers mois. La population désemparée a fait un retour à l’article 320, c’est-à-dire le ‘’brûler vif’’. Ainsi en une semaine, deux voleurs ont été lynchés à Bamako l’un, à Hamdallaye pour braquage et l’autre a été brûlé à Sabalibougou. Beaucoup d’observateurs attribuent situation aux préparatifs des fêtes de fin d’année. Selon Mr Coulibaly, mécanicien, ces vols sont essentiellement perpétrés par des jeunes chômeurs voulant célébrer la fête de fin d’année.

A ses dires c’est la pauvreté qui les pousse à œuvrer ainsi car n’ayant d’autres moyens pour subvenir à leurs besoins. Il a donné l’exemple d’une de ses connaissances qui n’a eu d’autre idée que d’aller voler un téléphone portable pour pouvoir payer sa cotisation pour la fête. Mais contrairement à Mr Coulibaly, le vieux Sissoko pense plutôt à la fainéantise et la lâcheté des jeunes d’aujourd’hui. Il soutient que la jeunesse d’aujourd’hui n’aime pas travailler et veut tout avoir sans fournir d’efforts. Il reconnait certes que le taux de chômage est élevé et que la pauvreté s’accentue de jour en jour, mais selon lui si les jeunes montraient plus de volonté, ils allaient trouver une solution. « Le vol est l’acte le plus humiliant pour la dignité humaine » a-t-il conclu. Les avis divergent mais le constat est unique : chaque année à la même période les mêmes faits se répètent.

Que font donc les forces de sécurité pour contrer ces actes ?               

A cette question les éléments du commissariat du 13e arrondissement de Bamako affirment que des patrouilles mixtes de divers commissariats sont mises en place pour couvrir largement la capitale et surtout les zones de criminalité telles que certains quartiers de la commune 6 et de la commune 1. Ces patrouilles sortent depuis 22h et ne reviennent qu’à l’aube. Mais plusieurs policiers reconnaissent que par manque de moyens financiers et matériels adéquats ces sorties tardent souvent ou ne sont pas effectuées régulièrement.

Ils disent qu’ils sont en situation de faiblesse et mettent leur vie en danger face à des bandits qui sont plus armés qu’eux et qui n’hésiteront pas à attaquer. L’un d’eux accorde cette criminalité à la défaillance du système judiciaire malien. « Les bandits n’ont pas peur de la justice car comme ils le disent c’est l’argent qui gère tout au tribunal », a- t-il dit. La plupart des délits sont commis par des récidivistes qui, on ne sait par quelle magie, se défont des mailles de la justice. Force est de reconnaitre que la pauvreté est l’une des causes majeures de cette criminalité. Les jeunes n’ont pas accès à un système éducatif adéquat et ceux qui ont la chance d’étudier jusqu’en fin de cycle ont de la peine à trouver un emploi. Les petits jobs sont effectués par les ruraux venus dans la capitale pour aider les parents restés au village. Le coût de la vie devient de plus en plus cher et pour faire face à ça, les jeunes ont choisi d’emprunter la voie du banditisme pour se frayer une place dans ce monde où désormais la loi du plus fort est toujours la meilleure.             

  Adiaratou Sangaré

 

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