Jardin de femme : Attention aux conversations publiques

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Les potins sont le propre des femmes dans notre société actuelle en pertes de repères. L’intérieur des Sotramas, sont confondus à des salons feutrés pour certaines personnes pour débattre de leurs problèmes familiaux sans  se soucier des oreilles indiscrètes. Une situation qui a coûté chère à Mariam.

 

Cette histoire s’est déroulée dans une Sotrama   sur la ligne « Raida_Lafiabougou », c’est-à-dire du centre ville de Bamako vers un quartier de la commune IV du district. Une femme qui retrouve sa copine dans un transport en commun  et se met à étaler sa vie conjugale en se moquant  de son conjoint  devant de nombreuses personnes sans se rendre compte qu’une de ses belles-sœurs était spectatrice de son show.

 

C’était un jeudi en fin d’après midi,  Mariam comme l’a appelée une jeune dame dans le véhicule,  est âgée d’environ une trentaine années. Depuis son entrée dans le véhicule, la nommée Mariam  semblait très volubile. Une loquace qui s’est décuplée à l’entrée d’une nouvelle passagère, sa voisine de quartier. Cette dernière s’est  assise à côté d’elle sur le  banc du véhicule. Après les salamalecs habituels, la voisine demanda à Mariam les nouvelles de son mari et de sa belle-mère. De la manière dont cette dernière a réagit, on pouvait deviner que Mariam entretenait avec sa belle –mère une relation tendue. Elle pouffa de rire en qualifiant sa belle mère d’un nom qui n’a pas manqué de créer de la gêne au sein du véhicule. Mais Mariam  n’entendait  pas en rester là, aussitôt  elle engagea la discussion avec son amie. Elle lui racontait comment son mari était à ses pieds  comme un toutou Fidel. « Eh c’est très clair chez nous, j’ai vite appris à cette sorcière que c’est moi qui fait la loi dans le foyer de son fils », s’exclama –elle dans un  fou rire sans se soucier du regard réprimant des certains passagers, qui voulait apparemment qu’elle se taise, mais c’était sans compter sur sa voisine assise à ses  côtés.  Elle voulait être servie en ragot, aussi cette dernière  alimentait la conversation, elle voulait plus de détail sur la relation de couple de Mariam. Toute fière, Mariam lança  qu’elle avait fait mettre sa belle-mère à la porte : « Je l’ai mis dehors après notre dernière dispute, tu sais ce  sont ses filles qui la montent contre moi, mais ce qu’elle oublie c’est que son fils ne peut rien me refuser ; Tchtié je l’ai sous mon oreiller, toi aussi ! kadia tu fais comme si tu ne me connaissais pas.  Rappelles toi comment je me suis mariée, suis-je du Mandé ou pas? », Poursuivait cette étrange passagère qui était parvenue à instaurer  pour de bon une atmosphère de malaise dans le véhicule. Soudain, à  la grande surprise de tous, une autre voix s’éleva dans le fond du véhicule en hurlant ceci : « le fer coupe le fer  espèce de traînée va ! … », il s’agissait d’une dame la quarantaine révolue qui tenait un jeune enfant dans ses bras. Jusque là elle n’avait pas placé un mot mais ses yeux fulminaient.  Elle  s’était mise à lancer  des insanités à Mariam, notre passagère volubile. Qui,  tout d’un coup semblait avoir perdu la langue, elle était surprise et gênée à la fois. La dame répondue à l’interrogation des passagers qu’elle était  la sœur du mari de Mariam. « Je suis la première fille de la sorcière décrite par cette mégère ; la sœur du lâche présenté par cette chipie. Mais je jure sur les deux seins de la mère qu’elle va être divorcée par mon frère», criait la dame.

 

Les échanges continuaient entre les deux belles-sœurs qui se lançaient des insultes. Les passagers essayaient tant bien que mal à calmer la situation. Mais une chose semblait être sûre c’est que Mariam allait passer une mauvaise soirée, son regard déconfit l’annonçait. En effet, il est très important de faire attention aux oreilles indiscrètes et à ce que l’on dit en public car on ne  sait pas vraiment qui nous écoute ou pas.

Amita /Maliweb 

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