L’affaire Ras Bath, au-delà des passions…

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PRÉALABLES:

– Article 4 de la constitution de la République du Mali du 25 février 1992: ” Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’EXPRESSION et de création dans le respect de la loi.”

– “NULLUM CRIMEN, NULLA POENA SINE LEGE” Principe de la légalité en droit Pénal (il n’y a pas d’infraction ni de peine sans texte).

L’arrestation du leader d’opinion RAS BATH tel qu’il se définit, a été le fait générateur d’un déferlement de violences dans la ville de Bamako, ayant entraîné mort d’homme, des blessés et des dégâts matériels conséquents;

Cette affaire est révélatrice d’un profond malaise social sur fond de crises:

– Sociale (chômage massif des jeunes)

– Économique,

– Sécuritaire avec la situation du Nord du pays qui prend tout le reste du pays en otage,
– Gouvernance de plus en plus contestée et on peut y ajouter l’opération récente du gouvernorat du district de Bamako avec les démolitions déguerpissements des constructions sur les voies publiques;

La situation actuelle du Mali ressemble à un volcan social en ébullition: c’est la fracture morale et sociale entre la classe politique et le peuple des masses laborieuses, c’est la corruption généralisée érigée en norme, c’est le népotisme, les détournements de fonds publics, l’affairisme, les trafics d’influence, le favoritisme de ceux qui ont pris des armes contre la République, cest le sentiment d’injustice qui dévore, c’est l’absence de visibilité et de cap de l’action gouvernementale qui exaspère, c’est le prix des denrées de 1ère nécessité qui sont hors de portée de 90% de nos concitoyens, c’est nos structures sanitaires qui deviennent des mouroirs faute de soins de qualité ou même de l’impossibilité pour des millions de maliens de pouvoir y accéder, c’est situation de l’école de la République qui est en déliquescence;

La dangerosité de la situation ce n’est pas tant ce que nous vivons à présent, mais c’est l’absence de perspective pour réaliser son rêve, son désir d’avenir et l’autorité n’ignore rien de cette situation de désespérance!

TOUT ÇA POUR ÇA…

Pourrait-on dire car nous avons appris que RAS BATH a été remis en liberté jeudi soir;
Entre temps il y eut mort d’homme, des blessés, des dégâts matériels importants, une juridiction saccagée, des forces de l’ordre qui ont fait usage de balles réelles contre les manifestants bien déterminés;
Tout porte à croire, selon les différents éléments d’information qu’il y eut un cafouillage, une mauvaise communication qui ont entouré cette affaire:

– Il a été question dans un premier temps d’une plainte du prêcheur Bandiougou Doumbia contre RAS BATH, avant que les propos du procureur ne viennent apporter un démenti clair en ces termes:

” Depuis quelque temps, on a remarqué que Monsieur Bathily s’adonne à des déclarations qui offenser la pudeur et qui heurtent le sentiment national. C’est pour cette raison qu’il a été interpellé et gardé à vue.”

” Quand vous entendez des déclarations et des propos qui sont de nature à démoraliser nos troupes, ceux qui sont là pour la protection de la société, qui sont là pour la défense de l’État, qui sont là pour la défense de notre pays, de nos frontières, il est inadmissible de laisser passer de tels propos. Il n’est pas poursuivi pour des délits de presse, il est poursuivi pour des délits de droit commun.”

Sous-entendu, l’affaire est liée forcément aux propos de Ras BATH par rapport à l’armée si l’on s’en tient à la déclaration du procureur qui parle de délits; Il est clair à partir de ce qui précède, que c’est le ministère public qui a déclenché l’action pénale dans cette affaire.

Des zones d’ombre subsistent lorsque nous apprenons que le détenu Ras Bath ne se trouvait même pas au niveau de la juridiction qui a été le point focal du rassemblement des manifestants et de cette déferlante de violences y relatives;

L’attitude incompréhensible et inadmissible des forces de l’ordre qui ont tiré sur les manifestants à balles réelles, ce qui pose avec acuité le problème du maintien d’ordre après les évènements de Gao, et des échauffourées lors des opérations de déguerpissements des voies publiques;

DOMMAGE, REGRETTABLE, CONDAMNABLE que des jeunes soient fauchés dans leurs vies et tombent sous les balles des forces de l’ordre en République du Mali!!!

Oui à la liberté d’EXPRESSION qui ne doit pas être confondue avec l’INJURE, oui au respect de la loi, des DROITS et des DEVOIRS pour tous dans un État de droit qui applique la règle à tous en équité et en égalité car NUL N’EST AU DESSUS DE LA LOI!

En ce vendredi saint de prières, ALLAH KA JAMANA KISSI, paix à l’âme du jeune décédé, prompt rétablissement aux blessés.

Sory Ibrahim Sakho

 

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1 commentaire

  1. A la fin, vous me faites pitié Monsieur le journaliste. vous le savez comme moi, la liberté de tout un chacun s’arrête là où commence celle de l’autre. ce n’est pas parce que nous parlons de liberté d’expression qu’un simple animateur de radio se permettra de sortir des inepties et sur n’importe qui. Ce pays est vraiment devenu un foutoir.

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