Mali: les magistrats de retour au travail, les enseignants du Nord en grève

0
Les enseignants du nord du Mali réclament une prime de risque en raison de la menace terroriste dans la région. Ici, dans une rue de Gao le 21 février 2013. (Photo d'illustration)
Les enseignants du nord du Mali réclament une prime de risque en raison de la menace terroriste dans la région. Ici, dans une rue de Gao le 21 février 2013. (Photo d'illustration) © REUTERS/Joe Penney

Tandis que les magistrats maliens reprennent le chemin des tribunaux depuis lundi 13 février, les enseignants du nord du pays ont eux entamé un mouvement de grève le même jour, pour réclamer des primes de risque face au terrorisme islamiste et au banditisme.

Le mouvement de grève des enseignants du nord du Mali concerne les rĂ©gions de Gao, Tombouctou, Kidal, MĂ©naka et Taoudeni. Ce n’est pas le premier, puisqu’ils avaient dĂ©jĂ  cessĂ© le travail lors de la rentrĂ©e scolaire et lors des examens le mois dernier.

Ce nouveau mouvement de grève illimitĂ© porte les mĂŞmes revendications : l’intĂ©gration d’enseignants contractuels dans la fonction publique, l’indemnisation des enseignants restĂ©s dans le Nord pendant l’occupation djihadiste en 2012, et surtout l’augmentation de la prime de zone, spĂ©cifique aux rĂ©gions du Nord, actuellement fixĂ©e Ă  15 000 FCFA.

« Cette annĂ©e, compte tenu de l’Ă©volution de la situation sĂ©curitaire, on demande 150 000 francs CFA, revendique Mohamed Ag Issa, porte-parole du Collectif des syndicats de l’Ă©ducation des rĂ©gions du Nord. Quand mĂŞme nous sommes des reprĂ©sentants de l’Etat, … aujourd’hui malheureusement, il y a des services [de l’Etat] qui ne sont pas rentrĂ©s, parce qu’il y a de l’insĂ©curitĂ© ! En ville, il n’y a de sĂ©curitĂ© nulle part, mais nous pensons aussi aux zones de brousse. Nous sommes des laissĂ©s pour compte »

De source acadĂ©mique, le mouvement de grève est plutĂ´t bien suivi. Au ministère de l’Education, on rappelle que des discussions ont Ă©tĂ© engagĂ©es et que des concessions ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© faites, notamment en termes d’Ă©volution de carrière. Et qu’il appartient dorĂ©navant aux autoritĂ©s rĂ©gionales dĂ©centralisĂ©es de rĂ©gler le problème.

Reprise dans les tribunaux

Après un mois de grève qui a totalement paralysĂ© l’appareil judiciaire malien, les magistrats ont obtenu satisfaction et dĂ©cidĂ© de reprendre le travail lundi 13 fĂ©vrier. Mais il n’y a rĂ©ellement eu dĂ©but de reprise que le lendemain.

Il y avait foule mardi 14 février dans la salle d’accueil du tribunal de la commune 5 de Bamako, comme cette dame venue chercher un acte de mariage, sourire aux lèvres, contente que la grève soit enfin terminée.

A côté d’elle, une étudiante. Depuis un mois, à cause de la grève, impossible pour elle d’obtenir un document important pour constituer un dossier pour le concours de la fonction publique. Aujourd’hui, elle est satisfaite : « Je suis venue chercher mon certificat de nationalité et j’ai trouvé ce que je voulais ».

A l’étage du bâtiment qui abrite le tribunal, le procureur de la République Souleymane Doumbia explique à RFI comment il envisage la reprise des audiences : « On doit se réunir peut-être d’ici la fin de la journée de [ce mardi] pour voir comment reprendre maintenant le rôle des audiences, surtout le cas de ceux qui sont en détention. Nous comptons organiser des audiences extraordinaires pour statuer rapidement sur ces cas-là ».

Il faut sûrement encore plusieurs jours pour relancer ici véritablement la machine judiciaire, après un mois de grève.

Par RFI Publié le 15-02-2017

PARTAGER

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here