Procès Aya SANOGO et coaccusés à Sikasso: vent de panique sur la défense

La Cour d’assises de Bamako, en transport à Sikasso, qui a débuté, hier mercredi, dans la salle Lamissa BENBALY, a été suspendue, dès sa reprise, et devrait être reprise demain matin.

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Procès Aya SANOGO et coaccusés à Sikasso: vent de panique sur la défense

La Cour d’assises de Bamako, en transport à Sikasso, qui a débuté, le mercredi, dans la salle Lamissa BENBALY, a été suspendue, dès sa reprise, et devrait être reprise demain matin. Il en a été ainsi à la demande des avocats de la défense, pour soutiennent-ils, communiquer avec leurs clients qui étaient « éparpillés », à travers le pays. Telle est la marque procédurière de ce procès qui s’annonce retentissant dont les aspects organisationnels, il faut le dire, étaient satisfaisants (numérotation des chaises et des badges d’accès à la salle…). Les accusés, à l’image d’Amadou Haya SANOGO, étaient plus détendus à la barre, sereins. Les dispositions sécuritaires étaient impeccables à l’intérieur et tout aux alentours de la salle d’audience. Les partenaires du général Haya, habillés en tee-shirts frappés de l’effigie de leur idole, n’ont pas été autorisés dans la salle…

9h 20 ! La salle d’audience, prise d’assaut par une foule compacte, est archicomble. La Cour, composée de Mahamadou BERTHE, président ; Boureima GARIKO, conseiller ; de Taïcha MAIGA, conseiller, y fait son entrée. L’audience, tant attendue, peut bel et bien démarrer. Elle commence par l’introduction du président du tribunal, suivie de la prestation de serment des 6 assesseurs (4 titulaires et 2 suppléants). Ce n’est qu’après que l’intervention du représentant du Bâtonnier, Me Harouna TOUREH, également avocat de la défense, a eu lieu, suivie de celle du procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, Mamadou Lamine COULIBALY, qui est assisté à l’occasion de l’avocat général et de sept Substituts généraux.

Très vite, elle a été suspendue, pour 30 minutes, pour permettre aux officiels de se retirer : le président de la Haute Cour de justice, l’honorable Abdrahamane NIANG, le gouverneur de Sikasso, et d’autres personnalités invitées, ont dû quitter la salle d’audience après cette phase cérémoniale, propre à tout procès d’assises.

À la reprise, le président du tribunal, imperturbable dans son élocution procédurière, a invité les accusés à la barre pour la vérification des identités. Ce sont : Fousseyni Diarra dit Fouss, Mamadou KONE, Tiémoko Adama DIARRA, Lassana SINGARE, Cheickna SIBY, Issa TANGARA, inculpés pour enlèvement et assassinat. Ce n’est pas tout : il y a le groupe des inculpés de complicité d’enlèvement et d’assassinat : Amadou Haya SANOGO, Bloncoro SAMAKE, Simeon KEÏTA, Oumarou SANAFO dit Kif Kif, Soïba DIARRA, Christophe DEMBELE, Amadou KONARE, Mohamed Issa OUEDRAGO, Ibrahim Boua KONE. Et puis, ceux qui sont poursuivis pour complicité d’assassinat : Yamoussa CAMARA et Ibrahim Dahirou DEMBELE, respectivement ancien ministre la défense et chef d’état-major général des armées.

Après la formule sacrementale de ce procès d’assises, il y a eu le premier accrochage verbal de l’audience. Il a mis aux prises l’accusé Amadou Aya SANOGO, qui s’est présenté, à la barre, déclinant son identité, comme « général de corps d’armée et ancien chef de l’État » et le public qui a très mal pris cette sortie de l’accusé. Le ministère public, dans son beau rôle, a sèchement répliqué pour rappeler que l’accusé répond devant la justice en tant que citoyen pour des faits qui lui sont reprochés. Face au tollé, le président a menacé de vider la salle si le public se met à approuver ou désapprouver les faits, gestes et propos dans la salle d’audience. Un ping-pong coutumier des procès d’assises qui a été vite maitrisé par le maître du prétoire.

C’est dans cette lourde atmosphère que suivra la lecture des parties civiles : 23 personnes, au total, toutes habillées en blanc, avaient la mine des jours sombres. La longue liste des témoins à charges et à décharges, dont les plus célèbres, entre autres le Chérif Ousmane Madani HAIDARA, le colonel Diamou KEITA, le général Didier DAKOUO, sera prononcée dans une salle muette. D’autres célébrités, à l’image de l’ancien président de la transition, Dioncounda TRAORE et d’Oumar MARIKO, président du parti Sadi, ont été également citées par des avocats qui étaient à les voir dans la salle, au nom des témoins. Malheureusement, il n’en sera pas le cas, car les noms de ces personnalités n’ont tout simplement pas été enregistrés au niveau de la Cour, au nombre des témoins de ce procès d’assises.

Autre temps fort : le greffier entre dans la danse avec l’étoffé arrêt de mise en accusation (décision de la Chambre d’accusation notifiant le renvoi de l’inculpé devant la cour d’assises) qu’il lit sans arrêt.

Il y ressort que sur instruction du procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, le procureur de la république près le Tribunal de première de la Commune III du District de Bamako a ouvert une enquête ayant abouti à l’information judiciaire et à l’inculpation de 28 militaires pour enlèvement de personnes, assassinat et complicité. Les infractions retenues, à l’encontre des accusés, tous sous mandat de dépôt, à l’exception d’Ibrahima Dahirou DEMBELE, Mohamed Issa OUEDRAOGO et Ibrahima Boua KONE, sont réprimées par les dispositions du Code pénal. Moment d’intenses émotions : il ressort de l’arrêt de renvoi que Fousseyni Diarra dit Fouss, Mamadou KONE, Tiémoko Adama DIARRA, tous des militaires, ont reconnu avoir tiré sur les bérets rouges, menottés, les yeux bandés et jetés dans une fosse commune, creusée à cet effet. Quant aux autres accusés, à savoir Lassana SINGARE, Cheickna SIBY, Issa TANGARA, poursuivis pour enlèvement et assassinat, Amadou Haya SANOGO, Bloncoro SAMAKE, Simeon KEÏTA, Oumarou SANAFO dit Kif Kif, Soïba DIARRA, Christophe DEMBELE, Amadou KONARE, Mohamed Issa OUEDRAGO, Ibrahim Boua KONE, ils ont nié les faits qui leur sont reprochés.

Le hic du prétoire, c’est que les trois militaires subalternes, qui ont déjà reconnu leur participation à l’exécution de ces crimes, soutiennent qu’ils étaient tous membres du CNRDRE, obéissant à Amadou Aya SANOGO qui y exerçait l’autorité centrale. De ce fait, arguent-ils, étant des militaires subalternes, ils ne pouvaient pas, sans risque pour eux, refuser l’exécution des ordres donnés par leurs chefs hiérarchiques.

Face à ces accusations implacables, les avocats de la défense ont sollicité, dans un 1er temps, une suspension de 48 heures de l’audience (jusqu’au lundi prochain), pour pouvoir mieux communiquer avec leurs clients. Pour mieux défendre cette suspension, la défense a pointé sur le malaise d’un des accusés.

« C’est un droit pour la défense de demander la suspension de l’audience dans l’intérêt de ses clients », ont-ils répliqué. En effet, diront-ils, le fait que leurs clients étaient éparpillés, à travers le pays, ne leur ont pas permis de mieux communiquer avec eux.
Après consultation de la partie civile et du Ministère public, qui ont fait le tour de la question, après l’appréciation de la Cour, le président a ordonné la suspension de l’audience qui reprendra son cours normal, demain vendredi.
À suivre…

Par Sékou CAMARA
Envoyé spécial à Sikasso

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2 COMMENTAIRES

  1. Les faits se sont passe ici tout les preuves sont contre sanogo et ces compagnons la place d’un assassin est la prison donc on applique tolérance zéro.

  2. Il fût un temps pas si lointain ou le crétin alcoolique, torse bombé et bâton magique à la main, déclarait fièrement: JE LES AI TUES DE MES MAINS! 😎 😎 😎 😎 😎 😎 😎 😎 😎 😎

    Voyons si aujourd’hui, privé de son bâton magique, le même petit caca-pitaine déguisé en Général bombe toujours autant le torse et déclare aussi fièrement la même chose!

    Personnellement, j’ai des doutes… 😆 😆 😆 😆 😆 😆

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