La Commission dialogue et réconciliation dans les régions de Gao, Tombouctou et Mopti : “Nous n’avons pas vocation à dédommager ou amnistier” dixit Mohamed Salia Sokona

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Une équipe de la Commission dialogue et réconciliation conduite par son président Mohamed Salia Sokona était jeudi et vendredi dans les localités de Gao, Tombouctou et Mopti pour présenter et expliquer les missions de cette institution fort inédite au Mali dont l’objectif est de recoudre le tissu social compromis lors des événements du 22 mars et l’occupation jihadiste.  Les populations de ces localités ont  salué la création de la CDR mais ont tout de même réclamé justice pour les auteurs des crimes et pillages commis pendant la crise du nord.

 

Le président de la CDR chez les notabilités de Gao
Le président de la CDR chez les notabilités de Gao

C’est au pas de charge que la délégation de la CDR forte de plus d’une dizaine de commissaires a quitté Bamako pour la région de Gao, bastion du MUJAO pendant l’occupation et où des mains et des pieds ont été amputés. Les blessures sont loin d’être cicatrisées. La cité des Askias porte encore les stigmates de ce passage obscur  comme  peuvent le témoigner les  impacts de balles sur les édifices publics et la démolition des bâtiments. L’activité économique est morose. Les forces Serval, de la MINUSMA et les forces maliennes veillent sur la ville.

C’est dans ce climat que la CDR a rencontré les habitants dans la salle de conférence de la mairie en présence du gouverneur Mamadou Adama Diallo et du maire Sadou Hama Diallo et des notables de la ville. Après les salutations d’usage des autorités de Gao qui ont exprimé leur volonté d’accompagner la CDR dans sa mission, ce fut au tour de Mohamed Salia Sokona d’expliquer les circonstances qui ont conduit à sa création.  D’entrée de jeu, le patron de l’institution a cru bon de rappeler  que notre culture recèle des mécanismes de résolution de conflit qu’ il ne s’agit pas de refouler mais de capitaliser. Ce mécanisme ayant souvent fait défaut, il fallait passer à une autre formule beaucoup plus originale et inédite dans notre pays. C’est ainsi que le 6 mai 2013 la CDR a été créée par un décret présidentiel pour une durée  de deux ans. Sa mission, explique Salia Sokona, est de trouver par le dialogue la solution aux conflits. C’est un dialogue intra-communautaire qui se fera aussi bien au sud qu’au nord.  La Commission est rattachée à la présidence de la république à qui elle soumet chaque trois mois un rapport. Aussi, des démembrements seront installés dans toutes les régions en vue de rendre le travail plus étoffé.

Pour réussir sa mission, la Commission dialogue et réconciliation associe à son combat les chefs religieux, les traditionnalistes. C’est pourquoi, Mohamed Salia Sokona a appelé à l’implication de toutes les communautés.

A Tombouctou, aux côtés du gouverneur  Mamadou Mangara, l’équipe de la Commission s’est adonné au même exercice de pédagogie devant une assistance composée de cadres de la région, des notabilités et surtout de nombreux jeunes et femmes qui ont bravé les jihadistes au plus fort de l’occupation.

La région de Mopti fut la dernière étape de cette mission de la CDR.

Partout où l’équipe de la Commission dialogue et réconciliation est passée les populations ont insisté sur la manifestation de la justice et de la vérité.  Si certains ont insisté sur les poursuites judiciaires contre les auteurs d’assassinats, de viols, d’autres ont demandé à être dédommagés après le pillage de leurs biens.

En réaction le président de la Commission dialogue et réconciliation dira que la Commission n’est pas un tribunal populaire mais que s’agissant des cas d’agression, elle travaillera en étroite collaboration avec la justice. Il  a ajouté que la commission n’a pas vocation à dédommager encore moins à amnistier. C’est dans le dialogue qu’on peut aboutir à la justice, a-t-il fait savoir.

Des visites de courtoisie ont été rendues au chef Harma Mahmoud Touré dit Gao Kedu, à l’imam de Tombouctou au chef de village de Mopti et à l’imam de la Venise malienne.

Abdoulaye DIARRA

Envoyé spéciale*

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