La mendicité, l’autre visage de la pauvreté.

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La mendicité concerne toutes les couches, ou presque, de la société : jeunes, vieux, hommes, femmes etc. si des mesures urgentes ne sont pas prises, notre pays risque d’en payer le prix fort.

Elle prend des proportions inquiétantes dans le district de Bamako. On rencontre les mendiants par partout. Ce sont des élèves des écoles coraniques, des personnes indigentes accompagnées par des enfants, des mères de jumeaux, des non-voyants etc. ils arpentent les grandes artères de la ville à la quête du pain quotidien. La plupart d’entre eux ne sont pas des mendiants au vrai sens du mot. Ils s’abritent derrière ce statut pour s’adonner au vol ou trafic de stupéfiants. Ces individus, mal intentionnés font vivre l’enfer à la population, à longueur de journée. Ils connaissent les coins et recoins de la ville. Ils choisissent ainsi la période propice pour commettre leurs délits. Les commerçants du Dabanani et du Grand marché en savent quelque chose.

Ce commerçant du grand marché l’a appris à ses dépens, il y’a de cela un mois. Il a accordé l’hospitalité à deux petits mendiants, à qui ils servaient quotidiennement le repas de midi. Ces enfants après le manger, se reposaient devant de son magasin. Ce qu’il ne savait pas, c’est ces mendiants, étaient des voleurs patentés. Notre commerçant est victime de vol mais n’a jamais réussi à attraper ses voleurs. Ils profitaient de la sieste du commerçant pour lui soutirer quelque somme ou marchandise. Tous les jours sont pour le voleur mais un jour sera celui du propriétaire a-t-on coutume de dire. Ce jour-là, la baraka a lâché les deux petits. Le commerçant  faisait semblant de dormir pour voir ce qui se passe. Les enfants décident de passer à l’acte. Une fois dans le magasin, il se lève en sursaut et les trouve la main dans le coffre.

 Pris la main dans le sac, les enfants ont confessé leur forfait. Il les administre une correction exemplaire avant de les interdire d’y mettre pied.

Une vendeuse de pagne, au Grand marché, a surpris une vieille femme de plus de 60 ans,  qui a caché quelques pièces de pagnes dans sa baignoire. Celle-ci est toujours accompagnée par un petit garçon, qui prend les marchandises pendant que sa compagne discute avec le propriétaire des marchandises pour les mettre dans la baignoire. Suivi de près par un autre commerçant, elle a été prise la main dans le sac. N’eût été l’intervention des adultes, elle allait subir un lynchage digne de ce nom.  

  Ce n’est pas tout. Aux mendiants des feux tricolores, s’ajoutent un autre, moins connu : les enfants qui désertent leur famille pour se livrer à la mendicité ou au banditisme.

 Ils grandissent dans ces conditions et deviennent, à leur tour, des voleurs invétérés. Notre capitale est peuplée d’enfants de ce genre. Ils font vivre l’enfer aux paisibles citoyens.  

Les alentours de la Grande Mosquée, du Grand marché et les devantures des magasins servent d’abris.  Ils ne connaissent pas la vie de famille, car élevés dans la rue. Un véritable danger pour la société, car leur récupération s’avère difficile. 

La mendicité   sert d’alibi à nombre de personnes. Elle est devenue un fléau social.  

 Les autorités doivent prendre leurs responsabilités afin de  mettre fin à ces pratiques déshonorantes pour notre pays.

                                                                                                    Hassane Kanambaye  

 

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