La vie des talibés à Kayes

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De nombreux enfants  vivent dans les rues  pour avoir le quotidien. Ils sont exposés au soleil,  à la faim  à la soif, à la maladie et à toutes sortes d’agressions.

élève coranique

Historiquement les talibés (élèves des écoles coraniques)  sont envoyés dans les maisons de formation pour étudier le Saint Coran. Ils vivent chez le maître (le marabout) et voyagent avec lui. En retour le  maitre leur enseigne le saint coran et la religion musulmane. Après une dizaine d’années, le talibé maitrise le Saint Coran et peut acquérir lui aussi de titre de maître.

De nos jours, les talibés sont de plus en plus nombreux dans les villes, les parents croient qu’en les donnant aux marabouts  ils seront à leur tour des leaders de la religion un jour. Ces enfants font  les ménages,  la cuisine et toutes activités ménagères. Ces talibés vivent dans des mauvaises conditions,   jouissent à peine de l’affection parentale et sont privés de plusieurs droits. les « karamogo » les font travailler  nuit et jour pour avoir  à manger, à boire et à s’habiller. Alors les talibés  tapent de porte en porte pour demander au nom de Dieu ce que les gens peuvent leur donner.  Les enfants de 7ans ou moins sont mis hors de la maison depuis le matin de  bonne heure pour  ramener une certaine de somme d’argent sinon ils sont fouettés. Banalement les talibés passent toute la journée en ville et souvent on les rencontre dans les rues tard dans la nuit.  Le profane se demande finalement quelles sont les heures d’études de ces enfants qu’on rencontre partout toute la journée voire la nuit. Les talibés soumis à ces règles strictes sont exposés au banditisme, aux agressions à la famine avant de devenir eux-mêmes de petits délinquants.

Mal habillés, sales !

Dans la ville de Kayes, les talibés ou encore les « enfants dans la rue », s’identifient par leur accoutrement : mal habillés, sales, pieds nus etc.

La dime

Le marabout réclame à chaque « Almoudo » une certaine somme par jour!

En effet, le marabout exige des enfants une recette journalière qui varie entre 200 et 400 francs Cfa.

 Manèges des enfants talibés

 Les enfants talibés ne manquent d’astuces pour rapidement gagner la recette quotidienne. En effet, fins psychologues, ils touchent généralement la corde sensible de chaque passant. D’abord cherche à connaître les noms de tous ceux qui passent régulièrement en un endroit, et s’arrêtant devant la portière d’un véhicule de monsieur M  l’enfant, sur un ton tendre dit : , « donne-moi de l’argent, je vais acheter des chaussures », « donne-moi 200 f, je vais payer à manger » , « donne-moi 100 F, je vais laver mes habits » Même cœur de pierre tout parent d’enfant est touché voire choqué par la légitimité de la demande et donne par pitié. Même chanson au prochain passant ! Très rapidement la recette est gagnée plusieurs fois, mais on ne rentre pas à la maison.

 Des conditions difficiles

En plus des  violences, les enfants talibés vivent dans des conditions très difficiles. Le marabout manque de logement pour chacun des enfants, ils dorment ensemble sans moustiquaires, mangent à même le sol dans le même plat (faandu almudo : un mélange de tous les mets), sortent et mendient ensemble toute la  journée sans chaussures souvent ou avec des haillons, ils nous rappellent ici un certain Samba Diallo dans l’Aventure ambigüe  de Cheick Hamidou Kane.

Les talibés parlent

–       « Nous dormons toutes les nuits dehors parce qu’il n’y a pas de place pour dormir. Il n’y a pas de chambres pour nous. Quand la pluie tombe, nous trouvons refuge dans des mosquées. »

 –        « le marabout me frappe si je n’amène pas l’argent de la journée ».

 

 –       « Souvent nous ne mangeons pas à notre faim, on complète avec l’eau ou on mangeons  les 1ers repas qu’on nous donne »

 

 Les assurances d’un marabout

« Oui, les enfants talibés vivent dans des conditions précaires, mais rassurez vous monsieur le journaliste, ces enfants jouissent d’une forte protection de Dieu, si ce n’est les enfants talibés, je vous jure, dit le marabout très convaincu, tout enfant qui vivrait dans ces conditions au bout d’un mois il mourra. Les enfants talibés sont protégés par Dieu, après chacun de leur pas, c’est un ange protecteur qui l’emboîte. »,  rassure le marabout.

La Rédaction

 

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1 commentaire

  1. incroyable mali est entrain de voire les choses en fasse.
    vraiment la vie de ces talibés est missere d’au tant plus que vous le dit.Les karamoko ne leur maitent plus dans des bonnes condutions(se veture,de nourrire meme de leur protége contre l’agretion).
    Sans menture ces gense sont dans des condution meserable

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