Mahmoud Dicko, lors du meeting des musulmans samedi dernier : « On doit mettre fin à la recréation et faire face aux problèmes »

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En vue d’expliquer aux fidèles musulmans du Mali le contenu  du nouveau Code des personnes  et de la famille et de donner son point de vue par rapport aux élections générales de 2012, la communauté musulmane a tenu un grand meeting. C’était le samedi 14 janvier 2012 au Stade du 26 Mars qui a refusé du monde.

L’adoption du Code des personnes et de la famille en 2009 avait fait couler beaucoup d’encre et de salive au Mali, au point qu’un soulèvement était prévisible. Après un meeting populaire organisé par les associations islamiques, le gouvernement était obligé de revoir sa copie. C’est ainsi que le Code a été renvoyé à l’Assemblée nationale pour une relecture. Partant, les députés, en collaboration avec le Haut Conseil Islamique et la société civile, ont apporté des changements à certains points du Code. Pour expliquer ces modifications en faveur des valeurs sociétales et religieuses de notre pays, le Haut Conseil Islamique du Mali a tenu un grand meeting, samedi dernier. Pour la circonstance, plusieurs autorités religieuses et politiques avaient effectué le déplacement. Il s’agit notamment du Cheick Mohamed Ould  Chechna Haïdara dit Bouyé,  Mouhamloud Dicko,Chérif Ousmane Madane Haïdara, Soufi Bilali, Soufi Adama. On notait également la présence des responsables  de partis politiques, à savoir, Ibrahim Boubacar Keïta, Mountaga Tall, Iba N’Diaye, Tiéblé Dramé et Modibo Sangaré.


Dans son intervention, Mohamed Traoré, 1er vice Président du Haut Conseil Islamique, a souligné les points relus en faveur de nos valeurs sociétales et religieuses. Mais avant, il a tenu à rappeler que les musulmans ne se sont jamais opposé à l’adoption d’un nouveau Code au Mali. Seulement, explique-t-il, il y avait des points qui dénaturaient les Maliens et qu’il fallait revoir.  Suite à la mobilisation, à la détermination des musulmans et à l’esprit d’écoute du Président de
la République, il y a eu un terrain d’entente. Très ému, M.Traoré a évoqué les points qu’ils ont obtenus.  A savoir : le maintien de l’obéissance de la femme vis-à vis de son mari ; la  légalisation du mariage religieux, le recule de l’âge  du mariage de 18 à 16 ans,  la gestion de l’héritage,  la légitimation des enfants naturels et le problème d’un enfant adopté, entre autres.   Suite à cette annonce, on lisait le sourire sur le visage des 60.000 personnes présentes. Sur ce, les musulmans se disent satisfaits du nouveau Code en attendant sa promulgation par le Président ATT.   Cependant, force est de reconnaitre que certains leaders religieux ont d’autres préoccupations. Cheick Hachim Haïdara, président du Haut Conseil Islamique de Ségou a déploré l’injustice infligée aux musulmans car le 1er janvier marquant le début de l’an des occidentaux, plus précisément donc du calendrier grégorien, est déclaré férié et fêté avec brio. Alors que le nouvel an des musulmans, «Achoura», passe inaperçu dans le calendrier des jours fériés au Mali. Sur ces notes,  il a interpellé le gouvernement à faire preuve de justice à ce niveau.


Mise en garde des religieux pour la transparence et l’apaisement des élections générales
Au cours de cette rencontre, les musulmans n’ont pas fait de cadeau aux politiques.  Le  président des jeunes musulmans, Moussa Boubacar Bah, a invité les jeunes à sortir massivement pour voter le candidat qui répond le mieux aux aspirations des Maliens. Cela, avant de lancer une mise en garde aux candidats voulant accéder à la magistrature suprême:  «Si les politiques créent un climat de violence et de déstabilisation, nous allons occuper la scène politique» -a-t-il déclaré.  Il soutiendra que le gagnant doit être le vrai gagnant et que le perdant accepte sa défaite.


Soulignons que l’ORTM a été aussi bien servi dans cette diatribe. Pour M. Bah, il est inconcevable et inadmissible qu’on ne donne que deux heures de temps à la vingtaine de candidats pour exposer leur projet de société, alors qu’on ne cesse de nous crever les yeux avec  les films hindous.
Quant à Mahamoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique du Mali, il a invité le président de
la République
, Amadou Toumani Touré, à procéder à la promulgation du nouveau Code car la non signature de ce document peut engendrer d’autres problèmes.


Parlant des élections, M. Dicko a appelé les Maliens au changement. Il ajoutera que: «Les propos cités par le président des jeunes est un message fort. On doit mettre fin à la recréation et faire face aux problèmes.  Comme le prétendent certains, le Mali n’est pas sous une menace islamiste, il est plutôt sous la menace de l’injustice, de la corruption, du chômage, de l’insécurité et de la déperdition scolaire. Nous ne sommes plus dans le jeu d’hypocrisie que certains font à notre endroit en venant nous amadouer avec des colas et quelques billets de banque pour nous dire que rien ne peut se passer sans nous. Il faut que cela cesse car ça suffit !» a laissé entendre Mahamoud  Dicko.  En lisant la déclaration du Haut Conseil, il a exhorté tous les partis politiques et les citoyens à mettre le Mali au dessus de tous.


Le  meeting a été sanctionné par les ferventes bénédictions du guide spirituel de Nioro du Sahel,  Cheick Mohamed Ould Checkna Haïdara dit Bouyé. 
Oumar KONATE et  Gérard DAKOUO
  



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