Mali: la Minusma et la France sous le feu des critiques

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Mali: la Minusma et la France sous le feu des critiques
Des manifestants dĂ©noncent l’occupation de Kidal par le MNLA, devant l’ambassade de France Ă  Bamako, le 19 mai 2014.
AFP

Des manifestations ont eu lieu Ă  Bamako, Gao et Tombouctou. La population reprend en chĹ“ur les accusations des autoritĂ©s maliennes Ă  l’encontre des militaires français et de la Minusma. Les casques bleus ont-ils failli Ă  leur mission, mercredi, Ă  Kidal ?  Devaient-ils intervenir pour soutenir l’armĂ©e malienne ? L’ONU dĂ©ment toute faillite.

 

 

A la Minusma, la Mission multidimensionnelle intĂ©grĂ©e des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, la pression est Ă  son comble. En plus de devoir gĂ©rer l’urgence humanitaire et mĂ©dicale Ă  Kidal, les Ă©quipes onusiennes doivent se justifier diplomatiquement sur l’attitude des casques bleus lors des combats entre l’armĂ©e malienne et les groupes armĂ©s, mercredi.

Question de mandat, plaide l’ONU

A New York, on continue Ă  expliquer que le mandat de la Minusma n’a jamais Ă©tĂ© une mission d’interposition : « Notre mandat est la protection des civils, pas de faire la guerre,commente un diplomate onusien au siège. Nous ne pouvons pas faire la guerre Ă  la place des Maliens. Nous sommes lĂ  pour protĂ©ger les civils et favoriser le dialogue. » A New York, on parle mĂŞme de quiproquo. « Le rĂ´le de la Minusma n’est pas de combattre. Le rĂ´le de la Minusma est de faciliter une sortie de crise politique. C’est vers cela que vont tous nos efforts », a commentĂ© de son cĂ´tĂ© le patron des casques bleus, HervĂ© Ladsous, pour qui la Minusma est « lĂ  pour aider, mais Ă©videmment c’est aux Maliens eux-mĂŞmes de s’aider les premiers ».

 

Les autoritĂ©s maliennes auraient souhaitĂ© que la Minusma puisse chasser les groupes rebelles, comme le fait la Monusco en RDC. Or, le mandat de la force onusienne est diffĂ©rent au Mali, et seul le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies peut dĂ©cider de sa modification. La question viendra sur la table Ă  la fin du mois de juin. « Mais, il est peu probable que l’on revoit le mandat de la Minusma Ă  la hausse », avoue un diplomate. L’ONU a dĂ©jĂ  eu beaucoup de mal Ă  rĂ©unir 9 000 hommes sur les 12 000 espĂ©rĂ©s pour constituer la Minsuma, qui souffre depuis sa crĂ©ation, il y a près d’un an, d’un manque majeur de moyens humains et militaires.

Bamako au centre d’une intense activitĂ© diplomatique

EnvoyĂ© spĂ©ciaux Ă  Bamako, coup de tĂ©lĂ©phone de chefs d’états de la sous rĂ©gion Ă  leur homologue malien, dĂ©placement de chef d’état, Ă  Bamako. L’action diplomatique s’intensifie depuis mercredi pour que le dialogue s’installe et que les armes se taisent. Le voisin Blaise CompaorĂ©, prĂ©sident du Burkina Faso, a dĂ©pĂŞchĂ© Ă  Bamako son ministre des Affaires Ă©trangères.

Le téléphone a aussi beaucoup sonné dans la capitale malienne. L’un des coups de téléphones les plus appréciés à Koulouba, le siège du Palais présidentiel malien, est celui du président ivoirien. Alassane Ouattara a écouté, prodigué des conseils, poursuivi la discussion sur le Mali avec le président français François Hollande. Il est ensuite revenu vers son homologue malien.

Un cessez-le-feu décrété rapidement par IBK

Résultat, très rapidement, le président Ibrahim Boubacar Keïta a accepté de décréter de manière unilatérale le cessez-le feu. Une décision pour laquelle il a également reçu le soutien de son homologue mauritanien, qui vient d’effectuer un bref séjour à Bamako. Mohamed Ould Abdel Aziz a également prôné l’apaisement, le dialogue. « Rendre la paix ce n’est pas s’engager dans une guerre. Parce que tôt ou tard on aura besoin de dialoguer, de discuter », a insisté Mohamed Ould Abdel Aziz. « On est à côté du Mali pour arriver à cette fin, à cette fin qui doit ramener la paix dans la région, qui doit ramener la sécurité et la stabilité. »

Ibrahim Boubacar KeĂŻta a Ă©galement profitĂ© de l’occasion pour lancer un appel pour « qu’il n’y ait pas d’amalgame, qu’il n’y ait pas de stigmatisation, d’aucun de nos frères, d’aucune de nos sĹ“urs ». « Dans toutes nos familles, nous sommes mĂ©tissĂ©s. Et nous ne saurions tolĂ©rer que personne ne s’en prenne Ă  son voisin, Ă  son plus que frère », a prĂ©venu le prĂ©sident malien. Il a Ă©galement exhortĂ© Ă  ce que « surtout, on ne s’en prenne pas Ă  nos amis ». Ces amis sont, pour IBK, « ceux qui sont venus pour nous aider et qui continuent de le faire dans la limite – dans la limite – des missions qui leur ont Ă©tĂ© assignĂ©es », a prĂ©cisĂ© IBK. « Nos amis de la Minusma, je dis bien nos amis de la Minusma, nos amis de Serval, sont en mission ici, au Mali, pour aider le peuple malien Ă  se retrouver, pour aider l’Etat du Mali Ă  reprendre les choses en main, qui nous avaient Ă©chappĂ©es et qui dans bien des domaines nous Ă©chappent encore », a-t-il encore insistĂ©.

 

Des tractations sont en cours. Leur objectif : que toutes les parties acceptent le cessez-le-feu, le respecte sur la durée, et que l’on aborde le délicat problème des positions tenues par les uns et les autres. Sur ce point, en terme de clarification, les Français de l’opération Serval, avant les forces de la Minusma, pourraient jouer un rôle déterminant sur le terrain.

 

par RFI

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1 commentaire

  1. C’est aux Maliens de reoudre les problèmes internes pas la France.J’ai du respect pou le PM mais sa visite Ă  kidal est la source des maux actuels!!

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