Meeting du Haut Conseil Islamique : ATT promulguera-t-il le nouveau code des personnes et de la famille ?

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Le samedi 14 Janvier dernier, le Haut Conseil Islamique a tenu un meeting d’information sur le nouveau code des personnes et de la famille. Ce fut dans un stade du 26 mars archi comblé pour la circonstance. Etaient présents à ce grand meeting: le prêcheur  Chérif Ousmane Madane Haïdara, le fils de Cheikh Hamaholah, Saïde Boye Cheick Hamaholah, le président du Haut conseil Islamique Mouhamoud Dicko, pour ne citer que ceux là. Ont notait les présences de Chérif Ousmane Madane Haidara prêcheur et non moins 3ème vice président du Haut conseil Islamique, le fils de Cheikh Hamaholah, Saïde  Boye Cheick Hamaholah, le président du Haut conseil Islamique Mouhamoud Dicko, entre autres.

Deux préoccupations majeures étaient au menu de ce meeting à savoir: le nouveau code des personnes et de la famille et les élections générales de 2012.

 Pour ce qui concerne la première préoccupation, les faits remontent à 2009 où l’Assemblée Nationale avait adopté le code des personnes et de la famille qui accordait des droits anti-islamiques à la femme. Des associations musulmanes, selon lesquelles lesdites lois « allaient à l’encontre des valeurs culturelles du Mali et de l’Islam », ont contesté les dispositions du texte à travers une marche qui a rassemblé plus de cinquante mille musulmans en Août 2009, au stade du 26 Mars.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, renvoie alors le texte devant les députés qui ont largement tenu compte de l’avis des associations musulmanes après une relecture. Au total, quarante-neuf articles ont été modifiés, d’autres, carrément supprimés. De ce fait, plusieurs amendements ont été faits. Ainsi, l’article qui stipulait que « la loi assure la protection de la femme et de l’enfant » a été remplacé par « la loi assure la protection de la personne humaine et de la famille ». De même, le texte prend en compte le mariage religieux qui devient juridiquement reconnu et égal au mariage civil, alors que ce dernier avait été le seul retenu comme légal par le code avant relecture. L’âge du mariage de la jeune femme est quant à lui ramené de 18 ans dans l’ancienne mouture à 16 ans dans la nouvelle (contre 15 ans précédemment…). Et la femme doit rester soumise. On ne lit plus : « les époux se doivent mutuellement fidélité, protection, secours et assistance…), mais : « dans la limite des droits et devoirs respectifs des époux consacrés par le présent code, la femme doit obéissance à son mari et le mari protection à sa femme… ». Les enfants nés d’un adultère ne bénéficient plus d’aucun droit ni protection. « Tout enfant né hors du mariage, autre que celui né d’un commerce adultérin, peut être légitimé par le mariage subséquent de ses père et mère, lorsque ceux-ci les ont légalement reconnus avant leur mariage ou les reconnaisent au moment de sa célébration. Dans ce cas, l’officier de l’état civil qui procède au mariage constate la reconnaissance et la légitimité dans un acte séparé », dit le nouveau code.  Par contre, l’ancien était beaucoup plus libéral, disant : « tout enfant né hors mariage est légitime de plein droit par le mariage subséquent de ses père et mère. Si la filiation n’était pas déjà établie, cet enfant fait l’objet d’une reconnaissance au moment de la célébration du mariage.» Enfin, l’article 518 s’aventure sur un terrain inattendu : le nouveau code dit en effet qu’ « en aucun cas, un homosexuel n’est admis à adopter un enfant sous quelques régimes que ce soit ».

C’est dans cette atmosphère que l’Assemblée nationale du Mali a finalement voté le code des personnes et de la famille, le 2 décembre dernier, à l’unanimité des 121 députés présents. Alors  pour bon nombre d’observateurs, afin d’avoir un nouveau code de la famille plus respectueux des droits de l’homme, plus respectueux des droits de la femme malienne, la balle est aussi dans le camp du président Amadou Toumani Touré. Il faut savoir que « ce nouveau code de la famille n’est pas un code islamiste plutôt un code malien qui garde nos valeurs et coutumes », a précisé le maître de cérémonie. Certes, ce code se trouve sur la table du Président de la République pour sa promulgation avant de le mettre en application, mais selon le Haut Conseil Islamique  ATT doit vite le promulguer afin de tenir sa promesse faite depuis 2009. La question est de savoir maintenant si ATT entendra leur appel surtout quand on sait que certains pensent que ce code est contraire à la promotion des droits de l’homme.

La deuxième préoccupation de cette rencontre se focalisait sur le bon déroulement des élections présidentielles et législatives de cette année. Sur ce point, le HCI demande à tout le monde d’aller retirer les cartes d’électeur et  aux politiciens d’être honnêtes, dignes, conscients et porteurs de bons arguments pour l’essor de notre cher pays. Ainsi il invite chaque candidat à accepter le verdict des urnes et le gouvernement devrait faire tout pour organiser des élections crédibles et transparentes dignes de ce nom.

SEYDOU KARAMOKO KONE

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.