Noël arrive ! OK. De Vous à moi

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 C’est mardi prochain tout près, mais sa fièvre s’est déjà installée et on en parle dans tous les foyers, bureaux, commerces et grins. Dans les grands magasins, boutiques et étals, le majestueux arbre de Noël attend. Toutes les tailles pour toutes les bourses et avec lui, les cadeaux. Ce n’est pas la crise qui s’est invitée depuis le 22 mars qui empêcherait. Chacun, dans le petit coin de son salon, voudrait son arbre pour se faire plaisir, se donner une contenance, une allure de malien affranchi, VIP et sans doute très branché.

L’histoire du sapin, tout le monde, sous nos tropiques y a prit connaissance dans les livres de lecture de l’école primaire et fondamentale. Mamadou et Bineta, toutes versions, famille Diawara quoi d’autre ? Nos ainés eux, gardent le souvenir des familles d’expatriés européens installées sur nos terres à la faveur de la colonisation.  Chaque année, en cette période les villes et villages africains et singulièrement les nôtres s’embrasent dans son effervescence. L’école ferme ses portes pour raison de fête de Noël. Elle se fête avec la manière.

Mais de sapin mon Soudou baba natal ne connaît point. Personne, de Bargondaga à Madina – Coura, en passant par Taïkiri, Sèguè et M’Pèra, n’y a un seul jour, rencontré une seule fois, sur nos terres vertes boueuses, un seul sapin. Un vide qui aurait normalement suffit à décourager, à renvoyer aux oubliettes une fête qui n’existe nulle part dans nos us et coutumes et qui ne doit son existence ici, chez nous qu’à la grâce du blanc qui vit sa vie où qu’il se trouve, entrainant dans son sillage, tout ce qui vit et bouge dans son environnement. Après les indépendances, il a ramassé les bagages prenant soin de glisser dans nos tréfonds la fête chrétienne si chérie. Chrétienne, mais la fête la plus fêtée dans tous les pays du monde sauf ceux qui n’ont jamais été visité par le blanc. Qui, connaît une fête ici chez nous qui mobilise plus ou autant que le 25 décembre ? Aucune fête n’ose rivaliser avec dame Noël.

C’est cette fête là qui se signale au moment où, tout est noir. La situation chaotique  que vivent nos parents du nord ; l’impitoyable  guerre du pouvoir sous tendue par la misère économique cruelle qui sévit au sud. Tout le monde parle de la crise, tout le monde scrute l’horizon dans la perspective des fêtes de Noël et de la Saint Sylvestre. Le marché au cœur de la célébration  a fait sa toilette, toute sa toilette dans la perspective de la grande moisson. La recette annuelle, du moins celle de la crise post coup d’Etat. Déjà, à en croire nos braves épouses, le poulet, l’oignon et la pomme de terre, des ingrédients fétiches des folles soirées de la Saint Sylvestre quittent les étals pour attendre dans les magasins en attendant les 72 heures précédents le jour ‘’J’’, soixante douze heures qui verront le mercure monté, monté et monté. Qu’importe, le coût. La fête elle se fera et comme les années d’avant crise. Qu’importe les conséquences, le plus important est que chacun ; à l’heure ‘’H’’ saute le champagne sous le bruit assourdissant du ‘’ Bonne année, bonne santé; bonne année 2013.’’ Mais ce ne sera pas mal aussi d’attendre ce passage pour souhaiter que 2013 ne ressemble en rien à celle qui a vu s’abattre sur le pays tous les malheurs qu’il connaît.

Sory de Motti

SOURCE:  du   17 déc 2012.