La plateforme politico-civile AN TE A BANA a réussi le pari de la mobilisation : Ce mouvement hétéroclite contre la révision constitutionnelle va-t-il être un front anti IBK en 2018 ?

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Les acteurs politiques dans le  combat pour la révision ou non de la constitution, qu’ils soient de la Majorité ou de l’Opposition, ont en arrière-plan l’idée d’engranger des points  en vue des élections générales de 2018. Cela s’est fait sentir dans la détermination de chaque camp à avoir le dessus sur l’autre, ce qui a donné l’impression d’assister à la campagne pour le premier tour de la Présidentielle. Cette dynamique de rassemblement se poursuivra-t-elle jusqu’aux élections générales de 2018 ? La frange politique de la plateforme  arrivera-t-elle à convaincre les associations des jeunes à continuer, avec elle,  le combat jusqu’à l’alternance dans un peu plus d’un an ?

Au milieu des deux tendances politiques, qui s’affrontent sur le terrain de la révision constitutionnelle, se trouvent des organisations de la société civile. Celles-ci sont composées en grande majorité de jeunes qui s’étaient mobilisés en 2013 pour porter IBK à la magistrature suprême. Après quatre ans de gestion et au regard du bilan très largement en deçà de leurs attentes, ils pensent avoir été floués par IBK. La grande mobilisation au cours des manifestations de la Plateforme An Tè A Bana doit beaucoup à ces milliers de jeunes qui en ont gros sur le cœur et qui ont décidé de ne plus croiser les bras. Heureuse coïncidence pour l’opposition qui a vu désormais midi à sa porte en saisissant cette opportunité pour se refaire une santé politique. Après avoir consolidé ses acquis avec des nouvelles arrivées dans son camp, à savoir le parti SADI et l’ADP- Maliba, elle semble avoir désormais le vent en poupe avec cette vague de contestataires et de mécontents qui ne sont pas prêts à lâcher du lest. Le pouvoir changera-t-il de stratégie pour faire basculer la majorité des manifestants en sa faveur en donnant des nouveaux gages ? L’opposition maintiendra-t-elle cette union avec les multiples organisations de la société civile qui en ont ras-le bol du pouvoir actuel, afin de réaliser l’alternance en 2018 ? A en juger aujourd’hui par la mobilisation, l’Opposition semble plus confiante que la Majorité. D’ailleurs, sur un plateau de télévision, Tiébilé Dramé remerciait IBK d’avoir permis à des partis et leaders politiques de l’opposition en froid, il y a deux ans, de se retrouver et de sceller une entente cordiale face à la dérive monarchique. Par contre, au sein de la Convention de la Majorité Présidentielle, les partis sont en rangs dispersés. Certains d’entre eux, qui n’ont eu en fait qu’un seul pied dans la CMP, ont presque jeté l’éponge ; tandis que d’autres attendent la première  occasion  pour quitter. Le RPM, le parti présidentiel, le chef d’orchestre de la lutte pour la tenue du referendum manque non seulement de stratégies cohérentes, mais aussi et surtout de cadres persuasifs pour porter haut le projet présidentiel.

En définitive, les élections générales de  2018 semblent être engagées pour la classe politique. La Majorité qui peine à marquer des points décisifs dans cette bataille du referendum, aura intérêt à changer le fusil d’épaule pour ne pas être surpris en 2018. Quant à l’Opposition, malgré l’unité affichée des partis qui la composent, a encore un travail de persuasion pour espérer réaliser l’alternance dans un an.                 

Youssouf Sissoko

youssouf@journalinfosept.com

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