Pratique de l’excision : L’abandon est en bonne voie

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Le mouvement pour un abandon total de l’excision en 2015 est bien lancé et la multiplication des déclarations d’abandon dans la plupart des pays où se pratiquait cette coutume ancestrale en est une preuve palpable. Les efforts du programme conjoint UNFPA-UNICEF pour appuyer les Etats, les communautés, la société civile, les partenaires, les religieux, les médias et les autres acteurs à mettre fin aux pratiques traditionnelles néfastes, portent leurs fruits et démontrent que l’abandon de l’excision est possible. Une tendance à la baisse de la prévalence est observée dans plusieurs pays comme le Sénégal (de 28 à 26%), l’Ethiopie (80 à 74%) ou l’Egypte (97 à 91%).

La chanteuse sénégalaise de musique rap Fatou Mandiang Diatta dite Sister Fa se dit optimiste pour l’abandon total de l’excision en 2015 mais “on ne doit pas baisser la garde de la sensibilisation surtout au niveau des jeunes”, dit-elle. Selon l’artiste, il faut innover dans l’approche de la sensibilisation en rejoignant les jeunes dans leur monde de la musique et de l’Internet, et elle se félicite des milliers de déclarations d’abandons déjà obtenues même s’il y a toujours des résistances.

Selon les estimations de l’ONU, ces pratiques affectent près de 140 millions de filles et de femmes, surtout en Afrique où elles causent de sérieux problèmes de santé pouvant entraîner la mort. Dans ce monde qui a atteint le cap des 7 milliards habitants le 31 octobre dernier, les défis de la santé sont énormes et 1000 femmes meurent encore par jour de complications (dont l’excision) liées à la grossesse et à l’accouchement. Devant ce malheureux constat, l’appui du programme conjoint pour l’accélération de l’abandon de la pratique avec un objectif de zéro excision en 2015, est salutaire pour les femmes et les trois millions de petites filles africaines qui sont victimes de l’excision chaque année.

Le programme conjoint UNFPA-UNICEF, mis en place en 2008, s’est beaucoup investi dans la sensibilisation pour l’abandon de l’excision notamment dans 12 pays concernés par cette pratique dans la région africaine.

Le programme encourage l’approche des droits humains qui conduit les communautés à faire des déclarations publiques d’abandons après avoir pris conscience par elles-mêmes que l’excision est néfaste à la santé des filles et des femmes. En 2011, seulement 3 ans après le début du programme, ” plus de 6.000 communautés en Ethiopie, Egypte, Kenya, Sénégal, Burkina Faso, Gambie, Guinee et Somalie avaient déjà abandonné la pratique de l’excision”, selon une déclaration conjointe du directeur exécutif de l’UNFPA, Dr Babatunde Osotimehin et du directeur de l’UNICEF Anthony Lake.

Selon les responsables de ces 2 institutions onusiennes qui soutiennent la campagne pour une tolérance zéro aux Mutilations génitales féminines “l’UNFPA et l’UNICEF travaillent avec des partenaires pour mettre fin à cette pratique nuisible en une génération, et nous croyons que c’est possible d’atteindre cet objectif “, disent-ils.

Selon des chiffres plus récents, plus de 7.000 déclarations ont été enregistrées jusque-là à travers toute l’Afrique. Le Sénégal, considéré comme tête de file dans la lutte contre l’excision dans la région ouest-africaine, en est à sa 5315ème déclaration d’abandons de l’excision sous l’égide de l’ONG Tostan qui intervient également dans les autres regions de l’Afrique en inculquant l’approche droits humains au niveau des communautés.

Un projet de résolution visant à interdire les mutilations génitales féminines a été déposé par l’Union africaine (UA) à la soixante sixième (66ème) session ordinaire de l’Assemblée Générale (AG) de l’Organisation des Nations unies tenue à New York en septembre 2011.

Ce projet constitue le troisième (3ème) acte de l’organisation panafricaine sur 3 décennies par rapport au respect des droits de l’homme et des peuples après la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples adoptée à Naïrobi au Kenya en 1981et le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique adopté en 2003 à Maputo au Mozambique.

La volonté des Etats de passer à l’action soutenue par des initiatives comme celles du programme conjoint UNFPA-UNICEF constitue unk gage réel pour l’abandon total de l’excision en 2015.

       UNFPA-UNICEF

 


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