Projet assistance psycho-médicale des femmes déplacées : C’est parti pour la phase II

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D’un coût global de 30 000 euros, soit environ 20 millions de F CFA, le nouveau projet d’assistance psycho-médicale et intégration socio-économique des filles et femmes déplacées du Nord, est une initiative de l’Association malienne des expulsés (AME), en partenariat avec “Médecin du Monde”.

De la gauche vers la droite le président l’AME, l’adjointe au maire de Gao et le représentant du HCR
De la gauche vers la droite le président l’AME, l’adjointe au maire de Gao et le représentant du HCR

Lancé le 1er juin, au siège de l’AME, le projet couvre une période de 6 mois et interviendra dans les localités de Bamako et de Nioro du Sahel. Au total 250 femmes et filles victimes de la guerre au nord devront être touchées par les activités du projet.

Cette 2e phase tient lieu de la réussite de la première, où plus de 100 femmes ont été concernées par les interventions. Ce projet, expliquent les responsables de l’AME, part du constat qu’après l’occupation des régions du Nord, les femmes ont payé le plus lourd tribut de la barbarie des islamistes. Mariages précoces ou forcés, viols collectifs, récriminations verbales, fouettages en public, etc. les scènes d’abus physiques au nom de la “charia” sont indescriptibles.

Cette situation a provoqué un choc psychologique chez de nombreuses populations, notamment les femmes. Pis, les capacités d’apprentissage scolaire des victimes de la guerre au nord, leur épanouissement socio-économique, etc. ont été anéanties. Aujourd’hui, ceci impose au Mali des enjeux importants de l’après-guerre.

Le présent projet vise à porter une assistance psycho-médicale à ces victimes, et à faciliter leur intégration socio-économique. L’objectif, explique le secrétaire de l’AME, est de réduire les effets psychologiques et physiques des violences subies au cours de l’occupation.

Aussi, poursuit Alassane Dicko, il s’agira de sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur les conséquences de la crise. Bref, en plus d’un retour digne au nord, et la mise en œuvre d’un dialogue sociopolitique crédible et cohérent pour la reconstruction nationale post-crise, le projet devra renforcer l’assistance psycho-médicale et les conditions d’intégration socio-économique des personnes déplacées.

Pour la 3e adjointe au maire de Gao, les femmes victimes de la guerre au nord ne pouvaient rêver mieux. Selon Mme Mariam Maïga, cette assistance psycho-médicale est d’autant plus importante qu’elle constitue l’un des chantiers majeurs de l’après-guerre.
Abondant dans le même sens, les représentants du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et du ministère des Maliens de l’extérieur ont affirmé leur disponibilité à accompagner le projet. “La situation des déplacés nous impose une attention particulière”, mentionnent-ils dans leurs interventions, avant d’appeler à la mobilisation pour leur insertion.
Issa Fakaba Sissoko

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