Réactions des marcheurs contre la révision constitutionnelle : ‘’Nous ne voulons pas de leur nouvelle Constitution, c’est tout’’

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17 juin 2017. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Bamako contre un référendum sur un projet de révision de la Constitution prévu le 9 juillet. © Habibou KOUYATE / AFP
17 juin 2017. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Bamako contre un référendum sur un projet de révision de la Constitution prévu le 9 juillet. © Habibou KOUYATE / AFP

Samedi 17 juin, une grande marche pacifique a été organisée par la société civile malienne et l’opposition républicaine pour dire NON à la révision constitutionnelle. A l’issue de cette marche, les responsables ont donné leur opinion. Les manifestants ont invité le président de la République à retirer le projet de loi adopté par l’assemblée nationale le 3 juin et dont le referendum est prévu pour le 9 juillet prochain. Lisez !

 

Ousmane Sy, ancien ministre du Mali

‘’J’invite les autorités maliennes à arrêter le processus de révision constitutionnelle et qu’on fasse des concertations les plus larges possible’’

Je suis un militant du Mali, un citoyen de ce pays, même si mon combat n’est plus devant, je fais partie des gens de l’arrière garde, chaque fois que l’essentiel est en cause, il faut qu’on soit là. Et aujourd’hui, je pense que l’essentiel est en cause. J’appelle à voter contre cette façon de faire la réforme constitutionnelle parce qu’on ne peut pas bâcler la reforme constitutionnelle dans un pays en crise comme le Mali. J’invite les autorités maliennes à arrêter le processus de révision constitutionnelle et qu’on fasse des concertations les plus larges du possible pour unir les maliens.

Nouhoum Togo, responsable du Pdes

‘’Aujourd’hui, il y a des priorités que de réviser la constitution de 1992’’

« Nous demandons la mobilisation du peuple malien comme en 1991 pour qu’on retire le projet de loi de révision constitutionnelle. En  1991, les Maliens se sont soulevés pour avoir le changement tant souhaité. La nouvelle constitution initiée par le président de la République amène la division. Aujourd’hui, il y a des priorités que de réviser la constitution de 1992. Nous pensons que ce n’est pas le moment, car, il y a une violation de l’article 118 de la constitution. Nous ne voulons pas aller à un referendum sachant qu’il y’aura du tripatouillage électoral. Le système électoral n’est pas à hauteur de souhait. Nous invitons le président de la République à écouter le cri de cœur des maliens en retirant le projet de loi ».

Master Soumy, artiste

« Heureux est celui qui écoute les conseils»

« Ce n’est pas une question de personne, c’est une question d’intérêt national. Nous ferons de notre mieux pour le pays. Aucune intimidation ne nous fera reculer. Nous disons et répétons : A-bas cette révision constitutionnelle. Non au référendum! Nous disons à IBK, qu’heureux est celui qui écoute les conseils»

 

Mylmo, artiste

« Je suis là pour les citoyens » 

« Les Maliens sont sortis, c’est un acte de citoyenneté. Chaque Malien doit penser au Mali. Je dis bien le Mali, parce que certains sont là pour le pouvoir, d’autres pour l’argent, et d’autres aussi pour la citoyenneté. Je suis là pour les citoyens ».

 

Ras Bath, chroniqueur

« … C’est faire de la démocratie une affaire de famille»

A Dieu seul appartient le pouvoir unique. C’est pour cela que nous avons fait partir Moussa. Et 23 ans après, amener une Constitution qui donne 6 des 7 pouvoirs au président de la République, c’est faire de la démocratie une affaire de famille. Leur proposition de Constitution prévoit que si l’élection présidentielle ne peut se tenir le président de la République ne quittera pas le pouvoir. C’est un projet pour la venue du « Massaya » (royauté). Nous n’en voulons pas. Nous n’avons ni fusil, ni coupe-coupe, ni bâton mais nous avons ce qui représente le sabre de Badra Aliou, c’est-à-dire l’amour de la patrie. Nous demandons à IBK de retirer ce projet, nous ne le voulons pas.

 

Soumana Sacko, président de CNAS Faso Hèrè

« Notre credo, c’est la patrie ! » 

Nous ne voulons pas du pouvoir d’un seul homme! Dictateur, A bas ! La dictature,  A bas! La monarchie, A bas! La monarchie de droit héréditaire, à bas! La monarchie de droit constitutionnel, A bas! Notre credo, c’est la patrie ; notre crédo, c’est le Mali! Nous ne voulons pas de leur nouvelle Constitution, c’est tout.

 

Tiébilé Dramé, président du PARENA

« Je connais le président, je pense qu’il va entendre »

Toutes ces personnes qui sont ensemble pour la première fois, comme un seul homme, pour lancer un avertissement aux autorités, au président de la République pour qu’il retire son projet de Constitution. Je connais le président, je pense qu’il va entendre. Un président ne peut pas rester sourd à cette mobilisation, ce n’est pas possible.

 

Bakari Diarra, député groupe parlementaire Adp-Maliba/Sadi

‘’ Nous sommes contre la tenue du référendum’’

Nous n’avons qu’une seule motivation pour le Mali. Sauver la patrie, sauver  l’intégrité du territoire malien, c’est pourquoi nous sommes là ce matin,  conformément à l’article 118 de la constitution pour dire qu’aucune procédure de révision ne peut être poursuivie au cas où il y a atteinte à l’intégrité du territoire nationale. Nous pensons qu’aujourd’hui, le Mali l’est.  Nous sommes contre la tenue du référendum parce que nous ne sommes pas pour la révision. C’est pourquoi nous avons voté contre à l’Assemblée nationale. Le message à  lancer s’il y en a, est le message de sagesse à l’endroit des autorités maliennes, quelles sachent raison garder, qu’elles écoutent le peuple malien. La révision de la constitution ne s’impose pas aujourd’hui, ce n’est pas une priorité, les maliens ont faim, les maliens n’arrivent plus à dormir, et on veut envoyer les maliens en campagne ? A Macina vous ne pouvez pas circuler à Moto. Le Mali n’est pas  à Kidal. Il y a des localités qui ont été occupées ce matin encore au Nord, ils veulent encore envoyer nos frères, fils, papas à la boucherie. Nous disons non.

Imam Chouala Bayaya, leader musulman

‘’ On est là pour dire non à la nouvelle constitution’’

Cette foule dénote que les maliens se sont réveillés. On est là pour dire non à la nouvelle constitution. Même s’il nous faut donner nos âmes pour sauver le Mali nous le ferons. Si on veut parler pour le bonheur du Mali, pour votre bonheur, sortez à l’appel de l’opposition pour la soutenir. Depuis que je suis né, je n’ai jamais marché pour une raison ou autre dans le pays. Mais si vous voyez que je suis sorti ce matin pour marcher, c’est parce que la révision qu’on veut faire nous concerne, concerne notre religion (musulmane), concerne le pays.

Me Amidou Diabaté, vice-président du Parena

‘’L’opposition veut que le peuple fasse échec à la révision constitutionnelle’’

« Les convictions qui m’ont poussé à marcher en 1991 sont les mêmes convictions qui me poussent à marcher aujourd’hui, à défendre la liberté, les droits fondamentaux de notre peuple. Je pense que la question constitutionnelle telle qu’elle se pose aujourd’hui, pose la question de la défense des droits fondamentaux de notre peuple. Il y a un certain nombre de choses dans cette constitution dont le renforcement du pouvoir personnel du président. Le président de la république avait suffisamment de pouvoirs, cette fois-ci, on lui a ajouté ceux du gouvernement. L’opposition veut que le peuple fasse échec à la révision constitutionnelle à travers la mobilisation

Hammadoun Amion Guindo, secrétaire général de la Cstm

‘’ Certaines modifications peuvent remettre en cause l’Etat de droit »

La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (Cstm) est là pour soutenir l’Etat de droit dans ce pays, un Etat de droit qui a été acquis comme tout le monde le sait, de hautes luttes avec beaucoup de sacrifices en mars 1991. Alors, un syndicat ne peut pas rester insensible quand un président de la République prend sur lui la responsabilité non seulement d’initier, mais aussi de proposer certaines modifications qui peuvent remettre en cause l’Etat de droit.  Donc, pour le syndicaliste, puisqu’il n’y a pas de syndicats sans un environnement de droit, nous estimons que les syndicats doivent s’investir au plus haut niveau pour d’bord maintenir cette constitution. Et que demain si elle doit changer, que ce soit par consensus comme en 1991.

Mamadou Hawa Gassama, député à l’assemblée nationale

‘’ Le Mali n’a pas besoin de révision constitutionnelle en ce moment’’

L’article 118 de la constitution de 1992 dit noir sur blanc que tant qu’un coin du pays est occupé, qu’on ne peut faire révision constitutionnelle. Mais IBK et ses hommes disent que l’occupation de Kidal n’est pas le Mali, que Taoudéni n’est pas le Mali, que Ménaka n’est pas le Mali, que Tombouctou n’est pas le Mali, que Douentza n’est pas le Mali, qu’Hombori n’est pas le Mali. C’est vous dire que le Mali n’a pas besoin de révision constitutionnelle en ce moment. Quand le président ATT a touché à l’article 30 de la constitution, les Maliens se sont levés, et il l’a abandonné. Il a écouté son peuple et a abandonné également la loi sur le code de la famille. Nous lui disons merci pour son courage et sa sagesse. Nous invitions IBK à emboiter le pas à ATT.

La rédaction

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18 COMMENTAIRES

  1. Les Magistrats et les Démocrates milliardaires ont peur de la Cour des Comptes qui a le droit de fouiller partout où il y a malversations financières même dans la cour de la justice.
    1992 demeure à nos jours la constitution des vainqueurs !!!

  2. Seul, les urnes doivent nous séparer, dans notre pays nous connaissons la société civile et l’opposition. ils sont sociétés civiles ou oppositions lorsqu’ils ne sont pas aux affaires. se sont des opportunistes.
    voter oui pour la nouvelle constitution, c’est dire oui aux accords de paix et de réconciliation, c’est aussi oui à un Mali nouveau avec plus de droit pour le Citoyen.
    les arguments qui soutiennent mon commentaire, sont dans le projet de nouvelle constitution. Je vous demande de bien lire les documents et s’informer bien par des sources fiables.

  3. Je pense qu’il n’est jamais trop tard pour le pouvoir de réviser sa proposition. C’est ça aussi être RESPONSABLE.

  4. OUI AU REFERENDUM SI ET SEULEMENT SI BITON COULIBALY LE FONDATEUR DE L’EMPIRE BAMBARA DE SEGOU VA RETROUVER SON TRONE! RIRE!!!!

  5. mynti, toi tu ne raisonnes pas ou quoi? Tu penses que tout le monde peut sortir en même temps pour une marche. Moi je n’ai pas marché mais je suis de cœur avec ceux qui ont marché. Ne pense pas que cette majorité silencieuse est contre la marche. Si vous vous entêtez, vous allez apprendre à vos dépens. A bon entendeur salut!

  6. Meme le Secretaire general de l’ONU, demande que les parties prenantes soient ecoutees. Lisez son rapport sur le Mali,presente le 6 juin. Lien : minusma.unmission.org

  7. Marcher contre la prise en otage de notre peuple par les religieux et les pilitico religieux. Contre le cancer malien qui est l’islamisme de certains maliens avec l’argent des groupuscules arabes en afrique. Une nouvelle colonisation a combattre.

  8. Larcher contre la prise en otage de notre peuple par les relifieux et les pilitico religieux. Contre le cancer malien qui l’islamisme de certains maliens avec l’argent des groupuscules arabes en afrique. Une nouvelle colonisation a combattre.

  9. J ai ete fier le samedi 17 de voir les maliens sortirent et disent leurs RAS LE BOL a iBK et sa famille.
    mais de mon avis il faut plus que ça pour le faire reculer.
    car depuis simple deputé, tout le monde qui l ont cotoyé savent c est quelqu un qui a la bourgeoisie dans son sang.donc a travers le pouvoir il a ce qu il cherchait depuis toujour.
    attendons nous a quelque chose pire que 1991 pour le faire reculer.

  10. Ceux qui ont marché étaient au nombre de quelques dizaines de milliers de personnes . Ils étaient au maximum 40.OOO personnes pas plus . Néanmoins c’est un chiffre qui reste toujours très impressionnant
    Ceux qui n’ont pas marché sont encore toujours plus nombreux que ceux qui ont marché . C’est ce qu’on appelle la grande majorité silencieuse . La majorité silencieuse ne devrait pas être oubliée

    Dans une démocratie la minorité n’impose pas ses volontés et ses règles à la majorité .
    C’est tout simplement de la dictature si la minorité impose ses règles à la majorité .

    C’est pas parce qu’une minorité s’agite , gesticule , vocifère et brandit des pancartes dans la rue qu’il faudrait tout lui céder .

    Non et non à la dictature de la rue

    • MYNTI tu es formidable ! 😀😀😀😀😀

      “Dans une démocratie la minorité n’impose pas sa volonté et ses règles à la minorité.”

      ……et c’est pourquoi tu n’arrives pas à comprendre ces Maliens qui ne veulent pas se conformer aux souhaits de la majorité rebelle du MNLA et Ançar Dine !

      Comme toi IBK aussi croit que la majorité des Maliens est MNLA mais même une minorité a le droit de faire connaître son point de vue,c’est pourquoi on a marché. 💡💡

  11. Il faut retenir qu’IBK et son entourage sont dans l’œil du cyclone et par ricochet il ne faut nullement perdre de vue que c’est tout le Mali qui est dans cet œil de cyclone car les conséquences de cette lutte aurons des répercutions sur le quotidien de tous les maliens.
    Il est reconnu que les gouvernants maliens ne respectent que le crépitement des armes qui reste la seule condition pour que les gouvernants maliens prêtent une écoute à quelqu’un ou à un groupe de revendicateurs. Raison pour laquelle, cette lutte entre les deux camps, c’est à dire le gouvernement et les revendicateurs ira très, très, très loin, il faut entrevoir très prochainement des séries de bras de fer. Un gouvernement qui n’a de respect que pour les preneurs d’armes contre la République comme le MNLA et la CMA qui sont reçus au palais de Koulouba en grande pompe avec des accolades très appuyées devant dieu et devant les maliens. Un Président ne doit pas embrasser si fortement des criminels de la République et les innocents qui n’ont fait que réclamer leur droit à main nue, eux doivent-ils être reçus comment? Un pays bizarre et très bizarre.
    Après cette marche, il faut déjà s’entendre à la phase de désobéissance civile, cela est sans équivoque, car pour IBK et les al. reculer devant des citoyens à main nue est une faiblesse, donc il faut s’entendre au pire dans les semaines à venir.

  12. vous auriez dû faire des zicre ou suivre la traduction du coran dans la mosquée que de ce faire ridiculisé
    vous aviez échoué quand la campagne commencera vous aller bien voir que le “oui” vous triple. on vous fera une démonstration de force avant l’élection présidentielle vive I B K.

  13. Pour tout le respect que je dois à ses marcheurs, je leur dis que toute marche qui ne demande pas le débarquement pur et simple de IBK n’est qu’une perte de temps et d’énergie. Quelqu’un qui se croit mieux que son peuple ne saurait s’émouvoir de la réaction de quelques dizaines de milliers de protestants.

    Permettez moi de faire un calcul simple: si le Mali devrait avoir 60 Sénateurs, IBK choisira 20 et les +18 millions de Maliens choisiront 40. Cela fait de sa seule voix d’ivrogne l’équivalent de celle de la moitié des Maliens (9 millions).

    Quelqu’un qui vaut 9 millions ne devrait pas laisser quelques dizaines de milliers couper son appétit. 💡💡💡💡

    • yugu, “… Ses marcheurs……”????? demonstratif est meilleur! Le possessif n’a pas sa place ici! CES is better!!!!!!

      • Toi tu es toujours dans ces histoires de démonstratifs et de possessifs hein ? 😀😀😀😀😀

        Tu as la chance que WSR ne soit pas encore réveillé et moi je m’en fous des erreurs de frappes dans une langue qui n’est pas la mienne !

        😀😀😀😀😀😀 Tu es comme IBK, quand il parle il met l’accent sur son Français que sur son message. 😀😀😀😀😀😀😀😀😀😀😀😀😀

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