Révolte populaire à la mine d’or de syama : Les forces de l’ordre tirent sur les manifestants

29 réactions [-] Texte [+] Email Imprimer

Dimanche 11 novembre, c’est toute la commune de Fourou qui s’était révoltée. A l’origine du mécontentement général de la population, la violation par les responsables de la société minière, des accords convenus avec les populations.

Selon ces accords, 70 % des emplois de main d’œuvre non qualifiée sont réservés aux populations de la commune de Fourou sur le terroir de laquelle opère la société minière. Les 15 % reviennent au cercle ; 5 % à la région et 5 % à la République. Cependant, il se trouve toujours « des cadres véreux qui recrutent sur recommandation, ou leurs parents, ou même, d’autres qui vendent simplement le poste contre espèces sonnantes et trébuchantes », selon un élu contacté dans la localité. Ce problème demeure depuis que la société minière opère ici, ajoute cet élu. Ce qui est à la base de cette révolte populaire, dans une localité où le chômage frappe les populations qui voyaient dans cette mine une opportunité de sortie de la pauvreté.

La goutte d’eau qui a débordé le vase est l’arrestation des personnes dans cette affaire, dont un leader de la jeunesse, suite à des altercations, a indiqué un élu du peuple à Kadiolo, l’honorable Bréhima Béridogo. Le mécontentement général de tous les villages de la commune de Fourou découle du non respect des accords entre la société et la commune. Venus nombreux pour exprimer leur ras-le-bol, les habitants de la zone minière ont été pris pour cible par les forces de l’ordre qui ont transformé leur manifestation de colère en un bain de sang. Le bilan est de deux morts, 14 blessés. Les victimes tuées par balles  sont : M. Sogodogo de la famille de l’Imam du village de Banasso  et M. Dagnoko, le fils du chef de village de Balla. Selon un élu contacté, « la population n’était pas armée, et les deux victimes n’étaient guère des chasseurs. Le communiqué du gouvernement est archi-faux, ajoute cet élu dans la localité ». Selon des témoignages recueillis, certains blessés le sont aux fesses, ce qui suppose qu’ils n’affrontaient pas les forces de l’ordre. Certains blessés graves auraient été évacués à Bamako.

Selon un Communiqué du Gouvernement, émanant du ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, lu à la télévision et mis à la disposition de la presse, « le dimanche 11 novembre 2012 à la mine d’or de Syama, commune rurale de Fourou, cercle de Kadiolo, un affrontement a opposé un groupe de jeunes et de chasseurs aux forces de sécurité, faisant deux morts parmi les villageois et 14 blessés dont 4 graves, dans le rang des forces de sécurité. Cet incident malheureux est survenu suite à une plainte déposée à la justice par un responsable de la mine qui a été agressé nuitamment à domicile le 02 novembre 2012. Dans le cadre de cette plainte, trois individus dont un responsable du comité local de la jeunesse, ont été placés sous mandat de dépôt. Aussi, pour exiger la libération de ceux-ci, un groupe de jeunes et de chasseurs des villages environnants de la mine ont-ils érigé des barricades empêchant tous accès à la mine. Malgré les pourparlers menés par l’administration locale, ils n’ont pas voulu céder. Devant leur refus catégorique de lever les barricades, les forces de sécurité sont intervenues pour dégager les voies. C’est en ce moment que celles-ci ont essuyé des coups de feu tirés par les chasseurs. Dans la panique, les coups de feu ont mortellement touché deux villageois… ».

Selon les informations recueillies auprès du ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, c’est le responsable des ressources humaines de la mine de Syama, victime d’agression à domicile qui est à l’origine de la plainte, suite à laquelle trois personnes dont un responsable de la jeunesse ont été arrêtés : Lassana Ouattara, Abdoulaye Soumano, Abdoulaye Koné (président du comité  local de la jeunesse de Fourou). Pour exiger leur libération, les populations ont posé des barricades. Face à la révolte populaire, les responsables de la mine et le préfet de Kadiolo n’ont pensé qu’à faire appel à un renfort venu de Sikasso, qui a tenté de lever les barrières posées par les populations en colère. La fusillade qui a suivi a fait deux morts parmi les habitants et 14 blessés dont des éléments des forces de l’ordre. Nos efforts auprès des différents ministères impliqués et de la société minière ne nous ont pas permis d’avoir la liste des blessés.

Au ministère des Mines, Seydou Keïta, conseiller technique du département a fait état de la mise en place d’une mission de bons offices qui se rendra dans les prochains jours (peut être mercredi) dans la mine d’or de Syama. Collégialement, les ministres des mines, de l’administration territoriale et de la décentralisation, celui de la justice, de la sécurité intérieure et de la protection civile s’occupent du dossier de cette affaire, a indiqué, le conseiller technique.

Au siège de la société Randgold sise au quartier Faladiè de Bamako, où notre enquêteur s’est rendu, il a été précisé que  Randgold a cédé depuis 1996 la mine d’or de Syama à la société Resolute Mining Limited (Société minière de Syama S.a). Au siège de la Somisy Sa à Badalabougou, le Directeur général adjoint qui ne nous a pas reçus a fait savoir, par l’intermédiaire du vigile, qu’il s’en tient au communiqué du gouvernement diffusé sur l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (Ortm) le dimanche 11 novembre 2012.

Aguibou Sogodogo

B. Daou

SOURCE:  du   13 nov 2012.    

29 Réactions à Révolte populaire à la mine d’or de syama : Les forces de l’ordre tirent sur les manifestants

  1. DABANI

    C’EST LA PUR MECHANCETE DE NOS CHEFS PERSONNELLES?TOUS LES GENTS NON PAS LES MONYENS DE COROMPTES SINON PAS DE GESTE PAS DE BOULOT SAUF SI TU ES QUALIFIER DANS TON DOMAINE C’EST POUR CELA ILS FINISSENT MALHEUREUX.SADIOLA,YATELA,LOULO,TABAKOTO,MORILA ET CERTAINES ENTREPRISES PRIVEES A BAMAKO MARCHENT DE CETTE MANIERE DONC NE VOUS FATIGUES PAS ALLER CULTIVER OUBIEN FAIRE AUTRE CHOSES

  2. L'homme des tenebres

    Comme ce ne sont pas des peaux blanches qui ont été tuées, personne ne croit au communiqué du gouvernement et alors il faut condamner. Alors nous vous repondons par ce que vous avez l’ habitude de repondre: c’ est la guerre.

  3. 1FILSDUMALIBA

    Les companies minieres sont les pires ennemis du developpement local et de l’envrinnement. Si des mesures ne sont pas prises des maintenant alors ca sera la descente aux enfers pour les populations locales consernant la sante, les rivieres, les paturages, les nappes freatiques,l’air et bien d’autres. Aussi elles font tous pourqu’il ait entente rentre les habitants des localites consernees pour bien se planter. Croyez moi.

  4. M'BAYIIRI

    Il ne faut pas que les terroristes deviennent ceux-là même qui sont censés garantir la sécurité et la vie de la population malienne ! Si ces imbéciles savent si bien tirer, qu’ils aillent au front libérer les 2/3 du pays occupés !

  5. tienimango

    l,armee malienne est une armee de represion et non une armee de protection de modibo a att tout ce que ces fils de pute savent faire c,est d,humilier les pauvres paysans ….honte aux millitaires gendarmes et policiers malien vous etes la merde rien que la merde…

  6. loco-loco

    que leurs âmes reposent en Paix…
    Je suis meurtri d’appendre cette nouvelle. Il faut que les dirigeants fassent des enquêtes sur toutes les autre mines du Mali pour que ça ne se reproduise plus jamais car les responsables des mines des usines preferent les etrangers que les maliens en plus forte raison la population locale pour leur magouille.
    JUSQU’À QUAND MON PAYS PRENDRA LE CHEMIN DE LA PROSPERITÉ?????????
    Dans un pays qui produit + de 50 tonne d’or/an la preocupation demere la pauvréte ,le chômage …