Régime d’Assistance Médicale (RAMED) : Une aubaine qui peine à voir le jour

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Elles seraient d’après les études statistiques avancées par l’ANAM 700 000 personnes dépourvues de ressources leur permettant de se prendre en charge tant du côté de la ration alimentaire que de celui médical. Pour la prise en charge médicale de ce grand nombre d’indigents, l’Etat malien  avait reparti les charges entre les subventions qu’il apporte (65%) et les ressources des collectivités (35%). Sous l’égide donc de l’ANAM, les 703 communes devaient débloquer 365 millions FCFA. Malheureusement, cela peine à se concrétiser rendant du coup le RAMED, un tonneau vide.

Le Mali pour la première fois a mis en œuvre une politique de santé  devant  gratuitement prendre en charge les indigents. Estimés  de nos jours à 700 000 sur l’étendue du territoire national. Pour se faire un Etablissement Public à Caractère Administratif dénommé ‘’  l’Agence Nationale d’Assistance Médicale’’ a été mis sur les fonds baptismaux depuis le 27 Juillet 2009 par la loi N° 09-031/AN-RM, qui détermine son organisation et ses modalités de fonctionnement. Établie officiellement depuis12 octobre 2009, cette structure a mal à démarrer ses missions. Cela en raison de la méconnaissance de ses missions par de nombreuse personnes mais aussi par la faute des collectivités  qui peinent à s’acquitter de leur devoir. Une modique somme de 365 millions FCFA pour permettre à cette structure hautement sociale d’amorcer son démarrage.

En vue de permettre à l’opinion nationale de se faire une religion sur ces obstacles qui obstruent la visibilité du Régime d’Assistance Médicale ( RAMED), l’Agence Nationale d’Assistance Médicale a tenu le Lundi, 19 décembre dernier, à la Maison des Ainés, une journée d’information et d’échange à l’intention des hommes de média et des acteurs de la société civile. Après l’ouverture de la Cérémonie par le Secrétaire Général du Ministère du Développement Social de la Solidarité et des Personnes Agées, Amadou Rwamba, deux conférenciers dont le Directeur National de la Protection Sociale, M. Luc Togo et la Directrice de l’ANAM, Fadimata Maiga ont levé  toutes les zones d’ombre sur la portée de cette nouvelle politique de santé  en faveur principalement des défavorisés de la société. Cela, en acceptant de se soumettre aux questions  de la presse, qui constitue selon eux, la courroie de transmission pour faire aboutir la reforme et mieux informer les populations quant aux missions de l’ANAM.

Dans leurs interventions, les conférenciers ont succinctement expliqué e processus d’intervention de l’ANAM auprès des indigents du bout en bout de la chaîne.

A les entendre, l’ANAM enregistre les indigents à travers la présentation par celui-ci  d’un certificat d’indigénat, délivré par la mairie de sa résidence. Ainsi, l’ANAM octroie un matricule à la personne et une carte d’indigène annuelle à 1500 FCFA. Pour les collectivités, en dehors de la capitale, ce sont les mairies des différentes contrées qui sont chargées d’enregistrer les cas d’indigénat avant de les faire acheminer à l’ANAM. Mais poursuivent-ils, cette assistance sociale va au-delà  des simples indigènes enregistrés car, les détenus pénitenciers et les enfants orphelins en bénéficient aussi. Et après cette phase primaire, une fois que la personne tombe malade, ses soins sont pris gratuitement en charge par l’ANAM grâce aux contributions  de l’Etat et celle des collectivités.

Le blocage des élus !

Le deuxième point essentiellement capital, évoqué par les conférenciers lors de cette journée d’échange était relatif au refus des collectivités de s’acquitter de leur quote-part. A savoir les 365 millions de nos francs (qui ne représentent que   35%) pour la prise en charge des 700 000 indigènes recensés. C’est pourquoi, les responsables de l’ANAM ont profité de cette tribune pour louer les services du chargé à la communication des collectivités, présent à la cérémonie, M. Issa Camara  afin qu’il soit leur porte parole auprès de ses supérieurs  pour le  déblocage rapide des fonds nécessaires pour le démarrage des activités.

M. Camara quant à lui dira que  cette décision a été prise par le gouvernement sans consultation préalable d’une large  majorité des élus communaux. C’est pourquoi, selon toujours lui, nombreux d’entre eux estiment qu’ils n’ont pris aucun engagement  dans ce sens. « Comment peut-on ajouter des charges supplémentaires à certaines mairies qui ont même du mal à payer leurs enseignants ? » s’interroge-t-il.

 Rappelons que les ressources visées pour la mise en place de ce régime ne se limitent pas seulement aux subventions de l’Etat et des fonds des collectivités. Une brèche a été ouverte aussi en vue de recueillir la contribution des Produits Financiers ; les dons et les legs ; et toutes autres ressources en vertu de législation et réglementations particulières.

L’ANAM qui assume les destinées du Régime d’Assistance Médicale est chargée entre autres de l’encaissement des ressources , de la prise en charge des prestations couvertes par le RAMED , de l’Immatriculation à la fois des personnes éligibles au Régime et des bénéficiaires . Elle assume aussi  la passation des conventions, leur exécution  le contrôle  de la validité des prestations soumises à la prise en charge de l’Assistance Médicale  et l’établissement des statistiques de l’assistance médicale dans le pays.

 Boubacar Yalkoué

 

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