Sécurité alimentaire : Accélération obligatoire

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A moins de cinq ans de l’échéance de 2015, notre pays a encore de gros efforts à faire à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement.

La validation du plan d’action prioritaire du cadre d’accélération des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans le domaine de la sécurité alimentaire a fait l’objet, lundi, d’un atelier national au gouvernorat du District. Organisé par le commissariat à la Sécurité alimentaire en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la session a permis aux responsables des services déconcentrés de la sécurité alimentaire d’examiner et de valider le document de politique nationale. La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Agriculture, Agatam Ag Alhassane. Elle s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale, chargé de la Décentralisation, David Sagara, du 1er vice président du Haut conseil des collectivités territoriales, Mamadou Diakité, du commissaire à la sécurité alimentaire, Yaya Nouhoum Tamboura, et du représentant résident du PNUD, Maurice Dewulf. Faisant l’état des lieux de la situation alimentaire, le représentant du PNUD a félicité notre pays pour les progrès importants enregistrés au cours des vingt dernières années dans le domaine de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Ces résultats ont progressé de 1,8 million de tonnes de céréales en 1990 à 4,9 millions tonnes entre 2008-2010 puis à 6,4 millions tonnes lors de la campagne 2010-2011.

Cependant, a fait remarquer Maurice Dewulf, la mauvaise pluviométrie enregistrée au cours de la campagne agricole qui s’achève, fait planer des risques élevés d’insécurité alimentaire du fait d’une baisse de la production céréalière par rapport à la campagne précédente. Plus de 160 communes pourraient ainsi être confrontées à de sérieuses difficultés alimentaires. Ce contexte difficile souligne la fragilité des résultats obtenus et la nécessité d’agir pour maitriser la vulnérabilité face aux chocs des changements climatiques. Pour le responsable du PNUD, la question de la faim constitue encore un défi majeur pour le pays à cause des situations de crises alimentaires récurrentes. Ce défi est confirmé par les résultats d’une enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) qui indique que la malnutrition chronique touchait 27,8% des enfants de moins de cinq ans en 2010. Ces statistiques établissent que 950 000 enfants de moins de 5 ans souffrent d’une malnutrition chronique. Cette tendance actuelle n’est pas favorable à l’atteinte de la cible OMD de 13,5% à l’horizon 2015. De ce fait, l’approche de la date butoir de 2015 aiguise le besoin d’accroitre les efforts pour intensifier les progrès dans tous les domaines, particulièrement la sécurité alimentaire et la lutte contre la faim, a-t-il noté. A moins de cinq ans de l’échéance de 2015, notre pays, à l’instar de beaucoup de pays africains, a encore du chemin à parcourir pour atteindre les OMD.

Le deuxième rapport national de la cellule Cadre stratégique pour la lutte contre la pauvreté (CSLP) sur la mise en œuvre des OMD, élaboré en 2009, a constaté des évolutions dans les domaines de l’accès à l’eau potable, de l’éducation de base, de la lutte contre le VIH/ Sida, a indiqué Mamadou Diakité. Malgré ces avancées, les défis restent immenses, particulièrement dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la réduction de la pauvreté et de la lutte contre la faim. « L’approche de l’échéance nous impose le besoin d’accroitre nos efforts pour intensifier les progrès dans ces domaines », a-t-il estimé. Le Haut conseil des collectivités suggère d’intégrer la liste des 166 communes retenues dans un programme volontariste et ciblé sur l’accélération de la mise en œuvre des OMD. C’est en septembre 2000 lors de la 55è session de l’Assemblée générale des Nations unies que les dirigeants du monde et les principaux responsables des agences des Nations Unies ont convenu d’un ensemble d’objectifs et de cibles mesurables à l’horizon 2015, a rappelé le ministre de l’Agriculture. Cette projection vise à vaincre la pauvreté, la faim, les maladies, l’analphabétisme, contenir la dégradation de l’environnement et éliminer la discrimination à l’égard des femmes.

De ce fait, l’initiative de créer un cadre d’accélération des OMD a été encouragée en lors de l’assemblée des Nations unies au cours de sa 65è session sur les OMD en septembre 2010 à New York. L’atelier traduit ainsi la volonté des pouvoirs publics d’assurer de meilleures conditions de vie aux populations pour arriver à réduire de moitié entre 1990 et 2015, les proportions de personnes qui soufrent de la faim. Il faut renforcer le dispositif de sécurité alimentaire conjoncturelle et construire, dans un délai raisonnable et de façon durable, la sécurité alimentaire structurelle du pays. Les efforts consentis par les pouvoirs publics sont définis dans les documents d’orientation et stratégique, a expliqué Agatam Ag Alhassane. Il s’agit du cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté (CSCRP) ; de la Loi d’orientation agricole (LOA) ; de la Politique de développement agricole (PDA) ; du Programme national d’investissement du secteur agricole (PNISA) et la Stratégie nationale de sécurité alimentaire (SNA). Ce choix de lutter contre la faim, la malnutrition et la pauvreté cible en priorité les zones et les couches les plus vulnérables du pays.

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