Travail des enfants : Le Mali dans l’œil du cyclone

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Ils sont très jeunes, leurs âges varient  entre six et dix sept  ans. Ils auraient du être tous à l’école. Mais très souvent pour  des raisons économiques, ils se retrouvent de gré ou de force dans les orpaillages à travers le pays. Ils sont « à peu prés 20 000 » selon le rapport qu’a publié Human Rights Watch rendu public mardi 6 novembre dernier à la Maison de la Presse.

C’est un rapport de 124 pages intitulé : « Mélange toxique : travail des enfants, mercure et orpaillage au Mali » dont l’enquête a été réalisée sur les sites miniers du cercle de kenieba dans la région de Kayes; Baroya et Tabacoto dans les communes de Sitakili et Sensenko à kéniéba. L’équipe d’enquête a également rendu visite à un site minier dans la région de Sikasso précisément la mine de Worognan.

Plus de 150 personnes ont été interrogé dans le cadre de l’enquête. Il ressort que « les enfants subissent de nombreuses exploitations ». Chaque témoignage est choquant. Les enfants, sont nul doute utilisés pour des fins commerciales.  Ces travaux dans les mines sont de très grands risques pour les enfants, la plupart des enfants interrogés déclarent souffrir  des douleurs régulières dans le dos, à la tête, dans la nuque, aux bras ou aux articulations ».

Le témoignage de cet enfant dont l’âge est estimé à 6 ans (à Baroya dans la région de Kayes) est interpellateur : « je travaille sur le site minier. Je m’occupe des autres enfants et je transporte des minerais. C’est dur.». Mieux, le rapport indique que « les enfants descendent dans les puits instables qui peuvent à tout moment s’écrouler et transportent des charges qui pèsent plus lourd qu’eux et ils touchent et inhalent du mercure, l’une des substances les plus toxiques sur la terre ».

Le mercure fréquemment utilisé dans les sites

Dans tous les sites, « le mercure est fréquemment utilisé pour l’extraction des minerais. Cependant bon nombre ne savent pas le risque qu’ils courent en l’utilisant », précise les enquêteurs. Le mercure, est une substance toxique qui s’attaque au système nerveux central, est particulièrement nocif pour les enfants. Le pire est que ces enf         ants ne savent pas le danger au contact du mercure. « Je travail avec du mercure  et je le touche. Le mercure, c’est un négociant qui me l’a donné…Il m’a dit que le mercure, était du poison et qu’il ne fallait pas l’avaler, mais il n’a rien dit d’autre sur le mercure », explique Mariam une jeune fille travaillant dans le site de Worognan dont l’âge est estimé à 11ans.

Au delà de nombreuses maladies que peut engendrer l’utilisation du mercure, les enfants risquent (souffrent) des maladies respiratoires qui vont de la bronchite  à la pneumonie, en passant par la tuberculose.

Les troubles musculosqueléttiques sont très fréquents chez les enfants due au fait de tirer, creuser, de soulever et de transporter les lourdes charges de minerai. « Quand vous quittez la mine et que vous arrivez chez vous, vous avez mal partout, surtout la poitrine et dans le dos. J’ai aussi des problèmes de respiration, je tousse parfois », se plaint Oumar K, un enfant orpailleur dans la mine de Sensenko, dont l’âge estimé à 11 ans.  

Les sites miniers lieu privilégié de prostitution

Le taux de prostitution est très élevé dans les sites d’orpaillage artisanal. Certains  enfants (les filles) se livrent au commerce de sexe pour des raisons économiques. Certaines filles s’identifient comme étant des travailleuses du sexe. Les ONG sur la question de la prévention et du traitement du VIH dans les zones minières sont en contact avec les travailleuses de sexe adultes et enfants dans les mines artisanales de la région de Sikasso et de Kayes.

 Il y existe des cas de viols. Cependant des responsables gouvernementaux décrient le viol  comme pratique courante. Le rapport indique qu’une fille de 8 ans a été violée à la mine de M’pekediassa apparemment par un adulte de 53 ans. Ce cas n’est qu’un parmi tant d’autres.   

La fuite en avant des autorités des chambres minières

« Il n’ya pas de travail des enfants dans les mines d’or artisanales… un enfant ne peut pas faire ce travail. Certains ressemblent peut être à des enfants, mais ce sont des adultes, s’est qu’expliqué M. Abdoulaye Pona, tout nouveau président de la Chambre des Mines du Mali. Pourtant c’est tout le contraire qu’indique le rapport. La main d’œuvre des enfants des les orpaillages artisanaux est pour certains d’un apport économique important. Ils l’ont soit hérité des parents ou entrainé par d’autres personnes. Bon nombre d’enfants se plaignent également de la maigre paye journalière. Elles varient entre1000 à 3000 F cfa selon la capacité physique des uns et des autres.

 Certaines entreprises internationales d’achat d’or ont arreté leurs relations avec le Mali comme « Kaloti jewellery international » basée à Dubaï après avoir été informé du rapport de Human Rights watch qui fait du travail des enfants son cheval de bataille.    

Le Mali traine le pas dans l’application des accords internationaux dans la promotion des droits de l’enfant

De nombreux textes sont en vigueur sur la promotion des droits des enfants. Mais leur application demeure un sérieux problème. C’est pour cela que l’ONG Human Rights Watch exhorte les autorités maliennes à plu  s de vigilance et également de travailler à œuvrer avec les agences internationales pour éradiquer le travail des enfants.

Benjamin SANGALA

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