Vie associative : Crise de confiance entre la Fédération des Associations de Personnes Handicapées (FEMAPH) et ses membres

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Visiblement, le mois de mars est le mois de toutes les tensions au Mali. Après les magistrats, les chercheurs, les enseignants et  les médecins, ce sont les personnes handicapées, à travers leur organisation, le Réseau Handi Actions Développement et Perspectives (RHADP) de monter au créneau pour réclamer plus de transparence dans la gestion de la Fédération des Associations de Personnes Handicapées (FEMAPH).

Les personnes handicapées dénoncent une « mauvaise gestion »  de leur groupement, le FEMAPH. C’est dans ce sens que le Réseau Handi Actions Développement et Perspectives (RHADP) a fait une déclaration. Objectif : dénoncer un mal anonyme reçu par les handicapés et des menaces proférées à l’encontre de certains membres du bureau. Les personnes handicapées relèvent des « insuffisances » au niveau de la gouvernance du président de la FEMAPH, Moctar Bah, caractérisée, selon elles, par un « totalitarisme d’une autre époque » et expriment leur totale réprobation vis-à-vis des « disparités criardes » constatées au sein du bureau de la FEMAPH. Les personnes handicapées désapprouvent le « comportement irrespectueux, narguant et arrogant du président de leur fédération et de certains dirigeants du bureau ». En plus de cette déclaration du RHADP, les personnes handicapées demandent une explication claire et précise sur la gestion du président de la FEMAPH, Moctar Bah, qui intrigue plus qu’il ne convainc.

Bref, la Fédération des Associations de Personnes Handicapées est en proie à une gestion patrimoniale.  Sauf changement, les personnes handicapées du Mali risquent les jours à venir de faire le deuil de leur fédération.

Décidemment, la FEMAPH est malade. Malade de son président, Moctar Bah, qui n’en fait qu’à sa guise. « C’est fini, la FEMAPH est morte ! Elle n’existe que pour une poignée de membres proches du  président », confie une personne handicapée, l’air visiblement déçu. Avant de conclure : « si des changements ne sont pas apportés au sein de cette fédération, les prochains jours seront durs pour les personnes handicapés… »

Un bureau de mafieux pour des mafieux

Certes, Moctar Bah, président de la FEMAPH vaut mieux que rien. Mais il reste le pire des responsables de cette organisation, en ce qui concerne son management.

Le Ministre de la Solidarité, de l’Action Humanitaire, Monsieur Hamadou Konaté va-t-il prendre des mesures pour mettre fin au clanisme qui règne à la FEMAPH? En tout cas, le jeu en vaut la chandelle, rien que de part les pratiques d’outre-tombe qui ont cours dans la gouvernance du bureau de cette organisation.

La FEMAPH est en proie à une situation sans précédente. En premier lieu, l’éthique et la déontologie sont foulées au pied depuis des lustres. L’arrivée du président  Moctar Bah a permis une réglementation des pratiques frauduleuses au niveau  de la fédération. Normalement,  la réglementation engendre l’application rigoureuse des normes, mais on assiste, aujourd’hui, à un népotisme et une magouille sans précédent. En tout cas, voilà une situation qui loin de troubler l’ordre public (comme rapporteraient les maffiosi de la république), sonnerait comme une véritable alerte aux oreilles du ministre de la Solidarité et de l’Action Humanitaire. Si en réalité le ministre veut aller loin, il ferait mieux de tirer au clair  les affaires en cours à la FEMAPH. Sa crédibilité en dépend aussi, même si elle peut cacher d’autres affaires managées par des proches. Sauf s’il veut à l’instar de certains de ses prédécesseurs devenir « sinistre » de la Solidarité et de l’Action Humanitaire.

Jean Pierre James

Déclaration du Président du RHADP-Mali, Monsieur Djadja Traoré, adressée à la FEMAPH

Djadja Traoré

À l’attention de Monsieur le Président de la FEMAPH

 

N/Réf : 053/12/16P
Objet : Analyse de la Gouvernance organisationnelle et institutionnelle de la FEMAPH à partir de décembre 2015

Monsieur le Président,

Nous venons par la présente partager avec vous une analyse objective de la situation de notre organisation, la FEMAPH, une année après le renouvellement des instances et organes.
Après l’Assemblée Générale de décembre 2015, nous remarquons avec une grande préoccupation la mise en œuvre effective des fortes recommandations issues de cette assise. Nous citerons entre autres:
1. À la date d’aujourd’hui aucune initiative à notre connaissance n’est prise par rapport la révision des textes statutaires ;
2. L’absence de recevabilité vis-à-vis des instances régionales et locales;
3. Les mécanismes et/ou les modalités de fonctionnement de la FEMAPH sont méconnus par les nouveaux membres du Bureau Exécutif;
4. Une confusion terrible entre les rôles et responsabilités des membres du Bureau exécutif et des Agents de l’Administration de la FEMAPH;
5. Méconnaissance des orientations consignées dans les documents de planification et de gestion de la FEMAPH (Plan Stratégique, Plan d’action, Plan de travail, chronogramme de mise en œuvre, budget…);
6. La faible communication (interne et externe) et de visibilité des actions de la FEMAPH;
7. Le Faible portage des enjeux (la question d’emploi, travail et de l’éducation et la formation) par la FEMAPH;
8. La faible inclusion dans la mise en œuvre des actions de la FEMAPH;
9. Le non-respect de la tenue des sessions statutaires suivis de rétention de Compte Rendu et PV de réunions;
10. La crise de confiance entre la FEMAPH et ses membres;
11. Le faible leadership en terme de plaidoyer/lobbying en faveur des OPH;
12. La faible exploration par la FEMAPH des potentiels partenariats au bénéfice des OPH;
13. La non mise à niveau des nouveaux membres du Bureau Exécutif de la FEMAPH comme un levier de renforcement de la dynamique de groupe.
Cette analyse de la vie de la FEMAPH durant les 12 mois appelle de notre part des observations, tant sur la forme que sur le fond.
En effet, il importe de parer à l’urgence en mettant fin à de telles pratiques qui ne permettent pas une cohésion dans le groupe et moins un élan dans l’action globale au bénéfice de la cause des personnes handicapées pour leur pleine participation et l’égalisation des chances.

Le Président du RHADP, Djadja Traoré

 

Source  : Le Nouveau Réveil

 

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