Vœux des familles fondatrices de Bamako et des autorités religieuses : Des préoccupations partagées

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Le marathon des cérémonies de présentation des vœux du Nouvel an au chef de l’Etat a débuté vendredi. Le ton a été donné très tôt le matin dans le « Salon Mali », par les familles fondatrices de Bamako et les autorités religieuses.

Le premier orateur de la journée fut Modibo Niaré, porte-parole des familles fondatrices de Bamako. Le porteur de messages des familles Niaré, Dravé et Touré, a tenu à remercier le chef de l’Etat pour toutes les réalisations accomplies ces dernières années dans la ville de Bamako. A ce propos, il cité l’échangeur multiple, le troisième pont de Bamako et l’Hôpital du Mali. Il a, dans le même temps, abordé la question de l’insécurité, en constatant que malgré les efforts déployés par le gouvernement, le phénomène persiste à cause de l’afflux massif chez nous des populations de pays voisins. Abordant la question cruciale du chômage des jeunes, le porte-parole des familles fondatrices de la capitale a préconisé plus d’efforts pour l’adéquation de la formation et l’emploi.

Le président du Haut conseil islamique, Mahmoud Dicko, a parlé au nom de la communauté musulmane. Il a axé son intervention sur trois points qui préoccupent aujourd’hui les musulmans du pays : le calendrier des fêtes musulmanes, l’organisation du pèlerinage et le nouveau Code de la famille qui a été récemment adopté par l’Assemblée nationale en deuxième lecture après une première adoption qui avait soulevé une grande controverse. Heureusement grâce à la clairvoyance du chef de l’Etat, a noté Mahmoud Dicko, le Code a obtenu le consensus. Les musulmans se reconnaissent maintenant dans le document. De même, les difficultés liées au calendrier des fêtes musulmanes (à cause des différentes interprétations de l’observation de la lune) et à l’organisation du pèlerinage à la Mecque ont été aplanies.

La communauté musulmane de notre pays s’inquiète, par contre, de la sécurité alimentaire, de l’insécurité routière, du problème de l’école qui a aujourd’hui besoin d’une autre reforme, des problèmes du Nord et des élections de 2012 qui doivent être transparentes et régulières. Ces préoccupations ont aussi été évoquées par le chef de l’église catholique, Monseigneur Jean Zerbo, qui a jugé « important de rentrer dans le vif du sujet ». L’archevêque de Bamako a relevé que la sécurité alimentaire « nous enlève le sommeil car ventre affamé n’a point d’oreille ». Abordant la question de l’éducation, Jean Zerbo a noté que l’école va de mal en pis et que son redressement s’impose. Certes le Mali regorge de beaucoup de richesses, mais plus que tout, le trésor le plus précieux demeure le capital humain.

Pour le leader de l’église protestante, Daniel Coulibaly, « l’année qui s’achève n’a pas été facile mais Dieu ne nous a pas abandonnés ». Et l’année qui s’annonce dessine de grands défis à relever. Face à ces problèmes, le gouvernement doit être ferme et fort. Le pasteur de l’église protestante, Daniel Coulibaly a remercié le gouvernement pour le travail ardu qui a été accompli pour l’adoption du Code de la personne et de la famille. En réponse à ces vœux, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré a rappelé que c’est à l’occasion d’une de ses visites en Chine qu’il a pu obtenir du partenaire chinois, la construction du 3ème pont de Bamako. Le pont a coûté environ 30 milliards de Fcfa. Concernant l’insécurité routière, le président de la République estime que ce facteur est lié pour la plupart du temps à l’homme. Seule la sensibilisation permettra de venir à bout de ce phénomène. L’Etat va redoubler d’ardeur pour lutter contre.

Parlant de la situation au Nord et dans l’espace sahélo-saharien, le président Touré a révélé qu’il y consacre 50% du temps qu’il passe à Koulouba. Il a réaffirmé, comme il l’a déjà fait à maintes occasions, que la solution doit être sous-régionale, car le problème est sous-régional. Quant à la crise alimentaire, le gouvernement a pris des mesures pour que les céréales ne sortent pas du pays « en désordre ». Des stocks de sécurité ont été constitués et les banques de céréales seront renforcées. La diversification des productions et les cultures de contre-saison font partie des mesures prises. « Tout sera mis en œuvre pour circonscrire l’insécurité alimentaire et le problème d’eau ».

Le chef de l’Etat a reconnu que l’école traverse une grave crise. Mais une crise qui concerne essentiellement l’école publique. Beaucoup d’efforts ont été consentis pour sortir l’école de l’ornière. Mais les résultats ne sont pas à hauteur de souhait. Il a aussi abordé la question de l’assurance maladie obligatoire en indiquant que cette mesure a été initiée dans l’intérêt des travailleurs. Mais ceux qui n’en veulent pas sont libres de ne pas y adhérer. Et doivent être par conséquent remboursés. Instruction a été donnée dans ce sens au gouvernement. Dernier grand sujet abordé par le président de la République : les élections générales de l’année prochaine. Pour ce qui est de la présidentielle, Amadou Toumani Touré estime que lorsque le président sortant n’est pas candidat, 80% des problèmes sont résolus. Il a demandé à tous de s’investir en faveur de la mobilisation des électeurs pour inverser la mauvaise tendance du très faible taux de participation. L’Etat pour sa part fera tout pour que les opérations électorales se déroulent dans les meilleures conditions.

 

 

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