Bamako, place aux jeunes

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L'atelier formation et emploi au Forum de la Jeunesse, Ă  Bamako, le 11 janvier 2017
L'atelier formation et emploi au Forum de la Jeunesse, à Bamako, le 11 janvier 2017. © Marie Casadebaig/RFI

En attendant l’arrivée des chefs d’Etat et de gouvernements pour le sommet Afrique-France, les jeunes africains prennent la parole à Bamako. Depuis mercredi, ils ont leur rendez-vous dans la capitale malienne : le forum de la jeunesse.

Ils sont venus de tout le continent pour échanger pendant deux jours, mettre en commun leurs aspirations, leurs problématiques et transmettre leurs doléances, mais aussi leurs propositions à leurs dirigeants.

Cette année, le thème choisi est l’entrepreneuriat, mais le forum n’oublie pas les deux thématiques du sommet de vendredi et samedi, la paix et l’émergence.

Pour Mohamed Salia Touré, président du Conseil national de la jeunesse du Mali, tout est lié : « Il n’y a pas de paix possible, pas de stabilité possible ni même d’émerge sans un investissement sérieux dans la jeunesse ».

Pour une jeune femme de la diaspora malienne, cela passera par la lutte contre l’économie informelle, qui empêche le Mali d’accéder, selon elle, à sa place dans l’économie mondiale.

Un membre du Conseil national des jeunes du Congo-Brazzaville plaide lui pour le soutien et l’accompagnement des Etats aux jeunes entrepreneurs en prenant l’exemple du Kenya. « Une partie des marchés publics est réservée aux jeunes entrepreneurs » explique-t-il.

La formation et l’emploi

D’ici jeudi soir, les jeunes, souvent membres d’associations, vont pouvoir échanger lors d’ateliers. Depuis mercredi déjà, le bâtiment du Maëva Palace fourmille d’idées. Lorsqu’au rez-de-chaussée, on évoque la place de la jeunesse dans la réconciliation au Mali, au premier étage, on débat des problèmes rencontrés sur le marché de l’emploi. Et ils sont nombreux dans ce domaine.

Djibril a une maîtrise en géographie dans la poche, mais depuis trois ans, il ne trouve pas d’emploi dans son secteur. Un problème d’orientation évident et récurrent sur le continent, lui répond l’un des intervenants, Inoussa Traoré, économiste burkinabè et enseignant chercheur à Ouagadougou. Il prend l’exemple de son université : « Les sciences sociales et le droit attirent beaucoup d’étudiants. Ils cherchent tous à entrer dans la fonction publique et à devenir magistrats. Alors que seulement trente sont nommés chaque année ».

Pour lui, il y a pourtant des secteurs très porteurs et très recruteurs comme l’eau, l’énergie… Problème, aucune université de son pays ne propose de cursus dans ces domaines. Il faut alors se tourner vers les écoles privées, pas toujours adaptées au marché du travail, souligne un entrepreneur malien, présent également.

Autant de points qui rejoindront la liste des remarques qui sera transmise dès vendredi aux dirigeants africains, par le biais d’une déclaration commune.

 Par Marie Casadebaig RFI.FR Publié le 12-01-2017
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