Chronique du web : La « Grande Ile » s’offre la Francophonie !

A Tana (diminutif d’Antananarivo), la grand-messe de la Francophonie a vécu !

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Francophonie: les crises dans l’espace francophone s’imposent à la fin du sommet
Photo de famille lors du Sommet de la francophonie à Madagascar. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

A Tana (diminutif d’Antananarivo), la grand-messe de la Francophonie a vécu ! Le ban et l’arrière-ban du syndicat des Chefs d’Etat et de gouvernement s’étaient rendus sur la Grande Ile pour participer aux travaux du XVIème sommet de la Francophonie, organisé par l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie).

Aux yeux de l’observateur attentif, la tenue de ce sommet à Tana relève d’un gros paradoxe. En effet, il n’échappe à personne que le francophone de passage à Madagascar risque de n’y trouver interlocuteur tant notre belle langue est en recul dans l’ile de l’Océan indien qui tente un retour, au forceps, au sein de la communauté internationale. Qu’importe, me dira-t-on, la politique ayant ses raisons que la raison elle-même ignore ! En tous les cas, le Président Hery Rajaonarimampianina (vous n’êtes pas obligés de prononcer ce patronyme très prosaïque) boit du petit lait qu’il partage avec quelques privilégiés comme François Hollande, Justin Trudeau… ou encore Michaëlle Jean, la patronne de l’OIF dont, incontestablement, c’est le jour de gloire.

Au nombre de la cinquantaine de représentants francophones à ces assises, on comptait aussi les présidents centrafricain, tchadien, sénégalais, burkinabè… Certains habitués à ces grands rendez-vous internationaux étaient aux abonnés absents, retenus qu’ils étaient par des agendas domestiques qui ne leur laissaient guère de choix. Michaëlle Jean, anciennement Gouverneure générale du Canada, et qui n’a pas été du tout ménagée par les critiques ces derniers temps,  était dans son élément. Morceau choisi : « C’est avec tous nos entrepreneurs, les femmes, les jeunes qui ont de l’énergie à revendre, une créativité et un dynamisme dont on ne peut se passer ; c’est avec toutes ces forces vives qu’il nous faut penser et engager de manière inclusive la croissance partagée et le développement responsable ». Croissance partagée et développement responsable étaient justement la thématique retenue pour ce XVIème Sommet de la Francophonie. Gros chantier, s’il en fut, qui, aux dires des pourfendeurs de cette haïtienne d’origine, s’éloigne des terres traditionnelles de labour de la francophonie.

A mi-mandat, elle s’en défend avec une énergie incroyable et soutient, avec grand enthousiasme, qu’elle épouse l’évolution des problématiques du moment. C’est d’ailleurs à ce titre qu’elle est très pointue sur des questions comme la paix, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le développement durable et les migrations… Toutes choses qu’elle a eu l’occasion de défendre devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Et comme à ses habitudes, elle a joué merveilleusement bien au grand cœur et n’a pas raté cette belle opportunité de sonner le tocsin : « Nos valeurs de solidarité et de fraternité sont en danger ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les convictions de Mme Michaëlle Jean sont parfaitement partagées par les présidents du Tchad et du Niger qui, à la tribune de l’OIF, ont abondamment disserté sur les mêmes questions. Mieux, les porte-parole des Etats du Sahel ont appelé leurs pairs à rassembler leurs forces s’ils veulent se donner une chance, si infime soit-elle, pour relever les défis du moment. Idriss Déby ITNO et Mahamadou ISSOUFOU ont soutenu, sans nuances, que les pays du Sahel ont besoin de l’appui de la Francophonie qui est, à leurs yeux, un levier extraordinaire pour traiter les questions du changement climatique et des migrations, et un excellent instrument pour lutter contre le terrorisme.  Convictions partagées aussi par le président vietnamien, Tran Dai Quang, qui a invité ses pairs à « privilégier la coopération, à renforcer la solidarité au service de la paix ». Le Sahel a trouvé un excellent défenseur en cet orateur qui a affirmé aussi que « La paix et la stabilité sont conditionnées au développement durable ». De façon péremptoire, le Président vietnamien a lancé : « Aucun pays ne peut relever de manière isolée les défis de sécurité traditionnels et non traditionnels ». Ignorant superbement notre belle langue, le Président vietnamien a préféré intervenir dans sa langue maternelle, obligeant ainsi l’auditoire à se contenter d’une traduction dont on sait, par expérience, qu’elle est traitresse. Vedettes du jour, les présidents Rajaonarimampianina et Hollande ont co-animé une conférence de presse pour dire tout le bien qu’ils pensent de la Francophonie dont on oublie, parfois, qu’elle est née en terre africaine du Niger. Pour les férus des réseaux sociaux, le Hashtag #SommetMada16 permet de revisiter l’actualité liée à ce XVIème Sommet de la francophonie. ‏De nombreux comptes Twitter ont aussi couvert le Sommet qui sont une mine d’informations pour les journalistes et les autres. En voici un prestigieux échantillon : @OIFfrancophonie, @francophonie, @MichaelleJeanF, @JustinTrudeau, @fhollande, @Elysee.

Serge de MERIDIO

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3 COMMENTAIRES

  1. Mais ils ont où les bada haram, les sardines et autres al conda… lorsqu’on a besoin d’eux pour nous débarrasser de nos misérables vieux parasytes ?

    Une mitraillette dans le tas, et nos peuples peuvent espérer repartir avec d’autres dirigeants que ces minables vieux sous-hommes soumis à la FranSS…

  2. Grave révélation sur le pacte colonial entre la France et quelques pays africains://reseauinternational.net/grave-revelation-sur-le-pacte-colonial-entre-la-france-et-quelques-pays-africains/#Wt6Dw26HX5zDM4q5.99

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