Arrêt des courses hippiques en attendant les assemblées extraordinaires de la ligue et de la fédération Le récit de l’histoire la plus rocambolesque de 2011

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Face l’ampleur du désordre constaté dans les statuts et la gestion de la discipline, le ministère de la Jeunesse et des Sports et le comité national olympique se sont vus contraindre à prendre des mesures drastiques pour mettre de l’ordre au sein de la discipline. En effet, depuis sa création, la ligue de Bamako et la fédération fonctionnaient dans l’informel au nez et à la barbe des autorités. Et depuis aucune assemblée élective n’a été organisée pour mettre ses instances en place. Conformément à la volonté de Mamadou Tièoulé Konaté, les cartes ont été distribuées en fonction de ses affinités. Fort de cette tolérance des autres acteurs, le président de la ligue de Bamako, mettra le feu en décidant de radier ceux  qui ont osé demander des comptes sur la gestion  faite des 100 millions mobilisés pour les besoins du grand prix du cinquantenaire de la nation.
 
En outre, Mamadou Tièoulé Konaté et sa suite reprochaient au plus grand ex propriétaire du champ hippique d’avoir donné en guise de cadeau deux de ses chevaux respectivement à ATT et au Chérif de Nioro. Pour les membres du bureau, le propriétaire de l’écurie Chelsea connu pour ses largesses y compris envers eux même, cherchait à se faire un nom. Depuis lors, la fédération a décidé de s’en prendre ouvertement à cet homme qui faisait la pluie et le beau temps au champ hippique, mais aussi dans les zones de provenance des chevaux.


LE GRAND PRIX DE LA NATION, UNE OPPORTUNITE DE VENGEANCE
Arrogants, rancuniers et déterminés, les membres de la fédération ont décidé d’attendre le grand prix de la nation pour se venger d’une écurie qui faisait vivre le champ hippique. Pour la circonstance, le frère cadet des entraineurs de cette écurie fut instrumentalisé pour affronter ses frères. En  plus du désastre dans la gestion financière, un plan mafieux avait été monté. Ce plan s’articulait comme suit : « tout sauf l’écurie Chelsea ». Devant le président de la république, ce plan fut initié, planifié et exécuté par les hommes de mains du secrétaire général adjoint de la présidence de l’époque, actuel conseiller spécial du président ATT.
Malgré la présence d’une dizaine de chevaux sur les vingt de l’écurie Chelsea, tous qualifiés par mérite, le vainqueur était d’avance choisi par la fédération. Ainsi, dès l’entame de la course, les images de l’ORTM et d’une camera privée peuvent l’attester, les jockeys de Chelsea ont été systématique attaqués. Certains arrachés du dos de leur monture, d’autres des coups de points et de cailloux. Résultat, l’un s’en sort avec une clavicule cassée, les autres traumatisés. Ainsi, le Jockeys qui a donné plus de coup fut proclamé vainqueur au mépris des textes de la discipline.
Déçu par le bureau fédéral, qui pourtant l’avait prié en son temps de venir au secours de la discipline moribonde, le propriétaire de l’écurie Chelsea décida de quitter définitivement la discipline. Pour lui, il serait difficile de justifier la mort d’un de ses jockeys par une pure méchanceté. Sur le champ, il distribua tous ses chevaux. Ce fut le jour le plus noir du champ hippique.
LE DEBOIRES FINANCIERS DE LA FEDERATION
C’est après la tenue du grand prix de la nation du cinquantenaire, que certains membres du bureau ont su avec des relevés de banque à l’appui, qu’une centaine de million de nos francs avait été récoltée uniquement pour les besoins de cette compétition. A part Mamadou Baba Sylla, Mamadou Tièoulé Konaté, Ousmane Sylla et Dominique Sémega, aucun autre membre du bureau n’était selon nos investigations informé d’une telle rentrée d’argent. Pourquoi ? La question reste sans réponse, même si chacun peut déjà se faire une idée. Curieusement, la fédération n’a jamais honoré ses engagements concernant les enveloppes d’argent reçues. Elle s’est contentée selon plusieurs sources concordantes, d’affirmer que les sous promis n’ont pas été au rendez-vous. Pourquoi ? Une autre zone d’ombre !


Ayant eu vent de cette situation et de la découverte de deux nouveaux comptes au nom de la fédération au sein d’une même banque (BRS), le trésorier en exercice qui a été injustement écarté pour des raisons encore obscures de la gestion de cette manne a décidé de porter plainte devant le pôle économique pour malversation contre X. Sans attendre que la justice fasse sont travail, la fédération et la ligue ou du moins certains membres, décidèrent  de se venger aveuglement au mépris des règles de l’hippisme. Pourtant les relevés dont nous avons des copies indiquent clairement que Mamadou Tièoulé Konaté qui n’est que le secrétaire général de fédération était subitement devenu le trésorier. Pis, il était le seul signataire des sorties d’argent en violation des statuts qui prévoyaient une double signature (le président et le trésorier).


 UNE VENGEANCE SORDIDE
Connu pour son mépris envers ses semblables, le président de la ligue décida de se substituer au président de la fédération qui fait office de marionnette. Dans un premier temps, il décida d’intenter une procédure judiciaire pour expulser le trésorier et les entraineurs de l’écurie Chelsea du champ hippique. Malgré le trafic d’influence qui n’a pas fait défaut, la fédération mordra la poussière devant la cour d’appel qui infirma la décision rendu par le Tribunal de Première Instance de la Commune II. Après son échec devant les juridictions, le clan décide de se rabattre sur les instances pour solder leur compte. A cet effet, une assemblée ordinaire fut organisée à la place d’une assemblée extraordinaire. Pour eux, l’expulsion des membres qui ont osé demander des comptes n’était qu’une formalité. Heureusement, ce jour là, nous étions dans la salle pour constater la mascarade et les non dits qui entouraient cet exercice. Sans aucune cérémonie d’usage encore moins un officiel, les participants dont le nombre reste jusque là inconnu, se sont attaqués aux autres qui ont demandé des comptes.


Dans cette situation de cafouillage, quelques minutes plus tard on remet à la presse deux listes de bureaux, l’une pour la fédération et l’autre pour la ligue. Alors que, personne ne savait que les deux assemblées (ligue et fédération) se tenaient simultanément sans avoir les mêmes membres. C’est ainsi que, nous avons constaté que Mamadou Tièoulé Konaté, secrétaire général de la fédération, président de la ligue, était aussi le trésorier et le commissaire au compte de la ligue et de la fédération.


A la lecture des deux listes, nous avons constaté que certains membres avaient été remplacés. Pourtant, aucun des membres rentrants n’étaient dans la salle, aucun vote n’a sanctionné les travaux, aussi bien pour la radiation que pour le choix des remplaçants.
Malgré certains propos visant à légitimer une situation indescriptible et insolite, c’est avec un gout amer que nous somme rentrés dans nos différentes rédactions. Après plusieurs années dans la presse, c’était notre première fois de voir une assemblée de la ligue et de la fédération couplées, sans que les membres de la ligue ne soient conviés.


UN MEPRIS AFFICHE POUR LES AUTORITES

Avec un égo sans égal, le conseiller spécial du président de la république a décidé de défier les lois de la république. C’est avec consternation que les passionnés de la discipline et les habitants de la commune II ont appris le 20 Novembre dernier que Mamadou Tièoulé Konaté a tenté de violer l’arrêté du ministre de la Jeunesse et des Sports qui fixait la reprise des compétitions au 27 du même mois. Même si le pire a été évité de justesse, grâce à la clairvoyance des forces de l’ordre dépêchées sur place, les populations qui ont failli être les victimes collatérales de l’arrogance du président de la ligue ne décolèrent toujours pas. Si les Jeunes se demandaient si toute fois, il est normal qu’un pensionnaire de la présidence se comporte ainsi, les vieux nostalgiques de l’époque croyaient rêver.  Le pire est qu’il était entrain d’user du nom du chef de l’Etat pour défier un ministre nommé par celui-ci comme l’atteste ses entretiens avec le 1er adjoint au maire de la commune II. Même si la suite des événements a prouvé le contraire, il a démontré un malaise au sommet de la république.
Après la tentative de violation du 20 Novembre, la fédération malienne d’hippisme dont le bureau a été déclaré illégal et illégitime par le ministère à travers l’expertise d’un directeur national des sports dont la compétence et les diplômes sont sans rares au Mali, elle a récidivé le samedi 31 décembre dernier. Contrairement à la demande du département de sursoir à toute assemblée en attendant la fin de la médiation entamée par le comité olympique, la fédération a tenu une assemblée générale à cette date dans un bar non loin du champ hippique et connu pour autre chose. Oublie-t-elle que les infrastructures sont la propriété du Ministère de la Jeunesse et des Sports ? Telle est la question.
Face à ce mépris clairement affiché, il est temps que l’Etat à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports et celui de l’Economie et des Finances réagissent. Pour le premier, il s’agit de nommer au plus vite un directeur au champ hippique, tout comme les autres infrastructures du département, car le champ hippique est devenu une caverne d’Ali Baba entre les mains d’un clan. À ce jour, avec les jardiniers, le bar et restaurant, le club hippique et les écuries, la fédération récolte plusieurs dizaines de millions de nos francs qui ne sont pas investis dans la discipline. Contrairement à ce que certains de la fédération affirment, le changement au champ hippique se limité à la porte d’entrée financée  directement par le PMU-Mali à l’occasion du grand prix du cinquantenaire. En ce qui le concerne le ministère des l’économie et des Finances, il doit être un peu plus regardant sur la destination de l’argent du contribuable qu’il alloue annuellement à travers le PMU-Mali à la fédération malienne d’hippisme.    
C’est à ce seul prix que la bonne gouvernance tant souhaitée par le ministère de la jeunesse et des sports et le comité Olympique sera une réalité.


LES EFFORTS DU MINISTERE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS
Malgré le trafic d’influence et les intimidations dont le département à fait l’objet, le ministère a tenu bon, surtout depuis l’arrivée de PPR. En effet, après la décision de fermeture et de suspension de la subvention de l’Etat après le refus de la fédération de répondre aux convocations du directeur national des sports, Mamadou Tièoulé Konaté s’était autorisé une descende au Ministère. L’objectif de cette tentative d’intimidation était de faire comprendre à certains cadres qu’ils pouvaient déjà commencer à plier les bagages, car qu’il allait bientôt être nommé ministre des lieux. Même si les amoureux des chevaux connaissent la suite, le Directeur National des Sports directement visé et qui n’a pas bénéficié de circonstance atténuante pour être à son poste, ne s’est pas inquiété de la situation. Bien au contraire, il a continué son travail.


Petit à petit, la vérité a fini par éclater  grâce à la persévérance et à la détermination du Ministre « PPR » à ne pas cautionner l’injustice, fut-elle celle d’un haut perché. Ainsi le bureau a fini par montrer sa face cachée de l’iceberg. Au delà, des acteurs directement concernés, cette affaire sans précédant à ébranler toute la nation.
 
Loin d’une volonté d’acharnement contre qui que se soit, notre objectif est de combattre une pratique dont un article ne suffit pas pour dénoncer. Aujourd’hui, l’histoire est entrain de prouver que nous avons eu raison de continuer à suivre le dossier. Les autorités ont pris la température des dérives. Avec l’aide du comité olympique, les assemblées extraordinaires qui auront comme ordre du jour, la relecture des textes et la mise en place d’un bureau digne de ce nom au niveau de la ligue de Bamako et de la fédération permettront de boucler définitivement la partie administrative du dossier, car l’épée de Damoclès plane toujours sur la fédération au niveau du pôle économique. C’est cela notre rôle, malgré les menaces de mort, les insultes, nous continuons notre travail de sentinelle de la liberté collective et individuelle dans notre cher Mali. Car personne ne le fera à notre place.
A  suivre…
Lamine Diallo

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