Assemblée générale du Djoliba ce samedi : Les atouts de Allah ka Bourama !

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L’assemblée générale du Djoliba AC se tient ce samedi 25 mars au complexe sportif Hèrèmakono, sis à Torokorobougou. Principal ordre du jour : l’élection d’un nouveau président. Deux candidats sont en lice, le sortant Tidiani Médian Niambélé et Bréhima Traoré, tous anciens footballeurs du club.

Dans l’histoire de présidence des clubs au mali, on parlait peu ou prou de succession avant le 21è siècle. Le président cédait son fauteuil s’il était seulement frappé par la limite d’âge, ou de son plein gré. Les cas des Tiéba Coulibaly (Djoliba AC) ; de Ben Oumar Sy, Fousseyni Diarra, (Stade malien) et de Mamadou Samba Konaté (As Réal) sont assez illustratifs. Autre temps, autre réalité. C’est vers la fin de la décennie 2000 que l’ambition pour la présidence des clubs a réellement pris de l’ampleur, avec les cas de Karounga Keïta dit Kéké (Djoliba AC) Mahamadou Samaké (Stade malien de Bamako). A ce titre Kéké incarne cette lutte féroce entre les vieux et les jeunes. C’est ainsi qu’il a quitté la tête du Djoliba AC le 20 mars 2013 (au terme de plus de dix ans de résistance), pour passer le témoin à Boubacar Baba Diarra. Lequel n’aura fait que quelques mois avant d’être élu président de la Femafoot. Et le 19 novembre 2013, Tidiani M. Niambélé prend les rênes de l’équipe de Hèrèmakono.  Aujourd’hui encore cette vague de succession continue au Djoliba, et cela à la faveur d’une assemblée générale prévue ce samedi, avec comme ordre du jour principal, l’élection d’un nouveau président.

 

Allah ka Bourama : le grand favori

Deux candidats sont en lice : le sortant Tidiani Niambélé et Bréhima Traoré, tous anciens joueurs du club à un haut niveau. Nous avons voulu rencontrer les deux candidats. Malheureusement, Tidiani Médian Niambélé est demeuré inaccessible malgré un rendez-vous fixé en bonne et due forme. Nos différents appels téléphoniques et sms en font foi.

A l’impossible nul n’étant tenu, nous publions dans ce numéro notre entretien avec le second candidat Bréhima Traoré que tous les Maliens reconnaîtront si nous disons Allah ka Bourama. D’entrée de jeu, celui qui est, selon les sondages, le grandissime favori se dit exacerbé par les problèmes qui minent aujourd’hui le Djoliba. Pour lui ceux-ci se résument au manque de dirigeants capables d’apporter des changements, l’effritement de l’esprit voire de l’identité du club, la gestion approximative, une crise évolutive  qui se traduit par la non adaptation du club aux principes de la vie associative, de l’environnement sportif, et la crise de résultats techniques.  Bref son club de cœur, en l’en croire, a besoin d’un second souffle, pour le changement d’homme, de mentalités et de comportement. Et l’urgence est là pour restaurer cet état d’esprit, de respect, de tolérance et de solidarité. Parce que, selon Bréhima, le Djoliba ne gagnera pas dans la division face au monde qui le regarde, à travers son histoire. Convaincu des conséquences de ces maux dans son club, l’ancien international, considéré comme le joueur le plus complet de sa génération, a donné les motivations de sa candidature. En ces termes : « Depuis 2011, les anciens joueurs du Djoliba ont fait le constat qu’il fallait une relecture des textes du club, une réconciliation de la famille rouge, une  réorganisation, technico administrative. Parce que ces textes ont créé des fractures entre les fils d’une même famille qui ne regardent  plus dans la même direction. Il y a problème  ».

En ayant de telles motivations pour se porter candidat, faudrait-il avoir un projet pour convaincre les supporters. C’est pourquoi, Bourama Traoré présente un projet dont les grands  axes s’articulent autour de :

-la réorganisation du Djoliba en tenant compte du professionnalisme, devenu une obligation ;

-la création d’un Conseil d’Administration avec des textes qui le régissent ;

-la création d’un Comité exécutif chargé de tous les aspects administratifs financiers, et de l’éthique ;

-la réorganisation des comités des supporters avec de nouvelles innovations ;

-la redynamisation du comité des sages du Djoliba ;

-la formation à la base, parce que le club ne vit  plus de sa pépinière ;

-la création du football féminin ;

– le développement des  autres disciplines du club avec des moyens conséquents.

Au-delà de sa candidature  et à la question de savoir s’il existe un parallèle entre le Djoliba d’hier, et celui  d’aujourd’hui, l’ancien international est formel : il n’existe pas de comparaison possible. La raison est toute  simple : à  leur époque et avant eux (1960-1990), les jeunes étaient formés au club, avec ses valeurs. On leur inculquait l’histoire, la réputation, la personnalité du Djoliba. Mais aujourd’hui, poursuit-il, c’est tout à fait le contraire. Le club ne puise plus dans son centre de formation. Les joueurs viennent d’ailleurs, avec d’autres mentalités. Et ceux qui sont partis à l’extérieur ne pensent pas à aider le club.

Face au président sortant Tidiane Niambélé, Bourama Traoré se dit confiant et trouve ainsi l’occasion pour réunir la famille rouge autour de son projet. Pour cela, il en appelle au sens élevé de responsabilité de tous les dirigeants, afin que cette assemblée générale du samedi ne soit pas encore celle d’une fracture entre les enfants du Djoliba. Parce que le club est tout pour lui, et le travail abattu par les Karounga Keïta,  feux Tiéba Coulibaly, Tiécoro Bagayoko et autres doit être préservé et suivi.

  1. Roger Sissoko
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