Au rebond : La nécessite de la clarté

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Il faut donner aux Aigles 2012 un destin différent de celui de la génération 2004.

« Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas triompher ». Le reproche adressé au célèbre général carthaginois pourrait être paraphrasé pour caractériser la succession de chances gâchées qui a constitué le parcours des Aigles au cours de la décennie écoulée. Lors de la CAN organisée sur ses terres, la sélection nationale avait, à force de talent et de volonté, réussi une émergence remarquée. Mais elle n’a pas été capable de fortifier cet élan premier et d’installer la constance au cœur de sa progression. En 2002 l’entraîneur Henry Kaspersczak qui avait réussi l’exploit de bâtir en trois mois un ensemble compétitif, fut curieusement « oublié » par la Fédération malienne de football alors que l’envie de consolider en travaillant sur le moyen terme ne lui manquait pas. Henri Stambouli qui, deux ans plus tard, accomplit un miracle quasi identique connut la même mésaventure au terme d’un parcours tunisien globalement gratifiant pour les Aigles. Le technicien français avait en un laps de temps très court remis d’aplomb une sélection désagrégée par une qualification plus que laborieuse et l’avait fortifiée par l’inclusion de Frédéric Oumar Kanouté et « Momo » Cissoko qu’il avait convaincu d’endosser les couleurs maliennes. Lui aussi était intéressé à faire un bout de chemin avec ses protégés. Lui non plus ne reçut aucun écho rassurant en retour. La non reconduite de Stambouli pourrait être considérée comme un tournant. Ce fut, en effet, à partir de là qu’une équipe à qui tous les spécialistes prédisaient une présence de longue durée parmi les cadors africains périclita, s’enfonçant de plus en plus profondément dans le tunnel de la bataille des egos, des polémiques financières, des guerres de clans et de la manipulation des encadrements.

Le déclin s’est prolongé sur six ans, sanctionné par une non qualification au tournoi final de 2006 et par des éliminations aussi précoces que piteuses au Ghana et en Angola. Cette triple peine a sonné le glas d’une génération exceptionnellement talentueuse, mais incroyablement difficile à motiver. En refermant la porte derrière elle, cette génération laisse au public la conviction d’un immense gâchis perpétré par une phalange qui était taillée pour triompher, mais qui n’a pas pu vaincre ses égoïsmes. Aujourd’hui il faut tirer les leçons de ce passé encore très proche pour préserver ce qui est en train d’éclore. A maints égards, les Aigles 2012 rappellent le groupe de 2004 : la même détermination, la même jeunesse, le même talent, la même envie de s’affirmer, la même capacité à produire un football pensé. Comme leurs prédécesseurs, nos sélectionnés actuels ont fait irruption de manière inattendue sur la grande scène africaine. Et comme eux, ils démontrent un potentiel qui ne demande qu’à se convertir en maîtrise et en savoir-faire. Un groupe prometteur est donc en émergence. Il a le double mérite de croire en lui-même et d’avoir ressuscité la confiance du public. Il reste toutefois fragile et largement perfectible, surtout dans son expression offensive. Le moment est donc venu d’engager clairement un pari sur l’avenir, notamment en ce qui concerne l’entraîneur Giresse dont l’implication est reconnue et les limites connues. De la réponse qui sera donnée par la Fédération et aussi de la manière dont cette réponse sera formulée, on saura si le temps des non décisions et de l’absence de vision est derrière nous.

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Confiance<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 129</span>
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Confiance 129
4 années 7 mois plus tôt

Merci Kalifa

Le Miyanka<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 4</span>
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Le Miyanka 4
4 années 7 mois plus tôt

Merci L’equipe de sport du Journal l’essor, alors membres de la FEMAFOOT,svp pour le bonheur du publique sportif malien qui a tant souffert ces dernières annees,il faut tirer toutes les consequences qui s’imposent à la lumieère de cette annalyse de notre football. Chers compariotes, bref de discutions, disputes unitiles dirai-je,que cette FEMAFOOT s’affirme ou dégage avant qu’il soit trop tards 🙄 🙄 🙄

521<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 4</span>
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521 4
4 années 7 mois plus tôt

très bon article comme koi il faut revenir sur terre et rester souder pour l’avenir que j’espere glorieux

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