Blatter entendu dans le cadre d’une enquĂŞte en France sur les Mondiaux de foot en Russie et au Qatar

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Paris (AFP) – L’ancien prĂ©sident de la Fifa, Sepp Blatter, a Ă©tĂ© entendu comme tĂ©moin dans le cadre d’une enquĂŞte française sur les conditions d’attribution des Coupes du monde de football 2018 en Russie et 2022 au Qatar, a-t-on appris jeudi de source proche de l’enquĂŞte.

Sepp Blatter, contraint au dĂ©part après le vaste scandale de corruption qui a dĂ©stabilisĂ© l’instance, a Ă©tĂ© entendu en Suisse le 20 avril dans le cadre d’une demande d’entraide pĂ©nale internationale des autoritĂ©s judiciaires françaises, a prĂ©cisĂ© cette source, confirmant une information du Monde.

Le parquet national financier avait ouvert en 2016 une enquĂŞte prĂ©liminaire pour “corruption privĂ©e”, “association de malfaiteurs”, “trafic d’influence et recel de trafic d’influence” sur des soupçons de corruption Ă  la FĂ©dĂ©ration internationale de football (FIFA), en lien avec l’attribution de ces deux Coupes du monde, selon une source judiciaire.

Des enquêtes ont déjà été lancées par les justices suisse et américaine.

La dĂ©signation du Qatar, richissime Ă©mirat gazier, le 2 dĂ©cembre 2010, par les membres du comitĂ© exĂ©cutif de la FIFA, avait Ă©tĂ© l’un des dĂ©clencheurs de la grave crise qui secoue l’instance.

La victoire du petit Etat du Golfe, où les températures caniculaires en été rendent la pratique du football difficile voire impossible, avait immédiatement déclenché des soupçons de corruption.

En octobre 2015, Sepp Blatter avait ajoutĂ© Ă  la polĂ©mique en mettant en cause la France. Selon lui, “un arrangement diplomatique” existait pour que les Mondiaux 2018 et 2022 aient lieu en Russie puis aux Etats-Unis, un plan qui aurait Ă©chouĂ© Ă  cause de “l’interfĂ©rence gouvernementale de M. Sarkozy”.

“VoilĂ  encore un autre qui me prĂŞte beaucoup de pouvoir”, avait ironisĂ© l’ancien prĂ©sident de la RĂ©publique.

France Football avait aussi Ă©voquĂ© “une rĂ©union secrète” Ă  l’ElysĂ©e le 23 novembre 2010, Ă  laquelle participaient Nicolas Sarkozy, le prince du Qatar, Tamim bin Hamad al-Thani, et l’ancien patron de l’UEFA Michel Platini. Son but supposĂ©: s’assurer que Platini voterait pour l’Ă©mirat.

Un “tissu de mensonges”, s’Ă©tait indignĂ© l’ancien numĂ©ro 10 des Bleus, qui n’a pas Ă  ce stade Ă©tĂ© entendu dans le cadre des investigations menĂ©es par le PNF, d’après la source proche de l’enquĂŞte.

Joseph Blatter et Michel Platini sont visĂ©s par une enquĂŞte distincte de la justice suisse. Elle porte sur le paiement suspect en 2011 de 1,8 million d’euros de l’ancien patron du football mondial Ă  l’ex-prĂ©sident de l’UEFA, des soupçons qui valent aux deux hommes d’ĂŞtre suspendus de toute activitĂ© liĂ©e au football.

“Il faut que Platini revienne” pour reprendre “l’UEFA ou la Fifa”, a estimĂ© la semaine dernière Sepp Blatter auprès de l’AFP, assurant qu’il disposait “d’Ă©lĂ©ments” pour tenter d’obtenir l’annulation de la suspension qui frappe les deux anciens patrons du football mondial et europĂ©en.

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