Confédération africaine de football : Quand Hayatou évite la porte de la sagesse !

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A 76 ans et candidat à un... 8e mandat, Issa Hayatou a été renvoyé dans les vestiaires par Ahmad (à gauche)
A 76 ans et candidat à un... 8e mandat, Issa Hayatou a été renvoyé dans les vestiaires par Ahmad (à gauche)

Présider la Confédération africaine de football (Caf) ! C’était toujours son rêve ! Et il s’en était discrètement ouvert à votre serviteur pendant nos études pour l’obtention du master en management des organisations sportives (MMOS, 2005-2006) entre Paris, Genève et Lausanne. Un programme de la Solidarité olympique en partenariat avec l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) de Paris et l’Université Claude Bernard de Lyon.

A l’époque, il présidait déjà la Fédération malgache de football depuis près de trois ans. Ce jour, nous lui avons conseillé de ne pas se précipiter, mais de poser progressivement ses pions par des actes concrets, des initiatives pertinentes et surtout de se battre d’abord pour intégrer la Caf et la Fifa afin de mieux connaître les rouages. Ce sont des organisations verrouillées de l’intérieur. Il faut dans ce cas être dans le système pour l’évaluer, baliser ses failles et aussi se faire discrètement des alliés sur qui compter au moment venu.

Ahmad l’a fait. Le Malgache a réalisé son rêve et brisé celui d’Issa Hayatou  qui voulait visiblement mourir dans le fauteuil de président de la Caf. Trop sûr de son système (comme Yahya Jammeh récemment en Gambie), il n’a pas senti le vent tourné en sa défaveur, ratant du coup une porte de sortie honorable. En conséquence, il a été presque humilié par Ahmad avec ses 34 voix contre 20. Une page de l’histoire du football a été tournée sans doute à Addis-Abeba ce 16 mars 2017.

A 76 ans, Hayatou briguait un 8e mandat qui, s’il était élu, aurait été loin d’être le dernier. Quant l’Afrique du foot l’élisait pour la première en 1988 au Maroc, celui qui vient de le détrôner n’avait pas que… 29 ans ! C’est dire que si Issa avait su partir à temps, il aurait pu être une idole pour celui qui a réussi la prouesse historique de le mettre à la porte.

Mais, il s’est accroché à son fauteuil comme à une bouée de sauvetage, au point d’oublier que dans la vie il faut savoir passer main pour sortir par la grande porte.

Certes Ahmad a gagné un pari : battre Issa Hayatou à son propre jeu ! Mais, le défi, c’est de le déraciner, démanteler le système vicieux mis en place autour du culte de sa propre personne. Tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui devenaient systématiquement des adversaires à battre. Il faut aussi déverrouiller le système mis en place après des tripatouillages des statuts et règlements pour assurer au Camerounais une présidence à vie.

C’est l’alternance qui apporte l’indispensable cure de jouvence à une organisation en lui insufflant plus de vitalité et de dynamisme, donc l’efficacité escomptée par tout un continent. Ces dix dernières années, la Caf était devenue une chose de Issa Hayatou et des vautours qui y trouvaient leur compte. Peu d’Africains, notamment la jeunesse, s’y identifiaient.

S’il veut réellement entrer dans l’histoire du football africain, Ahmad doit détruire ce système. Sans se livrer à une chasse aux sorcières, il doit ouvrir l’institution à de nouvelles compétences pour réellement la hisser sur la voie de l’avenir.

Après Habib Sissoko qui a pris les rênes de l’Union africaine de judo (UAJ) le 6 avril 2016 à Tunis (Tunisie), c’est Ahmad qui prend les commandes de la Caf. D’ailleurs, Issa Hayatou aurait dû s’inspirer du général Lassana Palenfo qui a réussi un passage de témoin dans la douceur et la sagesse.

Le changement est en marche et l’avenir doit être au rajeunissement aussi bien dans les organisations sportives nationales que continentales. Mais, les jeunes doivent savoir qu’il ne s’agit pas de prôner le changement, il faut aussi l’incarner. Le changement est une œuvre de longue haleine. Bousculer les habitudes pour changer un système demande de la volonté, mais aussi de la persévérance comme l’a démontré Ahmad.

La vieille garde n’ouvrira pas les portes de gaieté de cœur. Il ne faut pas les défoncer ou entrer par effraction parce qu’on veut une place au risque de jeter le bébé avec l’eau de bain. Il ne faut pas volontairement frustrer pour se positionner parce que, même en cas de victoire, les frustrations peuvent devenir le lit de la contestation, donc de la déstabilisation.

La confiance et l’estime se forgent, et le plus souvent à la tâche et dans le respect de l’autre. Il faut se faire reconnaître, se faire valoir par ses mérites et les valeurs qu’on incarne.

Les valeurs représentent la fondation et la charpente de tout édifice qui se veut solide pour affronter le temps et les intempéries. Et les victoires des valeurs et des principes sont, en général, les plus pérennes car elles rassemblent !

Moussa Bolly

 

Hassan Musa Bility évince Amadou Diakité

Après l’élection de son président, la 39e assemblée générale a procédé au renouvellement partiel des membres de son comité exécutif. Une élection qui n’a pas souri au Mali puisqu’Amadou Diakité a perdu, au profit du Libérien Hassan Musa Bility, sa place représentant de la Zone Ouest A dans le comité exécutif. La grande division qui règne dans la famille du football malien ne lui a sans doute pas permis de s’assurer les soutiens indispensables dans la zone où les jeunes loups ne cessent de sortir des bois.

 

Les membres du Comité exécutif de Caf pour la période 2017-2021 sont :

Zone Nord : Fouzi Lekjaa (Maroc)

Zone Ouest A : Hassan Musa Bility (Liberia)

Zone Ouest B : Amaju Melvin Pinnick (Nigeria)

Zone Centrale : Adoum Djibrine (Tchad)

Zone Centre-Est : Suleiman Hassan Waberi (Djibouti).

Zone Sud (2 postes) : Danny Jordaan (Afrique du Sud) et Rui Eduardo da Costa (Angola)

Poste femme : Isha Johansen (Sierra Leone)

Les représentants africains au Conseil de la Fifa (2017-2021)

  1. Catégorie arabophone, Lusophone, Hispanophone : Tarek Bouchamaoui (Tunisie)
  2. Catégorie francophone : Omari Constant Selemani (RD Congo)
  3. Catégorie anglophone : Kwesi Nyantaki (Ghana)
  4. Catégorie ouverte (3 postes à pourvoir dont au moins un membre féminin) : Almamy Kabele Camara (Guinée), Lydia Nsekera (Burundi). Un poste restera à pourvoir à ce niveau.

L’autre fait notable de la 39e assemblée générale de la Caf, tenue à Addis-Abeba le 16 mars 2017, est l’admission, à l’unanimité, de Zanzibar comme 55e membre de la Confédération africaine de football.

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