Crise du nord-Mali : Quelles conséquences sur le sport ?

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Depuis les premières heures de la crise malienne, toutes les composantes du Sport malien ont été fortement perturbées, voire même interdites au Nord. Mais grâce à la bonne foi des autorités sportives, ce Sport s’est transporté vers le Sud et le centre du pays. Cependant,  malgré sa gravité et sa durée, cette  crise a très peu impacté sur le Sport en général.
Dès le 17 janvier 2012, date de la prise de Ménaka (région de Kidal), le mouvement sportif, à l’instar des autres activités relevant de la vie de la Nation, a été, dans tout le septentrion,   affecté ou du moins sous menace éminente des dévoyés indépendantistes du MNLA et des terroristes d’Ançardine, d’AQMI et du MUJAO. Au lendemain de la Conférence des Dunes (basketball) tenue à Gao en fin février et début mars dernier, juste après les atrocités commises par les rebelles à Aguel’hok, les choses ont mal tourné au Sud, notamment dans la capitale. Le 22 mars 2012, suite à une mutinerie, des sous-officiers et officiers subalternes ont renversé le Président ATT, alors démocratiquement élu. L’un des fondements de cette révolte était relatif à  cette crise du Nord qui continue toujours. Mais après un bref arrêt, le sport au Sud a repris son chemin tout en  rayonnant sur tout le continent.
L’impact négatif sur le sport dans le Nord-Mali, c’est  que  les activités sportives y ont été quasiment perturbées.  Cette crise sociopolitique qui se traduit par de l’animosité a même presque amalgamé le sport dans le centre du pays. Plusieurs activités sportives devant se tenir à Mopti, Ségou, Tombouctou, Gao et Kidal ont été annulées. Dès leur arrivée à Tombouctou, Gao, Kidal, Douentza…, ces « fous de Dieu » ont tout simplement interdit la pratique des différentes activités sportives et culturelles sous peine de sanctions. Ainsi, les compétions interrégionales (football, basketball, athlétisme, etc.) sont  d’ores et déjà restés un souvenir. Malgré cette intrusion inopportune des rebelles de tous bords dans le sport au Nord-Mali, le putsch du 22 mars et ses effets collatéraux, le Sport malien au Sud a répondu à toutes les attentes, bien qu’il ait essuyé des coups. Se portant alors mieux, le Sport s’est pratiqué avec son rythme et les différentes fédérations sportives  ont pris des mesures objectives. Avec le transport du sport du Nord vers le Sud et le Centre, l’Atar Club de Kidal a obtenu ses billets pour la Ligue malienne : c’est le premier du genre. Toute chose qui fut le premier succès malien contre ces forces d’occupation du Nord.
La participation de l’équipe nationale à la CAN 2012 a été synonyme de la Médaille de bronze, d’où la 3è place. Un exploit jamais réédité depuis la CAN de Yaoundé 1972, même quand  ces indépendantistes mégalomanes du MNLA associés aux criminels islamistes accentuaient leurs terreurs  contre l’armée et le peuple malien. En compétitions d’interclubs d’Afrique, notre pays s’est encore illustré au vu et au su de tous lorsqu’après sa qualification à la phase des poules de la Coupe CAF en compagnie du Stade malien de Bamako,  le Djoliba joua la finale de la compétition et cela, malgré la situation de déséquilibre qui régnait dans le pays.  En tout cas, dans le sport malien, l’élément relatif à la crise du Nord, c’est quand  les Aigles,  en lice pour les éliminatoires de la Coupe du monde Brésil 2014, avaient du jouer leur match à contre l’Algérie à Ouagadougou. Cette réalité a eu lieu un certain 11 juin 2012 au Stade du 4 Aout d’Ouagadougou. Pour la circonstance, le Mali a accueilli les Fennecs d’Algérie au pays de feu Thomas Sankara. A la stupéfaction générale, les  Aigles, sous la houlette d’Amadou Pathé Diallo (coach), ont renversé la tendance car les Fennecs ont été les premiers à ouvrir le score. Ainsi, le Mali et ses amis furent honorés quand Pathé et ses boys infligèrent une magnifique leçon à l’Algérie. Score final : 2-1 pour le Mali. Par ailleurs, l’autre coup de pouce du Sport malien fut le succès du club représentant l’armée en football national et international : l’USFAS. Après avoir réalisé son retour dans l’élite du football malien, l’USFAS n’a rien ménagé pour briguer la 8è CAMFOOT organisée par la  Côte d’Ivoire en décembre dernier. En somme, l’impact négatif de la crise demeure opaque au regard des honneurs que le sport nous a rapporté cette année 2012. C’est dire que lorsque le sport malien se porte bien, tout va bien. La preuve : la domination sur le terrain de l’armée malienne et de son partenaire de la France sur les activistes du Nord. Le succès est certainement à notre porte.
Soumana Touré Miguel

 
SOURCE:  du   17 jan 2013.