Crise du sport Malien : La faute des supporters

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Le supporter est l’un des  maillons  stratégiques pour pousser une équipe ou un athlète à se surpasser lors des compétitions. Pour cela il doit cerner tous les contours, toutes les réalités du milieu sportif.  Surtout quand on sait qu’il y a des  défaites, des nuls et des victoires. Appelé communément le 12e homme, le supporter doit pouvoir motiver ses joueurs et athlètes en amont et en aval d’une rencontre. Mais avant la compétition, le supporter doit maitriser toutes les règles de jeu concernant telle ou telle discipline. Mais force est de reconnaître qu’au Mali les supporters sont des simples spectateurs pire des passionnés extrémistes tout des chauvins. Ce qui fait qu’ils oublient souvent qu’en sport, il y a des défaites. Ce qui compte pour eux, ce sont des victoires rien que des victoires.


Au Mali, rares qui sont des supporters qui détiennent des cartes de supporters. Du coup ils n’ont que leurs bouches pour se dire de vrais supporters. Ils ignorent tous du fonctionnement des clubs, des équipes nationales. Or pour qu’une équipe puisse fonctionner, il faut des moyens financiers énormes notamment avoir son propre terrain d’entraînement, des bons joueurs et athlètes et leur entretien, payer un entraîneur, un médecin… Rares sont ceux qui possèdent des cartes de membre de tel ou tel club. Pourtant en longueur de journée, on voit des compatriotes qui se disent supporters, accuser les dirigeants et les journalistes sportifs par rapport aux mauvaises contre performances des catégories de toutes disciplines confondues.
En plus de la méconnaissance des lois de jeu, les supporters sont mal organisés même si aujourd’hui l’ASIAM et le CCSAM ont fusionné il y a de cela quelques semaines pour mieux s’organiser davantage. C’est dans cette cacophonie les arbitres sont accusés à tort ou à raison de favoriser tel ou tel club ainsi que les journalistes sportifs qui sont souvent menacés de mort. Toute critique à l’encontre de tel ou tel club quelconque  est interprétée comme un délit. Pire lorsque l’entraîneur national fait appel  4 à 5 joueurs d’une seule équipe, ce sont les supporters de l’autre équipe qui commencent à critiquer sur les ondes. Souvent on entend certains supporters souhaiter la défaite de  telle ou telle équipe nationale parce que les joueurs de leurs clubs préférés ne sont pas sélectionnés.  D’ailleurs des entraîneurs nationaux sont taxés de pro en faveur de tel ou tel club par les supporters à travers leur habillement.  Au lieu de pousser tous les joueurs à la victoire, certains supporters passent tout leur temps à insulter l’entraîneur ou les autres joueurs tout simplement son joueur préféré n’est pas sur l’air de jeu. Chacun se croit entraîneur ou fin connaisseur, c’est-à-dire un spécialiste de telle ou telle discipline.

Ce qui fait souvent que les supporters se transforment en entraîneurs allant même à proposer   des schémas  de jeu  et un classement   éventuel  au cours des matches ou compétitions. Pourtant la solution de la crise du sport malien peut venir des supporters à condition qu’ils jouent à fond le propre jeu.


Une compétition sportive sans public, un club sans supporter reste insignifiant. C’est dire que le supporter constitue une source de victoire inestimable. Ils peuvent apporter des propositions et des idées en faveur de la promotion de telle ou telle discipline. Ils doivent maintenant comprendre que le succès de telle ou telle équipe appartient à tous et non seulement à un  entraîneur ou à un responsable mais à tout le Mali surtout s’il s’agit d’une compétition internationale.  Comme dit la devise du Mali, les supporters  doivent être le même peuple, ayant le même but, la même foi face à un défi national. Ce dont les supporters ont compris en 2009 avec la campagne de la coupe CAF joué et gagné par le Stade Malien de Bamako où les cœurs ont vibré  de joie car c’est le seul trophée africain du Mali depuis 1957. Nous osons croire que les bons esprits pourront l’emporter sur les passions inutiles et cela à quelques jours du début de la CAN 2012.
Sadou Bocoum

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