Que sont-ils devenus ? Abdoulaye Koumaré dit Muller : Flash-back sur un renard des surfaces

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Il est sans conteste, avec Seydou Diarra “Platini”, l’un des plus grands buteurs de l’histoire du football malien. Il partage avec l’avant-centre du Stade malien de Bamako des annĂ©es 1980 (aujourd’hui basĂ© en France) la triple qualitĂ© du sens aigu du but, d’une adresse Ă  toute Ă©preuve devant les buts et d’un rĂ©alisme presque parfait. Tous les connaisseurs l’auront devinĂ©, le hĂ©ros de ce huitième  numĂ©ro de “Que sont-ils devenus ?” s’appelle Abdoulaye KoumarĂ©. Celui qui a perdu son prĂ©nom au profit du surnom Muller (du nom de l’emblĂ©matique attaquant allemand des annĂ©es 1960-1970, Gerhard MĂĽller, plus connu comme Gerd MĂĽller, champion du monde en 1974, meilleur buteur de la Coupe du monde en 1970 avec 10 buts dont le 800ème de l’histoire du Mondial contre la Bulgarie et Ballon d’or la mĂŞme annĂ©e, auteur de 365 buts en 427 matches de Bundesliga (record absolu en Allemagne) et dĂ©tient le record du plus grand nombre de buts inscrits sur une mĂŞme saison en Allemagne avec 40 unitĂ©s lors de la saison 1971-1972 du Bayern Munich) “ne vivait que pour marquer des buts”. Ayant pris sa retraite sportive depuis trente ans et sa retraite professionnelle depuis six mois, nous avons rencontrĂ© cet ancien renard des surfaces dans son Bagadadji natal pour une rĂ©trospective qui va tenir les nostalgiques en haleine. Muller nous dit tout !

Nous Ă©tions prĂŞts Ă  effectuer le dĂ©placement sur Kangaba oĂą il servait Ă  Plan International pour rencontrer Abdoulaye KoumarĂ©. Mais quand nous l’avons contactĂ©, Muller nous informe qu’il a fait valoir ses droits Ă  la retraite le 31 dĂ©cembre 2016. Par consĂ©quent, il est Ă  Bagadadji, “Wotoro CarrĂ©” (le carrĂ© des charrettes), non loin de la grande mosquĂ©e de Bamako. C’est d’ailleurs lĂ  qu’il est nĂ© un 13 mai 1958.

Une fois en face de notre hĂ©ros, deux questions nous brĂ»laient les lèvres. Primo, quelle explication Ă  la complicitĂ© de leur gĂ©nĂ©ration au Djoliba avec l’entraĂ®neur  Karounga KeĂŻta dit KĂ©kĂ©?  Secundo, pourquoi il raffolait de buts ?

Nous nous rappelons encore cette scène passĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1980: sur une contre attaque djolibiste, Muller, après avoir dĂ©clenchĂ© son tir, est fauchĂ© par un dĂ©fenseur du RĂ©al. Le gardien Seydou TraorĂ© “Guatigui” repousse le ballon, et Muller, pourtant Ă  terre, pousse la balle dans les filets de la main et s’aventure ensuite  dans un cyclone de joie immense pour manifester le but, au point de tromper la vigilance de l’arbitre central, Modibo N’Diaye, sans doute masquĂ© sur l’action et qui Ă©tait estomaqué  par les protestations des Scorpions. Heureusement que son assistant, Sidi Bekaye Magassa, qui avait bien suivi l’action, lui fit corriger ce qui faillit ĂŞtre une injustice.

Le silence fut une erreur…regrettable

Si nous avons tenu Ă  rappeler ce passage, c’est pour montrer Ă  tel point Muller tenait aux buts. Quand nous lui rafraichissons la mĂ©moire sur ces faits, notre hĂ©ros les reconnait et avoue son stratagème pour tromper les arbitres. Cela fait partie du football.

En s’entretenant avec Abdoulaye KoumarĂ© dit Muller, on se rend compte qu’il a une capacitĂ© d’analyse extraordinaire. Tous ses propos sont soutenus par des argumentations solides et irrĂ©futables.

Pour ce qui est de la complicitĂ© de leur gĂ©nĂ©ration avec leur ancien mentor, Karounga KeĂŻta dit KĂ©kĂ©, Muller dit qu’elle se rĂ©sume Ă  trois choses : la peur, le respect et la discipline vis-Ă -vis du  baobab de HĂ©rĂ©makono qui Ă©tait en avance sur les joueurs. Finalement, il est parvenu Ă  les endoctriner.

Selon Muller, un attaquant est fait pour marquer des buts, ou faire marquer. Il trouve son amour pour le but  logique, parce que c’est sa raison d’ĂŞtre sur le terrain.

Sur un tout autre plan, Abdoulaye KoumarĂ© se dit convaincu que son retrait par rapport Ă  la gestion du Djoliba AC a Ă©tĂ© une erreur fatale.  C’est cette indiffĂ©rence de sa gĂ©nĂ©ration qui a fragilisĂ© le club. Si les anciens du Djoliba Ă©taient restĂ©s près de l’Ă©quipe, elle ne serait pas tombĂ©e en disgrâce aujourd’hui, Ă  son avis. Muller soutient qu’après avoir reconnu son erreur, il a approchĂ© ses anciens co-Ă©quipiers afin qu’ils sauvent ce qui peut encore l’ĂŞtre. Parce que l’atmosphère Ă  HĂ©rĂ©makono avait commencĂ© Ă  ĂŞtre polluĂ©e par des questions de transferts des jeunes. Sa dĂ©ception fut grande quand ceux-ci n’ont pas rĂ©pondu Ă  son cri de cĹ“ur. L’enfant de Bagadadji estime que seule sa gĂ©nĂ©ration au Djoliba pouvait tenir tĂŞte Ă  l’ancien prĂ©sident Karounga KeĂŻta dit KĂ©kĂ©, en lui proposant des directives concernant l’orientation du club. S’Ă©loigner du Djoliba, c’est trahir le club.

RepĂ©rĂ© lors d’un lever de rideau

A la question de savoir pourquoi encore cet amour aveugle pour le Djoliba ? Muller rĂ©pond qu’entre le Djoliba et lui, c’est une longue histoire, qui a commencĂ© un beau matin de l’annĂ©e 1972. Il se rappelle qu’un jour, très jeune, feu TiĂ©coro Bagayoko envoie un Ă©missaire le prendre. Une fois devant l’ancien directeur des services de SĂ©curitĂ©, celui-ci lui demande s’il aimerait jouer avec le Djoliba. Il rĂ©pond par l’affirmative.  Mais TiĂ©coro insiste  et dit craindre le cĂ´tĂ© du père de Muller, un grand Stadiste. Abdoulaye KoumarĂ© le rassure et immĂ©diatement l’ancien dignitaire du ComitĂ© militaire de libĂ©ration nationale (Cmln) rĂ©unit toutes les conditions : photo, licence, Ă©quipement. Muller Ă©tait encore cadet.

Il est bon de rappeler que l’ancien joueur du Djoliba et de l’Ă©quipe nationale a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© lors d’un lever de rideau d’une rencontre du Djoliba. Pur produit du RĂ©veil Club de Bagadadji (nĂ© de la fusion de Santos et de Flèche noire), Muller, sĂ©lectionnĂ© ce jour-lĂ  par le Tout Puissant de Bamako Coura, a sĂ©duit tout le Stade omnisports. A la fin de la rencontre, une fois dans les gradins, les supporters du Djoliba, du Stade malien et de l’as RĂ©al le gratifient de jetons. Chacun voulait le voir Ă©voluer dans son Ă©quipe. Mais feu TiĂ©coro, en bon policier, avait son plan. Il l’a mis Ă  exĂ©cution et le reste sera facilitĂ© par l’envie que Muller lui-mĂŞme Ă©pousait pour jouer au Djoliba.

De la catĂ©gorie des cadets, il rejoint les seniors en 1975 oĂą la première sĂ©ance d’entraĂ®nement l’a beaucoup secouĂ©, mais sanctionnĂ© par sa convocation Ă  l’internat pour rejoindre ses aĂ®nĂ©s qui prĂ©paraient un match contre le RĂ©al de Banjul, en Gambie. Il a rejoint ses camarades avec un jour de retard parce que ses parents n’Ă©taient pas avisĂ©s. Et un enfant Ă  son âge ne pouvait pas se permettre une certaine libertĂ©.  Muller se rappelle Ă  l’Ă©poque que le rythme d’entraĂ®nement du Djoliba Ă©tait insoutenable pour un enfant gâtĂ©, tellement que les sĂ©ances physiques Ă©taient dures Ă  supporter. Mais, lui a Ă©tĂ© galvanisĂ© par le fait que KĂ©kĂ© mĂŞme s’y adonnait Ă  cĹ“ur joie. Sa carrière connaĂ®tra une autre dimension deux ans  plus tard, avec sa titularisation au Djoliba et sa sĂ©lection en Ă©quipe nationale. Il ne  les quittera que jusqu’en 1988.

L’aventure gabonaise

Entretemps, il a fait un tour au Gabon. Comme Sory Kourouma nous l’avait si bien confiĂ© dans le tout premier numĂ©ro de cette rubrique, ils ont Ă©tĂ© contactĂ©s en 1984  par un Malien rĂ©sident au Gabon, pour qu’ils aillent Ă©voluer Ă  l’Oprag du Gabon.

Seyba SangarĂ© fut le premier Ă  dĂ©camper pour Libreville. Les dirigeants du Djoliba ont nĂ©gociĂ© le dĂ©part de Sory Kourouma, en lui faisant des propositions. Remetter avait tendance Ă  accepter le deal. Muller a conclu Ă  un dĂ©saveu Ă  son Ă©gard  quand son co-Ă©quipier l’informa que KĂ©kĂ© voulait le maintenir. C’est ainsi qu’il est allĂ© voir Mamadou Lamine HaĂŻdara dit Mao pour lui retirer son billet, malgrĂ© le refus de ce dernier. Une fois son titre de voyage en main, il informe Remetter de sa dĂ©cision. Ce qui fut un dĂ©clic pour la volontĂ© de l’ancien gardien, qui l’informe immĂ©diatement de son intention de partir au Gabon. VoilĂ  comment  Seyba SangarĂ© dit DurulĂ©, Abdoulaye KoumarĂ© dit Muller et Sory Kourouma dit Remetter se sont retrouvĂ©s Ă  Libreville. Ces derniers y passeront deux ans. Seyba y est toujours.

Retraite prématurée

A son retour  au Mali en 1986, Abdoulaye KoumarĂ© dit Muller rejoint le Djoliba et rĂ©cupère sa place de titulaire Ă  l’Ă©quipe nationale.

En 1988, contre toute attente, l’enfant de Bagadadji dĂ©cide de prendre sa retraite dĂ©finitive. Et malgrĂ© les interventions des joueurs, de l’encadrement technique et des dirigeants, sa dĂ©cision est restĂ©e irrĂ©vocable. Mais, que s’est-il passĂ© exactement ? Abdoulaye KoumarĂ© dit Muller donne les raisons : “L’Ă©quipe nationale du Mali a Ă©tĂ© invitĂ©e  par son homologue de l’AlgĂ©rie, pour un match amical. Quand nous sommes arrivĂ©s, les AlgĂ©riens n’avaient pris aucune disposition pour nous. Les conditions de vie dans les diffĂ©rents hĂ´tels Ă©taient dĂ©plorables, et l’Ă©quipe n’avait pas de terrain pour s’entraĂ®ner. Seulement, on s’amusait au bord de la mer. C’est dans ces conditions que nous avons repĂ©rĂ© un terrain non loin de la mer, nous avons saisi l’opportunitĂ© pour au moins une sĂ©ance de dĂ©crassage. Subitement des enfants Arabes sont venus chasser l’Ă©quipe nationale du Mali. Le lendemain, les AlgĂ©riens programmèrent le match amical. Quand le coach Kidian m’a appelĂ© pour me donner l’information, je lui ai dit que ces gens veulent nous humilier. Donc le mieux serait de ne pas jouer. Après mon entrevue avec Kidian, je suis parti expliquer aux joueurs ce qui est en train de se tramer. A l’unanimitĂ©, nous avions dit qu’il n’Ă©tait pas question de jouer un match. Surtout que l’Ă©quipe nationale n’avait pas les chaussures adaptĂ©es au gazon synthĂ©tique. Quelques instants après, le coup de fil du Ministère des Sports tombe et le dĂ©partement nous instruit de livrer le match. L’Ă©quipe a jouĂ© et s’est inclinĂ©e par 6 buts Ă  O. Quelle humiliation ! Le soir, j’ai informĂ© mon compagnon de chambre Yacouba TraorĂ© dit Yaba du Stade malien de Bamako, de ma dĂ©cision d’arrĂŞter. Parce que ce qui s’est passĂ© Ă©tait inadmissible. Une fois au restaurant, Yaba annonce la nouvelle et les camarades m’ont suppliĂ© de revenir sur ma dĂ©cision. Je n’ai pas changĂ© d’avis jusqu’Ă  ce jour. ArrivĂ© Ă  Bamako, Kidian Diallo me convoque de nouveau. Je lui dis clairement de m’excuser et que je demeure toujours dans ma logique de ne plus jouer au ballon. Parce que je n’ai pas acceptĂ© le comportement indĂ©cent des AlgĂ©riens. “

Ses souvenirs

Pour Ă©voquer ses bons souvenirs au Djoliba, l’enfant de Bagadadji se rappelle de cette finale de la coupe du Mali de 1978, qui a opposĂ© le Djoliba Ă  l’AS RĂ©al. Quelques mois plus tĂ´t, soit au matin du 28 fĂ©vrier, leur maĂ®tre, TiĂ©coro Bagayoko, avait Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© dans l’affaire de la “Bande des trois”, et dĂ©jĂ  essuyait trop de critiques. Parce que l’on  pensait que son ombre Ă©tait le fruit de la suprĂ©matie du Djoliba qui rĂ©gnait sur le football malien depuis le dĂ©but de la dĂ©cennie 1970. Pour la petite histoire, un autre membre du Cmln, qui Ă©tait un fervent RĂ©aliste, est allĂ© voir les Scorpions pour leur dire que l’occasion est bonne pour dĂ©montrer que l’heure de TiĂ©coro est finie. L’histoire retiendra que les Rouges ont livrĂ© quasiment leurs meilleurs matches de la fin des annĂ©es 1970. Ils remportent le trophĂ©e en deux Ă©ditions (1-1 puis 2-1).

En Ă©quipe nationale, Muller se dit marquĂ© par le tournoi Amilcar Cabral que le Mali a abritĂ© en 1981. Les Aigles se sont inclinĂ©s face Ă  la GuinĂ©e Conakry aux tirs au but. Ce jour-lĂ , lorsque le quatrième tireur guinĂ©en a rĂ©ussi son coup, le gardien Modibo Doumbia dit Modibo 10 est venu lui dire de marquer son penalty  et qu’il arrĂŞtera le cinquième tir de  l’adversaire. Effectivement, il marquera, mais le Mali se trouvera Ă  Ă©galitĂ© de buts marquĂ©s. Alors commença un jeu de ping-pong et au bout du fil la GuinĂ©e s’imposa parce que FagnĂ©ry Diarra a ratĂ© son essai.  En plus de l’ambiance qui a entourĂ© ce tournoi, Abdoulaye KoumarĂ© se dit Ă©mu par l’attitude du public Ă  son Ă©gard. Du dĂ©but Ă  la fin des matches du Mali, les supporters scandaient son nom.  En plus, l’enfant de Bagadadji pense qu’il n’y a pas de  bon moment pour lui durant sa carrière que cette ambiance Ă  chaque regroupement de l’Ă©quipe nationale. Une fois que les joueurs se retrouvaient pour dĂ©fendre le drapeau national, c’Ă©tait la bonne atmosphère, la cohĂ©sion Ă  telle enseigne qu’il est aujourd’hui nostalgique de ce bien vivre de la vie du groupe. C’est-Ă -dire qu’il n’a jamais eu de dĂ©ception avec les Aigles du Mali.  Mais hĂ©las ! Autre temps -autre rĂ©alitĂ© !

Son plus mauvais souvenir avec le Djoliba s’est passĂ© en 1980  quand KĂ©kĂ© ne l’a pas retenu pour la finale de la coupe du Mali. A l’avant-veille de cette finale, le Djoliba devrait rencontrer le Heart Of d’Accra. Etant très Ă©puisĂ©, Muller dit avoir demandĂ© Ă  son entraĂ®neur de lui accorder quelques jours de repos. KĂ©kĂ©, après avoir acceptĂ©, se ravisera et trouve un alibi pour le mettre de cĂ´tĂ©. Avant le coup d’envoi, quand il est allĂ© dans les tribunes, les supporters du RĂ©al ont commencĂ© Ă  chanter et ils se sont dit que “leur chimie noire” destinĂ©e Ă  le mettre dos Ă  dos avec son entraĂ®neur a rĂ©ussi. La suite est connue : les Scorpions s’imposent par le minimum d’un but Ă  zĂ©ro.  BĂ©ĂŻdy SidibĂ© dit Baraka est passĂ© par lĂ .

Un sauveur nommé Barry

Pour l’anecdote, l’enfant de Bagadadji revient sur un voyage de l’Ă©quipe nationale au Ghana : «c’Ă©tait en 1978, nous sommes partis au Ghana pour prĂ©parer les Ă©liminatoires des jeux Olympiques. Après  un match amical Ă  Koumassi, nous sommes partis Ă  Accra pour une autre rencontre, qui finalement n’aura pas lieu. Nous Ă©tions logĂ©s dans un hĂ´tel oĂą les repas Ă©taient indĂ©sirables. AffamĂ©e, toute l’Ă©quipe est sortie le soir pour payer du maĂŻs grillĂ©. Et c’est Ă  ce niveau qu’un Malien du nom de Barry, de passage, m’a interpellĂ© pour me demander les raisons de notre prĂ©sence. Je lui ai tout expliquĂ©, mais je ne savais pas qu’il Ă©tait un membre du personnel  de notre ambassade Ă  Accra. Barry s’est Ă©tonnĂ© du fait que la reprĂ©sentation diplomatique ne soit pas au courant de la prĂ©sence de l’Ă©quipe nationale au Ghana. Il  a promis de rendre compte et venir nous chercher pour manger Ă  l’ambassade. Au-delĂ  de l’espoir suscitĂ© par notre compatriote, les joueurs ont dit que mon type est un bluffeur. Pourtant, il est revenu et nous nous sommes retrouvĂ©s Ă  l’ambassade autour d’un plat de riz Ă  la sauce tomate. Nous avons tout mangĂ©. De retour Ă  l’hĂ´tel, on nous informe que l’avion nous attend Ă  l’aĂ©roport. J’ai compris que les GhanĂ©ens voulaient se dĂ©barrasser de nous, mais on ne m’a pas Ă©coutĂ©. ArrivĂ© lĂ -bas, point d’avion. Une fois de plus, nous sommes retournĂ©s Ă  l’hĂ´tel. Le gĂ©rant nous dit que toutes les chambres ont Ă©tĂ© prises.  Cap sur le point de dĂ©part, c’est Ă  dire l’aĂ©roport oĂą nous sommes restĂ©s de 22h Ă  15 h du lendemain. Ah, nous avons vu toutes les couleurs dans les voyages de l’Ă©quipe nationale. Mais je vous avoue que toutes ces mauvaises conditions n’affectaient pas le moral du groupe. Le seul son de l’hymme national constituait de la drogue pour nous».

Autres temps, autres réalités !

Et la transition est tout trouvĂ©e pour dire que l’Ă©cart est trop  grand entre leur gĂ©nĂ©ration et celle d’aujourd’hui. Ce qui s’est passé  Ă  la veille du dernier match des Aigles Ă  Bamako en est la parfaite illustration. Le drapeau national, l’amour du pays ont disparu au profit de l’argent. Muller se rappelle que les Aigles ont battu les ElĂ©phants de CĂ´te d’Ivoire en 1983  par 1 but 0 et s’attendaient Ă  une prime de 20 000 F. Mais ce qui l’a estomaquĂ©, c’est la rĂ©action des joueurs ivoiriens qui malgrĂ© leur dĂ©faite exigeaient leur prime. A dĂ©faut, une casse Ă  l’hĂ´tel s’en suivra. Et c’est lĂ  oĂą Bally djan du COB s’est enfermĂ© dans la chambre pour pleurer un peu. Parce qu’il n’a pas compris l’attitude des Ivoiriens et il s’est fait une idĂ©e sur la situation dans laquelle l’Ă©quipe nationale du Mali Ă©voluait. Muller nous a confirmĂ© une fois de plus que la prime de voyage Ă©tait fixĂ©e Ă  20 000 F maliens, soit 10 000 Fcfa.

Ce sacrifice pour le pays continue de lui apporter du bonheur. Partout oĂą il va, les relations crĂ©Ă©es par le football lui ouvrent toutes les portes.  Et Abdoulaye KoumarĂ© dit Muller soutient qu’il ne regrette rien de tout ce qu’il a fait pour son pays et qu’il est prĂŞt Ă  le refaire au besoin.

AgĂ© de 59 ans, l’enfant de Bagadadji (Wotoro carrĂ©), savoure sa retraite dans la tranquillitĂ©. Le matin, il sort pour les courses, le programme du  reste de la journĂ©e est partagĂ© entre sa famille et la mosquĂ©e.

O. Roger Sissoko

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13 COMMENTAIRES

  1. Abdoulaye KoumarĂ© est l’un des meilleurs avant centre de tous les temps au Mali. Je me rappelle le jour oĂą je l’ai vu jouer pour la 1ere fois, il a marquĂ© 5 buts contre l’Usfass c’Ă©tait dans les annĂ©es 1975-78 peut ĂŞtre , je me souviens pas exactement de la date. Merci KoumarĂ© pour tout ce que tu as fait pour le foot malien.

  2. Slt Corniche1 et ça fait long temps que je ne te voyais plus sur mw. Il y avait rĂ©cemment un numĂ©ro sur Mamadou Koulibaly dit Kouici … bon je ne me rappelle plus d’autres moi aussi. Par hazard ĂŞtes vous Stadiste? Je le suis moi …mĂŞme si je ne suis le foot malien… mes meilleurs joueurs de tout le temps a l’attaque est Boubacar Sanogo.

    • Riresss, Stadiste jusqu’au cou (comme selon l’expression en la matière) Mon cher Pkagame oui c’est vrai que je ne fais pas trop de post actuellement mais je lis cependant les vĂ´tres chaque fois que j’envoie. Le dernier en date Ă©tait sur cette attaque de Dimanche dernier oĂą vous avez Ă©tĂ© du ballet des forces de sĂ©curitĂ© sur la voie qui mène au dit campement.

      • On l’appelait simplement “Sanogo”. Il Ă©tait de la generation dĂ©butante de la saison 1985-1986..finale coupe du Mali 86, star de la Coupe Cabral 89 que le Mali a remportĂ©e avec son but a chaque match y compris en finale. Aucune dĂ©fense en Afrique ne pouvait le stopper…. il avait un style intriguĂ© de jeu qui constituait a faire croire aux dĂ©fenseurs que le danger Ă©tait très loin de leurs buts quand il possède la balle sur un flanc (vers le corner)…alors que c’est la oĂą il commence a dĂ©ployer son combat herculĂ©en …d’une couverture de balle extraordinaire (de petits coups lui Ă©taient comme des boosters plutĂ´t) , de dribbles faciles comme l’eau a boire et le tout dans une rapiditĂ© magique (presque invisible de l’œil nu) qui dĂ©pend, au lieu d’une vivacitĂ©, plutĂ´t d’une parfaite maitrise de raccourci pĂ©nĂ©trant (d’oĂą certains disaient qu’il avait le don secret de compresser/plier la distance). Ce qui fait que les dĂ©fenseurs Ă©taient toujours surpris de le voir “loin la-bas” et ici devant leur portier a mĂŞme temps! Il avait une dextĂ©ritĂ© extraordinaire de tris….donc quand il lançait il n y avait plus d’espoir pour les gardiens…et surtout ses tirs n’avaient pas besoin de force..juste des placements. Il a une fois Ă©liminĂ© 7 joueurs du Djolibistes pour aller maquer son but a la Messi! Il a rate ses chances sinon il pouvait jouer partout au monde.

        • Hum hum…Ce ne serait pas Gaussou Sanogo par hasard ? Celui la qui a marquĂ© ce but comme vous le dites lors de la finale de la coupe Cabral de 89 contre la Guinnee battue 3-0 Un but d’anthologie qui reste dans les annales du football malien, ( Amorti de la poitrine suivi d’un tir magistral ) au point qu’il a fait parti des images du gĂ©nĂ©rique de l’émission “tĂ©lĂ©-sport” pendant un bon moment. Ah cher Pkagame, vous avez raison d’aimer ce joueur, un talent fou.
          Au fait M. Sissoko l’auteur de la rubrique m’a rappelĂ©, il dit de lui suggĂ©rer souvent des anciennes gloires du foot ou toute autre discipline pour qu’il fasse un numĂ©ro la dessus. Eh bien pourquoi ne pas lui suggĂ©rer ce virevoltant attaquant. (M.Sissoko Roger 76461379)

          • lol ..lol frere Corniche1…. vous parlez plutĂ´t de Gaoussou SAMAKE… ce jour la Sanogo a plutot marque le 3e but …

        • Ouiiii !! Tout Ă  fait, correct, il s’agit bien de Gaoussou SAMAKE Merci encore. Chapeau Pkagame ! Ce serait bien d’échanger avec vous très souvent Loll.

  3. Merci Mr Sissoko de nous ramener dans nos souvenirs d’enfance. Muller fait partie de souvenirs de mon enfance ….j’attendais toujours mon grand frère djolibiste de me jeter le reste de ses “PODIUM” et surtout des posters (je me rappelle bien de ce poster de Muller ou il trainait de joueurs derrière vers un but…ou encore celui de Bakary Diakite Bakarini en air etc..) En ces moments, le foot malien avait un autre gout que je ne ressens plus…il y avait beaucoup de passion!
    Mr Sissko, pouvez-vous svp nous trouver de vraies info sur des joueurs de légende comme Magnanbougou Pele, Kolokani Pele?

    • Ce serait vraiment gĂ©nial, surtout que beaucoup sont toujours la. Ah la belle Ă©poque cher Pkagame, enfants, c’était pour nous un miracle de se voir sur les gradins en train de suivre un match tant ce n’était pas gagnĂ© d’avance car on quittait en groupe la maison sans un sous dans la poche en comptant simplement sur notre vitesse de course après avoir sautĂ© ou passĂ© par dessous bord les barrière du stade. Souvent on regagnait simplement la colline, les jours oĂą aucune tentative n’était possible.

    • ..et Beydi SidibĂ© (Baraka)-Amadou SamakĂ©-M’bappĂ© (alias takala)-Jardin-BĂ©ni-Cheick Sallah Sacko-Sidi Kane-Mamoutou Bagayoko-Abdou KantĂ©….la liste est longue.Merci Roger.

  4. Bonjour M. Sissoko, c’est avec un empressement doublĂ© d’un grand plaisir que je lis votre rubrique ” Que sont-il devenus” J’attends impatiemment chaque nouveau numĂ©ro. J’ai rĂ©ellement commencĂ© Ă  aller au stade très jeune mais c’était l’époque des Vieux BathĂ© Diallo avant son aventure portugaise, des Seydou Diarra Platini , Djofolo et autres dans leur fin de carrière. M. Sissoko vous parlez du 8e numĂ©ro de la rubrique je crois donc que j’ai rate 4 car j’ai lu celle sur Baraka, Lassine Soumaoro, Yacouba Traore ( Yaba) et la prĂ©sente rubrique sur Muller. Comment puis-je s’il vous plait accĂ©der aux autres rubriques que j’ai ratĂ©es ? un message s’il vous plait au 76174851. Ce serait gĂ©nial d’en faire un document pour la prĂ©sente gĂ©nĂ©ration et celles Ă  venir. Encore merci, bon courage et vivement d’autres numĂ©ros.

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